Logement : « Le PTZ va bénéficier à davantage d’emprunteurs »

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INTERVIEW – François Hollande a multiplié les annonces sur le logement en septembre, en promettant d'améliorer le prêt à taux zéro (PTZ) et de maintenir le dispositif d'APL pour les propriétaires modestes. Ulrich Maurel, fondateur du courtier Immoprêt, salue ces multiples coups de pouce et milite pour un PTZ dans l'immobilier ancien étendu aux villes.

 
« Le PTZ va bénéficier à davantage d’emprunteurs qui en ont besoin »

Toutsurmesfinances.com : Que pensez-vous des récentes annonces de François Hollande sur le logement ?

Ulrich Maurel, fondateur d'Immoprêt : On ne peut que se réjouir. On a senti un virage des pouvoirs publics suite au départ de Cécile Duflot du ministère du Logement et il y a eu une prise de conscience sur l'état du marché immobilier. Après une première vague de simplification, la révision du prêt à taux zéro (PTZ) au 1er octobre 2014 et son retour dans l'immobilier ancien, on va désormais permettre à davantage d'emprunteurs d'accéder au PTZ. J'interprète cela comme une volonté d'accompagner une reprise fragile du marché immobilier.

Que faut-il faire pour rendre le PTZ plus accessible : augmenter les plafonds de revenus, améliorer les différés de remboursement... ?

Le différé de remboursement n'est pas la réponse la plus évidente à apporter, d'autant qu'il engendre un coût plus que substantiel. Les plafonds de ressources s'avèrent beaucoup plus cruciaux : l'essentiel des primo-accédants, de par les effets de la crise, ont connu des difficultés et une diminution de leur capacité d'apport personnel. Dans plusieurs régions, comme le Nord – Pas-de-Calais, le revenu moyen d'un couple a décliné. En rehaussant le plafond de ressources, le PTZ va bénéficier à davantage d'emprunteurs qui en ont besoin alors que jusqu'ici, on excluait des populations qui auraient dû y avoir droit.

Le président de la République a également évoqué une simplification du prêt à taux zéro...

Je dois dire que je n'ai pas forcément bien compris ce qu'il entendait par là. Le PTZ n'est pas un produit excessivement compliqué pour les banques. Peut-être s'agit-il de supprimer des tranches de revenus ou de simplifier le zonage. Parler d'une zone unique serait peut-être une bonne chose puisque la tension sur le marché immobilier se trouve partout. On pourrait alors conserver des paramètres spécifiques à l'Ile-de-France [où le marché est plus tendu et les prix plus élevés, Ndlr].

« Il manque encore un PTZ ancien dans les métropoles »

Le PTZ dans l'immobilier ancien, soumis à des conditions de travaux, va être déployé dans l'ensemble des communes rurales, contre un peu moins de 6.000 en 2015. Est-ce une mesure efficace ?

Le PTZ pour l'achat d'un logement ancien tel qu'il a été établi en 2015 s'avère inexistant, car il est réservé à des villes où les gens achètent peu ou pas. En l'étendant à 36.000 communes, on va toucher beaucoup plus d'acquéreurs. Cela répond à une partie de la demande de logements mais aussi au besoin de réhabiliter le parc de logements anciens, qui est extrêmement vieillissant dans les zones rurales. Mais il manque toujours, à mon sens, un PTZ ancien dans les zones où les primo-accédants veulent acheter, c'est-à-dire dans et autour des grandes métropoles et des bassins d'emploi.

Au-delà du PTZ, François Hollande s'est également engagé à maintenir le dispositif d'APL accession en l'état. Pourquoi parlementaires et professionnels de l'accession sociale à la propriété s'étaient mobilisés sur ce sujet ?

L'APL accession, versée au souscripteur d'un prêt à l'accession sociale (PAS) qui est éligible aux aides au logement, est soit déduite de l'échéance, soit ajoutée aux revenus, en fonction des établissements bancaires. Dans les deux cas, la capacité d'achat de l'emprunteur augmente. Par exemple, si elle est ajoutée aux revenus, la capacité d'endettement est revue à la hausse car le revenu global de l'emprunteur est plus important.

Le dispositif présente aussi un gros avantage pour les souscripteurs d'un PAS qui n'ont pas droit aux aides au logement car leurs revenus étaient plus confortables : en cas de perte d'emploi ou de chute brutale des revenus, ils pourront demander le versement de l'APL à la caisse des allocations familiales (CAF). C'est à la fois une aide directe qui touche à l'endettement et une sécurité pour l'avenir.



 

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