Logement : de plus en plus de « Tanguy » en Ile-de-France


Les jeunes franciliens se montrent plus réfractaires que la moyenne à quitter le logement de leurs parents, une tendance qui s'est accentuée depuis la crise économique de 2008. Ils quittent le cocon familial à un peu moins de 25 ans, contre 22 ans en moyenne en province.  

Les enfants nés en Ile-de-France peinent plus que les autres à quitter le logement familial

Rester chez papa et maman a du bon, surtout en Ile-de-France. Les jeunes franciliens originaires de la région quittent en effet le logement familial plus tardivement que les autres, selon la note de septembre de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) : ils partent en moyenne à 24 ans et 9 mois, contre un peu plus de 22 ans dans les autres régions de France. Signe que la région parisienne ne suit pas la même logique que le reste de l’Hexagone, la décohabitation des jeunes franciliens a été reportée de cinq mois entre 2006 et 2011, tandis qu’elle se produit un an plus tôt qu’en 1999 en province. De plus, « seul un Francilien de 20 à 29 ans sur deux, né dans la région, a déjà décohabité », souligne l’IAU.

Plus d’un facteur peut expliquer ce phénomène, à commencer par les prix élevés de l’immobilier en Ile-de-France et particulièrement à Paris. Sans surprise, les enfants de famille parisienne peinent encore plus que les autres à vivre dans leur propre logement. Au-delà de l’influence des prix, l’IAU note que « les jeunes parisiens ont moins besoin de déménager du domicile parental étant donné la proximité des lieux d’études et d’emploi et la qualité des transports dont ils bénéficient ».

Le CDI, un sésame pour partir

Mais plus encore que les prix, c’est la stabilité professionnelle qui pèse sur la décision de partir. « Les deux tiers des Franciliens de 20 à 29 ans qui travaillent en CDI ont quitté le logement parental, contre la moitié de ceux qui ont un CDD et seulement un tiers des intérimaires, emploi-jeunes, contrats d’apprentissage ou stagiaires rémunérés, pointe l’IAU. Or, entre 2006 et 2011, la part des jeunes de 25 ans disposant d’un CDI a baissé de quatre points, passant de 52 à 48%. » La plus grande instabilité professionnelle des jeunes franciliens explique ainsi davantage cette tendance à rester plus longtemps chez ses parents que la durée des études car l’âge du départ varie faiblement selon celle-ci. Conséquence, « le temps passé chez ses parents à la fin des études est d’autant plus long que les études sont courtes ».

Pour autant, l’âge de départ du cocon familial est également influencé par la composition de celui-ci. L’enfant d’un couple stable reste ainsi plus longtemps (sept mois en moyenne) que celui dont les parents se sont séparés. « La présence d’un beau-parent est encore plus incitative au départ, puisque l’enfant quitte le logement de son parent deux ans plus tôt que les autres », ajoute l’IAU. Enfin, la place de l’enfant dans la fratrie joue également son rôle : le départ est plus précoce dans les familles nombreuses que pour les enfants uniques et parmi les fratries, le petit dernier quitte ses parents cinq mois plus tard que l’aîné en moyenne.