Les prix immobiliers ne flambent pas, malgré la hausse des ventes


La croissance des ventes de logements anciens en 2015 n'a pas fait repartir les prix à la hausse d'après les notaires de France. Dans la plupart des grandes villes, ils restent orientés à la baisse, pour les appartements comme pour les maisons.  

La hausse des ventes immobilières n’a pas entraîné celle des prix

Le marché immobilier peut-il rester sur la bonne trajectoire ? Les futurs acquéreurs ne peuvent que l’espérer. Les ventes de logements anciens ont progressé de 4,2% en 2015, soit 753.000 biens échangés selon les statistiques provisoires* présentées par les notaires de France mercredi 8 décembre. L’amélioration du marché immobilier est nette dans certains départements, comme le Calvados (+20%), la Gironde et le Nord (+18%) ou encore les Alpes-Maritimes, tandis que d’autres restent en difficulté, à l’image de l’Indre (-6%).

Pour expliquer cette recrudescence des achats immobiliers, les notaires pointent la peur d’un relèvement des taux de crédit évoquée à la fin du printemps et durant l’été. « Les effets d’annonce d’une augmentation des taux d’intérêt ont eu un impact sur le redémarrage du marché : les vendeurs se sont dit qu’il fallait baisser les prix et les acquéreurs que c’était le moment d’y aller », analyse le président de l’Institut de droit notarial, Thierry Thomas. Résultat, « la hausse des volumes ne s’est pas traduite par une hausse des prix » affirme-t-il. Les projections à janvier 2016 mettent en avant leur stabilité, avec des variations positives de 0,4% pour les appartements et 0,7% pour les maisons en province.

Prix en baisse dans une majorité de grandes villes

Bien entendu, tous les marchés immobiliers n’évoluent pas de la même façon. Plusieurs grandes villes de plus de 150.000 habitants accusent ainsi des chutes de prix significatives sur le segment des appartements, telles que Toulon (-7%, 2.040 euros/m²), Dijon (-7,2%, 1.930 euros/m²) et Saint-Etienne (-10,4%, 950 euros/m²). A l’opposé, seules Toulouse (+0,1%, 2.500 euros/m²) et Strasbourg (+1,5%, 2.420 euros/m²) voient leurs prix augmenter. Partout ailleurs, il faut compter sur des replis allant de 0,5 à 4%.

Prix des appartements en province en 2015

Côté maisons, les variations sont moins uniformes. Les notaires pointent un repli conséquent des prix à Strasbourg (-6,8%, 259.500 euros) et Dijon (-7,3%, 201.500 euros) mais observent aussi des augmentations dans sept agglomérations. Les autres grandes villes enregistrent des baisses inférieures à 5%.

Prix des maisons en province en 2015

Les logements achetés avant la crise financière bientôt sur le marché ?

En termes de perspectives, plusieurs facteurs contradictoires pourraient jouer en 2016. Les acheteurs passés à l’acte juste avant ou pendant la crise financière de 2008 pourraient mettre leur logement en vente, sachant que la durée de détention moyenne d’un bien oscille entre 7 et 8 ans. « On se pose la question de savoir si tous ces propriétaires vont se dire que c’est le moment d’y aller, avec les taux toujours bas et le marché redevenu fluide, et d’adapter leur logement à leurs besoins », s’interroge Thierry Delesalle, notaire à Paris. Si cela devait se vérifier, l’offre de logements gonflerait, ce qui contribuerait à contenir une envolée des prix. A contrario, si les stocks des agences immobilières, enfin partis en 2015, ne se reconstituaient pas, le marché pourrait devenir plus tendu et haussier.

Autre paramètre à ne pas négliger, la réforme du prêt à taux zéro et son extension à l’ensemble du territoire pour l’achat d’un logement ancien sous conditions de travaux. Une réforme à même de redonner des marges de manœuvre aux primo-accédants mais aussi aux vendeurs qui ne seront peut-être pas si enclins à revoir leurs prétentions à la baisse.

*Statistiques sur douze mois arrêtées à fin septembre et complétées par les données des avant-contrats

 

Quel logement pour quel budget ?

Afin de rendre leurs statistiques plus concrètes, les notaires de France ont établi une liste d’exemples de logements accessibles pour des budgets de 80.000, 150.000, 250.000 et 500.000 euros en province.

Les logements pouvant être achetés en province en fonction du budget de l'acquéreur