Moody’s dégrade la note de Crédit Logement


L'agence de notation Moody's a décidé d'abaisser d'un cran la note à long terme de Crédit Logement, principal organisme de garantie des prêts à l'habitat en raison de risques accrus de défaut des emprunteurs. Moody's maintient une perspective stable.

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L’agence de notation Moody’s a abaissé la notation de Crédit Logement, le principal organisme de garantie des crédits immobiliers accordés aux ménages. Celle-ci passe ainsi de « Aa2 » à « Aa3 ». Moody’s motive sa décision par la crise macro-économique qui touche la France et plus largement la zone Euro, expliquant que celle-ci augmente le risque de défaut des emprunteurs dont Crédit Logement assure la garantie. L’agence mentionne également le ralentissement du marché immobilier comme facteur expliquant la dégradation.

Pour autant, Moody’s maintient une perspective stable, ce qui laisse entendre que l’agence ne compte pas modifier la note de Crédit Logement à court terme. L’agence précise que la politique jugée prudente de l’organisme de garantie en matière de distribution de crédit a permis de limiter l’abaissement de la note à un seul cran. De même, Moody’s souligne la capacité de Crédit Logement à encaisser des pertes importantes.

Des emprunteurs plus aisés que la moyenne

La dégradation de la note ne devrait donc pas avoir d’impact direct sur les emprunteurs eux-mêmes. En tout état de cause, si la crise fait peser un risque plus important de défaut, ce n’est pas spécifiquement la clientèle de Crédit Logement qui est en cause.

En effet, sur l’ensemble du marché du crédit, la clientèle garantie par Crédit Logement est un peu plus aisée que la moyenne : sur la période 2001-2010, 10,8% des clients touchaient moins de 2 Smic par mois, contre 17,6% en moyenne. En contrepartie, les ménages les plus aisés (plus de 5 Smic par mois) sont plus présents chez Crédit Logement (32,6% de la clientèle) que la moyenne (21,2%).

L’organisme expliquait dans la synthèse annuelle de l’Observatoire du financement des marchés financiers CSA/Crédit Logement publiée en juin 2012 que ce phénomène est lié à « la faiblesse relative de la production garantie par Crédit Logement en PTZ, en PAS et en prêts sociaux (…) et surtout à la forte représentation de Crédit Logement sur les marchés des résidences secondaires et de l’investissement locatif privé ».

Par ailleurs, la clientèle de Crédit Logement est plus jeune que la moyenne : sur cette même période 2001-2010, 39,3% des prêts à l’habitat accordés par l’organisme l’étaient à un ménage dont le chef de famille est âgé de moins de 35 ans, un chiffre qui tombe à 33 % en moyenne pour l’ensemble du marché. A l’inverse, les emprunteurs entre 45 et 65 ans sont légèrement moins représentés. Cette différence « tient, pour l’essentiel, à la sous-représentation du marché des travaux dans l’activité de Crédit Logement ».

Un cas différent du Crédit immobilier de France

L’annonce de cette dégradation en rappelle une autre : le 28 août 2012, Moody’s dégradait, de trois crans cette fois, la note du Crédit immobilier de France (CIF), plaçant ainsi l’organisme spécialisé dans l’accession sociale à la propriété au bord de la liquidation immédiate. Depuis l’Etat a apporté sa garantie temporaire au CIF, garantie validée par la Commission européenne le 21 février 2013.

Les deux situations sont cependant bien différentes, puisque le CIF se finançait exclusivement sur les marchés, et ce à court terme, afin de garantir des prêts de long voire très long terme. Le CIF a été sanctionné à cet égard, en l’absence de dépôts sur lesquels il pouvait s’appuyer pour financer son activité. Un problème que ne connaît pas Crédit Logement, société anonyme au capital de 1.253.974.758,25 euros au 31 décembre 2011. BNP Paribas, Crédit Agricole, LCL Le Crédit Lyonnais et Société Générale/Crédit du Nord représentaient un peu plus de 66% de l’actionnariat de Crédit Logement à cette même date.