PTZ, PAS et Pinel attirent les acheteurs vers l’immobilier neuf


Les acheteurs reviennent à pas de loup sur le marché immobilier. Un léger retour qui profite davantage à l'immobilier neuf, grâce aux aides à la propriété. Mais les acquéreurs restent frileux, craignant une éventuelle hausse des taux de crédit et le contexte économique.

Les acheteurs sont de retour avec une préférence pour le neuf

Les Français reprennent timidement goût à l’immobilier. Plusieurs signes indiquent un retour des acheteurs, selon les données rassemblées par le Crédit Foncier, qui les présentait le 8 juillet 2015. L’attentisme est mis de côté : les acquéreurs se décident plus rapidement et signent leur compromis de vente 4,4 mois* après le début de leurs recherches immobilières, contre 7 mois en 2014. Un an après leur recherche, 67% des sondés ont ainsi acquis un logement. « Malgré un contexte économique difficile, nous constatons une phase de redémarrage du marché immobilier. Les acheteurs acquièrent plus rapidement leur logement, portés par les taux bas et la baisse des prix », indique Bruno Deletré, directeur général du Crédit Foncier. Preuve de ce dynamisme retrouvé, le nombre de crédits accordés a augmenté début 2015, que ce soit pour l’acquisition d’un logement ancien ou neuf.

Les aides d’Etat compensent les prix élevés

Cette timide reprise s’observe davantage dans l’immobilier neuf. En effet, les dispositifs de relance améliorés par le gouvernement fin 2014 commencent doucement à porter leurs fruits. « Les acheteurs retournent vers le neuf profitant du prêt à taux zéro (PTZ), du prêt à l’accession social (PAS) et du dispositif Pinel pour l’investissement locatif, souligne le directeur général du Crédit Foncier. C’est aussi pour cela que l’on retrouve plus de primo-accédants et de ménages modestes. » Les ventes de logements neufs ont ainsi progressé de 14,4% sur un an au premier trimestre 2015.

Le marché des maisons individuelles n’est pas en reste. Là encore, l’impact du PTZ et du PAS contribue à la hausse des ventes en 2015. « L’immobilier neuf, plus cher, est dépendant de ce type d’aides. Avec la reprise de la primo-accession, les premiers mois de 2015 sont en nette progression comparés aux mêmes périodes de 2013 et 2014 », affirme Bruno Deletré.

Encore des obstacles sur la route du redémarrage

Privé d’aide à l’accession, en dehors d’un PTZ dédié à 6.000 bourgs ruraux, l’immobilier ancien a plus de mal à tirer son épingle du jeu auprès des acheteurs. Ces derniers peinent encore à trouver chaussure à leur pied, la faute à la diminution du nombre de logements en vente face au retour des acheteurs. « Les meilleurs biens trouvent preneur immédiatement. Les autres, une fois une baisse de prix concédée, partent tout autant », constate le Crédit Foncier.

La baisse des prix de 1 à 3% en fonction de la localisation du bien ne suffit pas à faire revenir de façon pérenne les candidats à l’achat vers l’ancien. « Cependant, si l’activité a été difficile en tout début d’année, elle semble se ressaisir, depuis mars », note le Crédit Foncier. « Les particuliers trouvent plus vite un logement à acheter et nous estimons que les prix vont continuer à baisser en 2015 (-2,5%), ce qui est de bonne augure pour un redémarrage du marché de l’ancien », prédit Bruno Deletré.

Ces prédictions comportent cependant un « mais ». Parmi les obstacles au retour définitif des acheteurs, la légère remontée des taux de crédit pourrait ne plus compenser des prix qui restent élevés et constituer un frein psychologique à l’achat. Plus globalement, la morosité économique, si elle n’est pas levée, continuera de représenter un obstacle majeur, malgré toute la bonne volonté des principaux intéressés.

*Etude du Crédit Foncier publiée le 23 juin 2015

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