Quand Airbnb rapporte plus que la location classique à Paris… en théorie


Une étude du portail Meilleursagents.com avec le Journal du Net estime que la location d'un studio ou deux pièces parisien rapporte en moyenne 2,6 fois plus qu'une location vide classique. Une conclusion, plutôt théorique, qui s'applique surtout aux quartiers les plus touristiques de la capitale.  

A Paris, Airbnb peut rapporter plus qu'une location classique selon une étude

Pouvez-vous gagner plus en louant votre logement sur Airbnb plutôt qu’à un locataire ? Une étude menée par le site Meilleursagents.com avec le Journal du Net (JDN) affirme qu’en moyenne, la mise en location d’un studio ou d’un deux pièces de moins de 50 mètres carrés (m²) à Paris sur la plateforme ou l’un de ses concurrents génère 2,6 fois plus de revenus qu’une location vide classique.

Avantage Airbnb dans les quartiers… touristiques

Pour obtenir ce rapport, l’étude confronte un logement Airbnb loué à « plein temps » et une location classique au prix du marché. Ainsi, si le loueur Airbnb accueille des locataires de passage dans la capitale pendant un peu plus de dix mois dans l’année, ou 85% de l’année*, il encaisse en moyenne 763 euros par an et par m², « soit près de 23.000 euros par an pour un appartement de 30 m² » signale l’étude. En comparaison, une location classique ne génère que 294 euros par an et par m² ou 8.820 euros pour 30 m².

Un montant obtenu sur la base d’une location durant 83% de l’année seulement : Meilleursagents.com et le JDN, s’appuyant sur le fait que le taux de mobilité résidentielle des locataires parisiens s’établissait à 17,1% en 2015 selon l’institut privé Clameur, en déduisent que les logements parisiens sont loués 83% de l’année. Or le taux de mobilité résidentielle représente « la proportion des locataires qui changent de logement au cours d’une année donnée », rappelle l’institut sur son site internet et non pas la vacance locative… Selon Clameur, « le niveau actuel de la vacance [mesuré début mars 2016] équivaut chaque année à une perte de 3% des loyers perçus » en moyenne nationale. Autrement dit, l’écart entre location de courte ou de longue durée n’est sans doute pas aussi important.

Si l’exactitude des chiffres avancés peut être débattue, la tendance de fond n’en est pas moins claire. Surtout, l’étude illustre l’attrait de la location touristique de courte durée dans les quartiers les plus… touristiques. Il est ainsi possible de générer jusqu’à 3,5 plus de recettes locatives en ayant recours à la location de courte durée à Notre-Dame (IVème arrondissement). Saint-Germain l’Auxerrois (Ier arrondissement, rapport de 3,3) suit juste derrière tandis que le podium est complété par un trio de quartiers où Airbnb permet d’engranger 3,2 fois plus de recettes que la location classique, à savoir Elysées/Madeleine (VIIIème arrondissement), Palais Royal (Ier arrondissement) et Vivienne/Gaillon (IIème arrondissement).

Classement des 10 quartiers parisiens où Airbnb rapporte le plusSource : Meilleursagents.com et le Journal du Net

Le 100% Airbnb, un mythe plus qu’une réalité

Pour autant, choisir la location de courte durée à plein temps n’est pas à la portée de tout le monde. Pour les bailleurs traditionnels, qui ne louent pas leur résidence principale, l’autorisation préalable de la mairie est requise. Une autorisation soumise au respect de règles de compensation qui obligent un bailleur à « créer » des surfaces habitables, en transformant des locaux commerciaux par exemple ou le patrimoine d’un organisme HLM. Le genre de démarches fastidieuses à même de décourager les intéressés de se lancer dans le 100% (ou 85%) Airbnb à l’année.

Pour qui veut louer ou sous-louer sa résidence principale, devenir riche avec Airbnb n’est pas évident non plus. Concernant la sous-location, le propriétaire doit donner son accord au locataire, ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là. Surtout, il est nécessaire de changer l’affectation du logement s’il est proposé à la location touristique plus de quatre mois dans l’année, afin d’en faire un meublé touristique. Autant de contraintes qui expliquent, au moins en partie, pourquoi de nombreux usagers d’Airbnb (et autres) ne déclarent pas leur activité, à la mairie ou à l’administration fiscale

Pour que le jeu en vaille la chandelle, il faut donc louer moins de quatre mois par an, « soit pas plus de dix jours par mois en moyenne », rappelle l’étude. « Or les quartiers parisiens où le nombre de nuitées nécessaires pour générer l’équivalent d’un mois de loyer est inférieur ou égal à dix sont peu nombreux (15 sur 121, soit 12%). » En résumé, pour que la location touristique soit réellement plus intéressante, mieux vaut être propriétaire d’un petit appartement dans les quartiers huppés de la capitale, en sachant que le logement doit constituer la résidence principale du loueur mais qu’il ne l’occupe pas… Et en espérant que cette pratique n’est pas interdite par le règlement de copropriété de l’immeuble !

*Taux d’occupation maximal selon une étude réalisée par Everbooked et LearnAirbnb.com