Mal-logement : prix, impayés, budget, 3 choses à savoir sur le cas français


La Fondation Abbé Pierre a dévoilé son premier rapport sur le mal-logement en Europe jeudi 19 novembre 2015. En dépit de prix trop élevés pour les revenus des habitants, la France est bien classée au regard des dépenses supportées par les ménages les plus pauvres. En revanche, les incidents de paiement (crédit et loyers) sont plus fréquents que dans les autres pays européens.  

La Fondation Abbé Pierre dresse un bilan du mal-logement en Europe

En matière de mal-logement, la France peut mieux faire même si elle n’est pas non plus le cancre de la classe européenne. Un rapport publié jeudi 19 novembre 2015 par la Fondation Abbé Pierre fait le point sur le mal-logement en Europe à l’aide de plusieurs indicateurs relevant notamment le niveau des prix par rapport aux revenus des ménages, les difficultés à payer le loyer ou à rembourser un crédit immobilier ou encore la part du budget d’un foyer consacrée au logement. Le point sur les résultats de la France dans ces trois domaines.

• L’immobilier français trop cher, malgré la baisse des prix

Depuis dix ans, les prix de l’immobilier français sont considérés comme trop élevés par rapport aux revenus des ménages, selon les statistiques proposées par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Sur la seule année 2014, le ratio prix de vente/revenus déterminé par l’OCDE s’établit à 124 dans l’Hexagone, un résultat à comparer avec une moyenne de long terme fixée à 100. La France affiche ainsi un des pires rapports prix/revenus d’Europe, derrière la Belgique (148) et le Royaume-Uni (128) et juste devant la Suède (123). Et pourtant, les prix ont baissé dans l’Hexagone ces dernières années ! La moyenne de l’Union européenne se situe quant à elle à 107 en 2014.

• Des impayés (loyer ou crédit immobilier) conséquents

Autre enseignement de ce rapport, la France fait figure de mauvais élève européen dans le domaine des impayés. « La France est un pays où le niveau d’arriérés de loyers et de remboursement d’emprunt est parmi les plus forts (16,9% en 2013), malgré un dispositif de solvabilisation par les aides au logement très important », souligne la Fondation Abbé Pierre. La France est seulement devancée par l’Irlande (20,2%) et la Grèce (25,1%) selon cet indicateur calculé par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Le taux d’incidents à l’échelle de l’Union européenne se limite quant à lui à 10,1%.

• Les ménages pauvres moins pénalisés par le logement

Si tout n’est pas parfait, la France parvient toutefois à alléger la charge pesant sur les ménages les plus pauvres, c’est-à-dire vivant sous le seuil de pauvreté, soit 12.572 euros de revenus annuels pour l’Hexagone. Selon Eurostat, à peine plus d’un ménage pauvre sur cinq (21,70%) consacrait plus de 40% de ses ressources aux dépenses de logement en 2013. La France fait donc bien mieux que de nombreux voisins européens, tels que l’Allemagne (49,20%), les Pays-Bas (48,30%) ou la Belgique (39%), et devance largement la moyenne de l’Union (27,40%).

Pour la Fondation Abbé Pierre, ce résultat s’explique par l’existence « d’un parc de logements publics abordables et de revenus de transfert indexés sur les revenus et la composition des ménages ». 27,80% des ménages désignés comme pauvres sont ainsi locataires à titre gratuit ou à loyer réduit d’après Eurostat, une catégorie dans laquelle figurent les habitants des logements sociaux. L’essentiel des foyers en grande difficulté vivent cependant en location dans le parc privé (39,70%). Moins d’un ménage pauvre sur cinq est propriétaire sans crédit à rembourser (19,90%), le reste (12,60%) représentant les propriétaires qui doivent encore s’acquitter des mensualités de leur emprunt.