Performance énergétique : le diagnostic alarmant des logements français


La majeure partie des résidences principales présente une performance énergétique moyenne ou faible d'après le ministère de l'Ecologie. Les plus petits logements sont les plus énergivores et l'impact des réglementations thermiques sur l'immobilier neuf est mitigé.

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En matière de performance énergétique, l’immobilier résidentiel français (30% de la consommation finale) peut mieux faire. « Plus de la moitié (53,6%) du parc des résidences principales en France métropolitaine a une étiquette énergétique moyenne », selon une étude du ministère de l’Ecologie sur le parc de logements en France métropolitaine en 2012. Traduction, plus de la moitié des logements tombent dans les catégories D ou E des diagnostics de performance énergétique (DPE) et présentent donc une consommation d’énergie primaire évaluée entre 151 et 330 kilowatts/heure par mètre carré et par an.

Pire encore, « près d’un tiers offre une performance énergétique faible (F ou G) », une tendance plus affirmée pour les appartements que les maisons individuelles. En définitive, seuls 14% des logements peuvent se targuer d’une consommation d’énergie réduite. 

Le constat est en revanche moins sévère en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre. « Un tiers des logements est classé en A, B ou C, 40 % en D ou E et un peu plus du quart en F ou G », affirme l’étude publiée le 2 juillet 2014.

Plus la surface diminue, plus la consommation augmente

Pour expliquer ces résultats, l’étude pointe le rôle des petits logements, studios en tête. Environ un tiers d’entre eux présentent une consommation d’énergie finale supérieure à 450 kilowatts/heure par mètre carré et par an, se plaçant ainsi dans la pire catégorie du DPE (G). « Ils sont pour plus de la moitié chauffés à l’électricité, énergie dont la part décroît avec la taille des logements (un tiers pour les trois pièces et plus) au profit du gaz, et dans une moindre mesure du fioul », note le ministère de l’Ecologie. A noter cependant que les studios ne se montrent pas plus émetteurs de gaz à effet de serre que les plus grandes surfaces.

L’entretien des logements par les bailleurs privés est mis en cause pour expliquer ce phénomène. Les studios et deux pièces représentent la majorité des locations privées et celles-ci « sont plus énergivores avec une proportion d’étiquettes énergie performante (A, B ou C) inférieure de moitié » à ce qui s’observe dans le parc HLM ou les logements occupés par leurs propriétaires. Pour autant, le logement social pollue à sa manière puisque les émissions de gaz à effet de serre sont plus conséquentes dans le parc HLM « en raison des énergies de chauffage utilisées : il s’agit majoritairement de gaz, alors que le chauffage électrique est relativement plus répandu dans le secteur locatif privé ».

 

Les logements neufs ne se distinguent pas

Rejeter la faute sur les logements anciens pour expliquer ces statistiques ne suffit pas. En effet, si l’implémentation de la première réglementation thermique RT 1974 « marque un tournant dans la construction avec une diminution progressive (voire une disparition) des logements construits en classe F ou G », les logements construits depuis 2006 ne sont pas pour autant des exemples de sobriété énergétique. Environ la moitié présente une étiquette D ou E, soit une performance moyenne. Le ministère de l’Ecologie donne à ce titre un élément d’explication : « Les choix des énergies utilisées notamment pour le chauffage ont un impact sur la consommation d’énergie et le « tout électrique » dans les constructions plus récentes est plutôt énergivore. »

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