Les maisons de constructeurs ne trouvent plus preneurs


Les ventes de maisons individuelles continuent de chuter sur l'année 2013, selon l'Union des maisons françaises. Les moins de 40 ans sont de moins en moins nombreux à devenir propriétaires, du fait de la désolvabilisation des acquéreurs et des restrictions sur le PTZ+.

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Les Français boudent-ils la maison individuelle neuve ? En tout cas, les ventes de ces logements ne cessent de diminuer d’après les statistiques de l’Union des maisons françaises. Depuis le début de l’année 2013, les ventes de maisons de constructeurs sont en repli d’environ 15%, après la baisse de 16% déjà enregistrée en 2012 (126.600 ventes). Ce total pourrait à peine excéder le seuil des 100.000 en 2013, l’UMF projetant environ 106.000 maisons vendues si le marché reste sur le même rythme.

Le syndicat des constructeurs souligne que ce déclin est intimement lié à la chute de l’accession à la propriété : entre 2010 et 2013, la part des acheteurs âgés de moins de 40 ans et devenant propriétaires pour la première fois de leur logement est tombée de 50 à 33%. « Cette chute se traduit par l’exclusion de l’accession de près de 40.000 jeunes ménages primo accédants depuis 2010 », estime l’UMF dans un communiqué.

La solvabilité des acquéreurs en défaut

En cause notamment, la hausse des prix de vente depuis le début de l’année 2013 provoquée par la généralisation de la norme environnementale RT 2012. Si les constructeurs ont cherché à maîtriser les coûts, en réduisant la surface habitable notamment, la norme RT 2012 a entraîné un surcoût de construction de 8 à 15% qui impacte inévitablement les prix. Si les prix ont augmenté très raisonnablement de 1,4% par an en moyenne entre 2003 et 2012, l’inflation constatée cette année n’a certainement pas aidé à faire revenir les acquéreurs.

Car les acheteurs potentiels font face à deux soucis majeurs dans leurs démarches pour devenir propriétaires. D’une part, la conjoncture économique dégradée qui pèse sur des ménages dont les ressources ne sont pas extensibles : selon l’UMF, 65% de la clientèle accédante présente des revenus nets mensuels compris entre 1.600 et 3.000 euros. Près d’un cinquième (21%) se situe sous les 2.300 euros.

D’autre part, les acheteurs ne bénéficient plus de l’effet de levier du prêt à taux zéro (PTZ+). Modifié en 2013 pour viser les ménages modestes, il peine à convaincre. Seuls 2.846 PTZ+ ont été accordés au premier trimestre 2013, contre 10.600 sur les trois premiers mois de 2012. L’objectif du gouvernement en 2013 (55.000 PTZ+) sera ainsi loin d’être atteint. L’UMF réclame des améliorations, en particulier sur les différés de remboursement qui doivent être plus accessibles qu’actuellement : en effet, un couple avec deux enfants vivant en zone C* gagnant 26.000 euros par an dispose de revenus trop importants selon le barème en vigueur du PTZ+ pour bénéficier d’un différé de remboursement.

* Agglomérations de moins de 50.000 habitants et zones rurales