Les prix de l’immobilier parisien ont plus flambé dans les quartiers populaires


L'envolée des prix immobiliers parisiens des vingt dernières années a eu davantage d'impact sur les quartiers les plus populaires de la capitale. Pourtant, l'écart de prix entre le quartier le mieux coté et le plus abordable s'est considérablement accru sur cette période.  

A Paris, les quartiers abordables ont flambé davantage que les plus chers

Où vaut-il mieux acheter à Paris ? Bien souvent, la réponse à cette question dépend du budget de l’acquéreur, les prix parisiens défiant toute comparaison avec le reste de l’Hexagone. Mais même si vous êtes contraint de vous rabattre sur un des quartiers les plus populaires de Paris, où les prix sont les plus bas, le jeu en vaut certainement la chandelle.

Des prix quatre fois plus élevés en vingt ans

En effet, si l’évolution des prix de l’immobilier est toujours difficile à prédire avec précision, les vingt dernières années montrent que parier sur les quartiers les moins cotés de la capitale a donné des résultats. Depuis 1996, « les quartiers les plus populaires ont davantage augmenté que les quartiers les plus huppés », selon une analyse des notaires de Paris – Ile-de-France diffusée jeudi 1er octobre 2015. Dans le détail, le quartier le plus cher de Paris a vu son prix tripler en près de 20 ans. A l’opposé, le quartier le plus abordable a connu un quadruplement des valeurs immobilières sur la même période, une progression qui correspond peu ou prou à la moyenne parisienne, passée d’un peu plus de 2.000 euros du mètre carré en 1996 à plus ou moins 8.000 euros/m² depuis 2011.

Mais si investir dans les quartiers les moins onéreux a porté ses fruits, tabler sur les biens les plus chers a rapporté davantage. « Le triplement du quartier le plus cher, parti déjà de très haut, permet un gain de près de 10.000 euros le mètre carré, alors que le quadruplement du quartier le moins cher ne permet qu’un gain de 4.500 euros/m² », expliquent les notaires. Résultat, l’écart entre les secteurs les plus « riches » et les quartiers les moins valorisés n’a cessé de grimper jusqu’en 2011, avant de se stabiliser avec la légère décrue des prix, comme l’illustre le graphique ci-dessous.

L'évolution des prix du quartier le plus cher et le moins cher de Paris

Un plancher à 6.000 euros/m²

Si la tendance de long terme ne se dément pas, les notaires pointent toutefois que les quartiers les plus chers « ont atteint une sorte de plafond » auquel ils n’arrivent pas à coller, ce qui explique en partie les baisses de prix observées depuis 2011. Autrement dit, la hausse des prix n’est pas éternelle et s’arrête, pour le moment, à environ 14.000 euros/m². A l’inverse, « le quartier le moins cher est resté à 6.000 euros/m² depuis quatre ans », du fait de la pression des acheteurs, et présente ainsi un meilleur potentiel de hausse à moyen terme. Comme quoi, les quartiers les moins huppés de la Ville Lumière ne manquent pas d’atouts pour attirer acheteurs et investisseurs.

Top 5 des quartiers les plus chers et les plus abordables

Les secteurs les plus abordables au 30 juin 2015 :
– Pont de Flandre (XIXème), 5.870 euros/m², +24,1% sur 5 ans ;
– Amérique (XIXème), 6.000 euros/m², +12,8% ;
– La Goutte-d’Or (XVIIIème), 6.200 euros/m², +20,2% ;
– La Chapelle (XVIIIème), 6.210 euros/m², +24,2% ;
– La Villette (XIXème), 6.250 euros/m², +23,3%.

Les quartiers les plus chers au 30 juin 2015 :
– Champs-Elysées (VIIIème), 13.990 euros/m², +53,9% sur 5 ans ;
– Odéon (VIème), 13.290 euros/m², +32,9% ;
– Saint-Thomas-d’Aquin (VIIème), 12.860 euros/m², +5,8% ;
– Monnaie (VIème), 11.640 euros/m², +0,9% ;
– Notre-Dame-des-Champs (VIème), 11.430 euros/m², +20,7%.