Taux d’emprunt immobilier : les conséquences de la hausse


Le coût d'un crédit augmente. Le prix de l'immobilier est en hausse... Ces phénomènes ne sont pas sans conséquence sur la solvabilité des emprunteurs.

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La hausse des taux d’emprunt immobilier laisse des traces dans l’accession à la propriété. « Aujourd’hui, 20% des personnes qui pouvaient obtenir un financement en octobre ne le peuvent plus » affirme Maël Bernier d’Empruntis. Selon elle, à mensualité égale, la hausse des taux a entraîné une perte de 3 à 5m² sur un achat immobilier entre janvier et juin 2011.

Pourtant, « les banques n’ont pas modifié leurs conditions d’accès au crédit » ajoute-t-elle. En effet, selon les chiffres de la Banque de France, l’octroi de crédit à l’habitat continue d’augmenter : de 97,8 milliards d’euros en mai 2010 à 158,4 milliards en mai 2011. « Mais si vous tirez toutes les ficelles possibles, certaines personnes se retrouvent exclues de l’emprunt du simple fait de la hausse. Et le phénomène est accentué par la hausse des prix. »

L’augmentation des taux « a entraîné une perte de 10% du pouvoir d’achat immobilier depuis novembre 2010 » estime Ludovic Huzieux d’Artemis Courtage. Des acquéreurs ont « dû changer leur projet : revoir la ville d’achat ou la surface. Certains ont même reporté leur achat à plus tard ». Pour lui c’est notamment le cas à Paris : « après une hausse des prix de 20% l’an passé, il y a peu de change que les tarifs continuent de grimper à ce rythme. Certains peuvent reporter leur achat de quelques mois. »

Du côté de la Banque Postale, on constate « une baisse de la demande de crédit pour les investissements locatifs, alors que celle des primo-accédants continue d’augmenter ».

Car pour ces différents acteurs de l’immobilier, cette hausse des taux ne va pas entraîner un blocage complet du marché. L’augmentation va aboutir « à un ralentissement du marché, qui aura à moyen terme un effet sur les prix de vente, ce qui va rééquilibrer l’offre et la demande » prédit Philippe Saillard, le directeur du crédit de la Banque Postale

« La hausse des taux ne modifie pas significativement les paramètres des prêts. En effet, dans la plupart des cas, cette augmentation ne fera évoluer la mensualité que de quelques euros, ce qui ne gênera pas vraiment le taux d’endettement » affirme aussi Vincent Picard, responsable marketing du crédit chez LCL.

« Les taux restent bas. La situation est encore meilleure qu’en 2008 » attenue Maël Bernier. Nous « avons repris en 6 mois ce que nous avons perdu en un an et demi. L’augmentation est vertigineuse » renchérit Ludovic Huzieux. « Mais en novembre, nous avons atteint les taux les plus bas depuis 1945. La situation reste encore confortable » conclut-il.

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Photo : agence immobilière Era à Paris (Crédit : Infomedia SAS)