Les prix immobiliers peuvent-ils encore baisser en 2016 ?

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Dans son dernier panorama de l'économie française, le spécialiste de l'assurance-crédit Coface estime que le reflux des prix immobiliers devrait probablement continuer en 2016. Un redémarrage de la demande, soutenu par l'amélioration du prêt à taux zéro, pourrait cependant contredire cette prévision.

 
Incertitude sur la poursuite de la baisse des prix de l'immobilier

En 2016, les prix de l'immobilier pourraient continuer à piquer du nez. C'est en tout cas ce qu'affirme le spécialiste de l'assurance-crédit Coface, dans son analyse de l'économie française au troisième trimestre 2015 publiée mardi 24 novembre 2015. « Si les taux d'emprunts ne baissent pas davantage, les prix de l'immobilier devraient continuer de diminuer graduellement » en 2016, avancent les auteurs de l'étude. En cause, « l'absence de nette amélioration du marché du travail » et... des prix encore trop élevés « qui freinent les velléités d'accession des ménages les plus modestes ».

Stabilité dans le neuf, incertitude dans l'ancien

Plus précisément, la tendance serait davantage à la stabilité dans l'immobilier neuf, en dépit de la forte hausse (+7,4% en 2014) des prix du foncier. L'étude invoque à cet égard la mise en place progressive de mesures de simplification (traitement des demandes de permis de construire plus rapide, lutte contre les recours abusifs, allègement de certaines réglementations...) visant à limiter l'inflation des coûts de construction. En d'autres termes, le marché de l'immobilier neuf ne devrait pas évoluer drastiquement en 2016, le prix moyen au mètre carré étant stable en province sur la période 2013-2015, au contraire de l'Ile-de-France (+4,4% sur un an au troisième trimestre 2015). La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) prévient toutefois que la faiblesse des mises en vente de nouveaux logements entraîne une « forte tension » sur les prix qui pourrait s'aggraver si l'offre n'augmente pas.

Pour les logements anciens, prédire l'évolution des prix s'avère plus difficile. En dépit du contexte économique peu stimulant mis en avant par Coface, la demande repart selon plusieurs professionnels de l'immobilier, soutenue par les taux d'emprunt au plancher (2,22% en moyenne en octobre). Ce retour des acheteurs devrait, s'il se concrétise et s'amplifie, pousser les prix à la hausse dans les villes et régions les plus recherchées. De plus, l'amélioration du prêt à taux zéro (PTZ) devrait aider de nombreux ménages à accéder à la propriété (120.000 visés par le gouvernement), notamment dans l'ancien où l'accès à cette aide publique va être élargi à l'ensemble du territoire. Autant de raisons de douter de la baisse des prix en 2016.
 

Baisse des taux de crédit plus significative dans l’ancien

Dans son analyse, Coface affirme que la diminution des taux d’emprunt a davantage profité aux acheteurs de logements anciens, compte tenu du recul des prix (-7,1% depuis le troisième trimestre 2013). « Entre janvier 2012 et septembre 2015, la capacité d’emprunt à mensualités et surfaces identiques a augmenté de 10% dans le neuf et de 17% dans l’ancien», explique ainsi l’étude.



 

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