Les mauvais réflexes des Français pour les travaux de rénovation énergétique


Si bon nombre de Français ont entrepris des travaux de rénovation énergétique de leur logement, leur efficacité est encore à prouver. Mais quelques règles de base permettent de cibler les postes de travaux les plus performants.  

Les Français optent encore pour les travaux de rénovation énergétique les moins efficaces.

Les Français ont rénové énergétiquement leur logement ces derniers années, c’est une certitude, mais le résultat est-il à la hauteur ? Sur 3,5 millions de rénovations achevées en 2014, « seules » 288.000 sont qualifiées de performantes ou de très performantes, d’après l’Observatoire permanent de l’amélioration énergétique du logement (Open) mené par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) et publié le 7 juin 2016.

L’Observatoire a ainsi analysé les divers types de travaux menés sur la période 2012-2014 et achevés en 2014. Cinq postes ont été définis : chauffage, eau chaude sanitaire, fenêtres, isolation des murs, isolation de la toiture ou des combles puis la rénovation globale a été classée en fonction de son niveau d’efficacité : faible, moyenne, performante ou très performante.

10.000 euros de budget hors aides de l’Etat

Il en ressort que les ménages ont dépensé en moyenne près de 10.000 euros pour réaliser des travaux de rénovation énergétique (9.978 euros). Les aides publiques (TVA réduite, éco-PTZ, CITE…) leur ont permis de diminuer la facture de 1.702 euros en moyenne, soit 17% du total. La TVA à 5,5% et le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) sont les dispositifs les plus utilisés par les Français (67% et 42%). Un succès notamment dû au fait que ces aides ne sont pas attribuées sous conditions de revenus.

Malgré cette somme conséquente, la grande majorité des logements (3,21 millions) ont fait l’objet d’une rénovation de faible ou moyenne efficacité, à savoir un gain final de performance énergétique moindre. Ce constat s’explique en premier lieu par les postes de travaux privilégiés par les Français.

Miser sur le toit et les combles au lieu des fenêtres…

En effet, les travaux menés se sont essentiellement portés sur le remplacement des fenêtres, l’isolation des murs puis sur la toiture et les combles. Pourtant, changer ses fenêtres est loin d’être l’acte le plus efficace en matière de performance énergétique. « Seul un tiers des changements de fenêtre peut être qualifié de performant, la majorité tombant dans la catégorie moyenne », avance l’Ademe. Le bilan est similaire lorsqu’il s’agit de travaux portant sur les murs extérieurs du logement : 17% des travaux réalisés sur les murs ont été jugés performants, la grande majorité (58%) ayant eu un niveau de performance faible. « Autrement dit, les travaux de réaménagement intérieur ou d’entretien des façades ne sont que trop rarement accompagnés par de l’isolation thermique intérieure ou extérieure », estime l’Ademe. Bien qu’arrivant en troisième position, les aménagements portant sur les combles et la toiture sont pourtant bien plus efficaces. Près de la moitié d’entre eux (47%) ont occasionné un gain de performance énergétique fort.

Cette mauvaise préférence des Français avait déjà été pointée du doigt en février dernier par le site monexpert-isolation.fr qui indiquait alors que le toit est la première source de déperdition de chaleur (30%), suivi par les murs (20 à 25%) et enfin les fenêtres (10 à 15%).

…pour un effort financier contenu

Sans surprise, la seconde raison est financière : les travaux à faible impact énergétique ont coûté en moyenne 5.455 euros, ceux avec un impact moyen 11.146 euros et ceux à forte ou très haute performance 25.410 euros. « Un coût qui s’explique à la fois par un nombre de gestes plus important et de meilleure qualité, par le recours plus fréquent à des professionnels pour mener ce type de rénovation, et par le coût des matériaux et équipements plus élevé », indique l’Observatoire.

Toutefois, lorsque l’on regarde dans le détail, les écarts de dépenses ne sont pas mirobolants entre ces différents postes de travaux : les Français ont ainsi dépensé en moyenne 5.201 euros pour les fenêtres, 4.976 euros pour les murs et 6.381 euros pour la toiture et les combles. L’étude va même plus loin, calculant le différentiel de dépense entre les divers niveaux de performance.

Exemple : Un ménage dépense en moyenne 5.646 euros pour effectuer des travaux de rénovation sur sa toiture et ses combles mais le gain final de performance énergétique reste faible.
Pour des travaux occasionnant une performance haute, le ménage aurait dépensé en moyenne 6.726 euros, soit un différentiel de 19%.

Pour des travaux sur des murs, ce différentiel se monte à 57% et grimpe même à 121% pour des fenêtres. Le constat est sans appel : que ce soit pour raisons énergétiques ou financières, mieux vaut opter pour l’isolation de sa toiture et de ses combles plutôt que pour le changement de ses fenêtres.

Les travaux de toiture et de combles sont plus intéressants que ceux sur les fenêtres.

Au final, seul un tiers des ménages qui ont effectué des travaux de rénovation à faible impact ont observé une amélioration sensible du confort thermique tandis qu’ils sont 64% lorsqu’il s’agit d’une rénovation performante ou très performante. De même, 23% d’entre eux ont vu leur facture d’énergie diminuer, alors qu’ils sont 50% suite à des travaux à haute performance. De quoi mettre légèrement plus la main au pot au départ pour un gain énergétique et financier bien plus important à l’arrivée.