Mise en vente du Crédit immobilier de France : des conséquences pour les emprunteurs ?


Menacée de dégradation par Moody's, le Crédit immobilier de France est en vente suite à la suspension de sa cotation par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Un changement de mains qui sera sans conséquence pour les crédits en cours, selon sa direction.

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L’Autorité des marchés financiers (AMF) a stoppé la cotation du Crédit immobilier de France (CIF), qui n’avait pas publié ses comptes 2011 dans les temps, soit avant le 30 avril 2012. L’établissement de crédit, qui faisait l’objet, depuis le 21 février dernier, de lourdes menaces de dégradation de quatre rangs émises par l’agence de notation américaine Moody’s, doit donc trouver un repreneur parmi les banques classiques.

La direction du CIF a mandaté le vendredi 11 mai pour cette vente la banque HSBC, et plusieurs établissements seraient d’ores et déjà sur les rangs pour reprendre la banque de crédit. Parmi eux figure, selon le quotidien économique « Les Echos », la Banque Postale, voire le Crédit Agricole, d’après cette fois « La Tribune ». Le CIF, spécialisé entre autres dans l’aide à l’acquisition de HLM,  a pourtant réalisé l’année dernière 55 millions d’euros de bénéfices, dans la lignée de 2010.

La fin d’un modèle économique ?

Cependant, le Crédit immobilier de France ne possède pas les garanties nécessaires pour rassurer l’agence de notation, qui lui reproche une « profitabilité faible ». Ses fonds ne s’appuient justement pas sur l’épargne, mais exclusivement sur l’emprunt aux marchés financiers. « Sa gestion est saine, mais tout comme le Crédit Foncier, qui a fini par être racheté, le modèle économique de cette banque n’offre pas assez de garanties en termes de de liquidités », estime Maël Bernier, la porte-parole du courtier immobilier Empruntis.

Thierry Saniez, le délégué général de l’association de consommateurs CLCV, n’est pas du même avis : « Ce modèle économique n’est pas à remettre en cause, puisque cette banque est loin d’être déficitaire. »

Remboursement en cas de faillite

Pour l’heure, l’AMF a suspendu depuis le mercredi 10 mai la cotation en bourse du Crédit immobilier de France, et donc sa possibilité structurelle de se refinancer. Si cette situation persiste durant plusieurs semaines, l’établissement ne pourrait plus prêter d’argent.

Des risques sont-ils à prévoir pour les particuliers ayant souscrit un crédit auprès de lui ? « Absolument pas, les futurs repreneurs se chargeront d’honorer les crédits en cours, et si jamais la banque fait faillite, les souscripteurs seront remboursés », indique Thierry Saniez. Quant aux réactions éventuelles sur le marché de l’emprunt immobilier, elles seront quasi nulles, selon Maël Bernier. « Une éventuelle faillite du CIF n’aura aucune incidence sur le marché français des crédits, car cela concerne très peu de contrats, le plus souvent à taux variable. De plus, ses clients sont le plus souvent des personnes qui n’avaient pas la possibilité d’emprunter ailleurs ».

La direction du Crédit immobilier de France a de son côté confirmé la situation, mais n’a pas souhaité pour le moment officiellement réagir, promettant « de s’adresser officiellement à ses clients dans les prochains jours », nous a indiqué son service de communication. Elle a néanmoins assuré que tous les contrats souscrits, « sans exception », iraient bel et bien à leur terme, même si la banque changeait de mains. L’établissement gère actuellement un encours de plus de 33 millions d’euros de crédit.