Les prix immobiliers ne baissent plus, oui mais pas partout

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Les chiffres ne mentent pas : après trois années et demi de baisse, les prix immobiliers se sont stabilisés et devraient de nouveau augmenter en 2016. Une tendance nationale qui masque des disparités régionales.

La baisse des prix, c’est fini… mais pas pour tout le monde
 

Si les prix immobiliers n'ont pas assez reculé à votre goût, vous allez être déçu... Les statistiques de l'Insee sont formelles : ils se sont stabilisés en fin d'année dernière, « mettant fin à une baisse ininterrompue depuis trois ans et demi ».

« Dans le détail, les prix des logements anciens sont au même niveau qu'un an auparavant, tandis que ceux des logements neufs continuent d'augmenter (+1,7% après +1,6% au troisième trimestre) », ajoute l'Institut national de la statistique et des études économiques dans son analyse publiée mardi 12 avril 2016.

Contexte favorable à une hausse des prix

Concrètement, les prix ne diminuent plus et plusieurs éléments portent à croire qu'ils vont repartir doucement à la hausse. Et les premiers « coupables » sont... les acheteurs eux-mêmes, revenus nombreux sur le marché en 2016. Résultat, un vendeur peut se retrouver en position de force face à plusieurs acheteurs potentiels, ce qui était devenu rare ces dernières années. Et dans cette configuration, pourquoi ne pas en profiter pour faire monter les enchères ?

A la décharge des acquéreurs, la période s'avère idéale pour passer à l'acte : outre l'accalmie des prix, les taux de crédit immobilier n'ont jamais été aussi bas, une opportunité à saisir pour tous ceux qui ont un projet de propriété en tête.

Les acquéreurs sont donc soutenus financièrement, et certains plus que d'autres. Depuis le 1er janvier dernier, les accédants à la propriété profitent d'un prêt à taux zéro (PTZ) revu et corrigé qui leur permet de financer jusqu'à 40% de leur achat. Si le dispositif est plus contraignant pour l'acquisition d'un logement ancien, puisqu'il est soumis à un impératif de travaux conséquents (25% du coût total, travaux compris), son attractivité ne se dément pas dans le neuf. Pour preuve, nombreux sont ceux qui ont reporté la construction de leur maison individuelle de fin 2015 à début 2016 pour en profiter.

Moyenne nationale, réalités locales

Pour autant, tous les marchés immobiliers ne se ressemblent pas. Si les prix remontent à Paris et en Ile-de-France, ainsi que dans plusieurs grandes agglomérations, d'autres accusent le coup. Le réseau Guy Hoquet note par exemple que les prix ont chuté de 4,5% à Perpignan depuis le début de l'année et de 2,5% à Dijon. Son concurrent Laforêt met pour sa part en avant les cas de Lille (-0,9%) et de Marseille (-0,6%). Autrement dit, les prix ne se relèvent pas partout uniformément.

Surtout, la demande n'est pas aussi forte dans les grandes villes que les campagnes. Dans les zones rurales, il reste de bon aloi de revoir ses prétentions à la baisse pour ne pas faire fuir les rares intéressés. Avis aux propriétaires situés dans la Creuse, la Lozère, le Tarn, la Mayenne ou encore de l'Aisne... Autant de départements où le volume de transactions a reculé en 2015, selon le Crédit Foncier, alors que l'activité a grimpé de plus de 15% en moyenne nationale.

Des logements désirés, d'autres délaissés

A ces considérations géographiques s'ajoute la typologie des biens. En d'autres termes, certains sont recherchés, d'autres moins. En Ile-de-France par exemple, les prix des grandes maisons résistent mieux, tandis que ceux des grands appartements ont subi des baisses plus sensibles. Plus généralement, « les petites surfaces, demandées à la fois par les primo-accédants et les investisseurs, se vendent rapidement et souvent au prix fort », relève le réseau Laforêt. En revanche, les logements énergivores sont de plus en plus sanctionnés par les acquéreurs, conscients qu'ils vont devoir réaliser des travaux conséquents pour échapper à des factures faramineuses. Comme quoi, la valeur verte des logements pèse réellement sur leur prix.



 

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