Paris : les prix de l’immobilier résistent encore


Les prix de l'immobilier ancien francilien sont globalement orientés à la baisse. Mais ils se maintiennent dans la capitale où les transactions se négocient à 8.200 euros du mètre carré, selon les notaires. Les ventes remontent légèrement.

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Les mois se suivent et se ressemblent sur le marché immobilier à Paris et sa région. En particulier, les prix de vente se maintiennent toujours à un niveau très élevé selon la Chambre des notaires de Paris – Ile-de-France. Malgré une variation annuelle à la baisse de 1,9% à l’issue du deuxième trimestre, le prix moyen du mètre carré (m²) se situe à 8.200 euros à Paris intra-muros. Les prix de l’immobilier parisien ont ainsi cédé seulement 90 euros par mètre carré par rapport au premier trimestre.

 

Les prix ne baisseront pas sous les 8.000 euros/m² en 2013

« Les vendeurs ne sont toujours pas convaincus de la nécessité d’une baisse du prix de leur appartement », note Elodie Fremont, notaire dans la capitale. D’un autre côté, les acheteurs « restent convaincus de l’intérêt de la pierre ». C’est surtout vrai, comme toujours, pour les logements bien placés et de bonne qualité. Les acquéreurs consentent alors plus facilement à payer un prix élevé.

 

Cette tendance globale cache cependant des disparités forte entre les arrondissements et quartiers. Une évolution hétérogène des prix qui est difficile à suivre. Ainsi les deux arrondissements les plus chers de Paris, le VIème (12.000 euros/m²) et le VIIème (11.770 euros/m²) connaissent des diminutions de prix conséquentes, de 8,8% et 4,6% respectivement. Alors que dans le même temps, le IVème arrondissement (11.590 euros/m²) a connu une inflation de 3,2%… Une chose semble certaine cependant, l’écart de prix entre le quartier le plus cher de Paris (Saint-Germain-des-Prés, 12.310 euros/m²) et le plus abordable (La Goutte-d’Or, 5.880 euros/m²) se resserre pour atteindre un ratio 2,1. Du jamais vu depuis le début des années 2000.

Pour autant, ce resserrement ne serait pas précurseur d’une baisse des prix dans les mois qui viennent. Le prix moyen du mètre carré devrait ainsi se maintenir au-dessus du seuil de 8.000 euros, selon les notaires franciliens. La réforme de la fiscalité des plus-values immobilières entrée en vigueur au 1er septembre 2013 ne devrait pas modifier cette trajectoire, quand bien même le marché parisien est théoriquement plus sensible.

 

Stagnation en région Ile-de-France

L’évolution des prix en banlieue illustre encore davantage l’extrême diversité du marché immobilier. Si globalement les prix résistent, de fortes différences existent entre communes et même en fonction des quartiers considérés. En Petite Couronne, le prix moyen au mètre carré des appartements se situe à 4.390 euros, variant de 3.250 euros en Seine-Saint-Denis à 5.350 euros dans les Hauts-de-Seine. Le marché des maisons anciennes suit la même évolution en proche banlieue parisienne et se fixe en moyenne à 354.100 euros.

En Grande Couronne, les prix des appartements restent là encore stables. Ils se fixent autour de 2.700 euros/m² dans le Val-d’Oise, la Seine-et-Marne et l’Essonne. Dans le Yvelines, le prix moyen se fixe à 3.840/m². Sur le marché des maisons, le constat est similaire, sachant que la Grande Couronne concentre 75% de ce marché en Ile-de-France. « On constate un effet de seuil, note cependant Philippe Sansot, notaire à Montmorency. Au-delà d’un certain niveau de prix, variable selon la commune, il n’y a pratiquement plus de ventes. »

 

« Timide embellie » sur les ventes

Parallèlement à cette tendance peu réjouissante sur les prix, les adjudicateurs soulignent une « timide embellie » sur les ventes au deuxième trimestre, notamment à Paris (+5%, 6.880 ventes). L’inflexion est plus forte en Petite Couronne, avec des ventes en hausse de 11% en moyenne, pour les maisons comme pour les appartements. En Grande Couronne, les ventes sont tirées vers le haut par les chiffres spectaculaires enregistrés en Seine-et-Marne : +30% sur les appartements et +21% sur les maisons. Des statistiques qui s’expliquent notamment par un effet de rattrapage.

Pour autant, la prudence reste de mise. Entre les changements de fiscalité, les incertitudes sur la reprise économique et la remontée des taux de crédit immobilier, parier sur une croissance du marché semble hasardeux. D’autant plus que si pour certains il a touché le fond fin 2012 ou début 2013 pour mieux repartir, les notaires tiennent à nuancer ce propos. « Le troisième trimestre 2013 semble parti comme le premier », note ainsi Philippe Sansot. De quoi doucher l’optimisme naissant…

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