Travaux de rénovation : le confort passe avant l’écologie pour les propriétaires


Selon le 3ème Observatoire de l'association Promotelec, les propriétaires occupants sont davantage enclins à effectuer des travaux dans le but d'améliorer leur confort au quotidien que dans un réel souci écologique.  

Les propriétaires occupants préfèrent faire des travaux pour leur confort plutôt dans une optique écologique.

Les propriétaires réalisent des travaux dans leur résidence principale avant tout pour améliorer leur confort. C’est ce qui ressort du 3ème Observatoire sur le confort de l’habitat réalisé par l’association Promotelec publié le 5 octobre 2015. « Loin d’avoir pour première préoccupation la transition énergétique, les propriétaires effectuent petits travaux après petits travaux sans réfléchir à un ensemble pour améliorer la performance énergétique de leur logement », analyse Damien Hasbroucq, directeur général adjoint de Promotelec.

Ainsi parmi les 28% de propriétaires qui ambitionnent de réaliser des travaux, 64% ont pour première motivation le confort, 28% de donner un coût de neuf au logement et également 28% de réduire leurs dépenses énergétiques. Ces derniers, majoritairement des retraités ou des actifs avec enfants, souhaitent ainsi de plus en plus améliorer la qualité de leur logement (28% en 2015 vs 18% en 2013) plutôt que de déménager.

Dans le détail, les propriétaires qui ont réalisé des travaux ces deux dernières années ont en priorité choisi de donner un coup de peinture, de refaire les sols (74%) dans un objectif d’embellissement, puis de changer les portes, fenêtres et volets (62%) avant de s’attaquer à l’isolation (49%).

Mauvais ciblage des aides à la rénovation énergétique ?

L’étude montre par ailleurs que seuls 7,7% des travaux ont été menés avec une aide à la rénovation de l’Etat, du type éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). « Les propriétaires qui font des travaux en ont les moyens, ils n’ont donc pas besoin d’aides pour les financer. Quant aux ménages qui peuvent en bénéficier, ils ne sont souvent pas assez informés ou tout simplement n’ont pas les moyens de réaliser des travaux même avec un coup de pouce de l’Etat. Ces aides sont-elles adaptées aux besoins des particuliers, on peut se poser la question », s’interroge le directeur général adjoint de l’association. De plus, ces coups de pouce fiscaux dont l’octroi est conditionné à la réalisation de travaux de rénovation énergétique ne permettent pas de financer de petits aménagements de confort non éligibles.

Par ailleurs, si en tant que telle l’idée de réduire leur consommation d’énergie avec des travaux de performance énergétique séduit une grande majorité de propriétaires (82%), dans les faits ils ne sont plus que la moitié à déjà réduire la température, la durée de chauffage ou encore leur consommation d’eau. « Il existe un écart entre le discours et la réalité. Et même lorsque les propriétaires changent leurs fenêtres ou leur chauffe-eau, c’est là encore pour une question de confort en priorité et non dans une optique écologique », observe Damien Hasbroucq. Ce dernier conclut ainsi que les propriétaires pensent davantage « économies d’énergie qu’écologie ».

La domotique pour rester à domicile

Côté adaptation du logement, les propriétaires ne sont pas réticents mais quelque peu frileux. Ils sont 67% à être prêts à maintenir une personne âgée chez elle en l’équipant de solutions domotiques (technologie intuitive, lumière qui s’allume au passage…). L’investissement dans la domotique serait ainsi motivé pour 13% des propriétaires dans le but d’adapter le logement pour y vivre longtemps. Mais « les particuliers sont peu informés sur les prix et le fonctionnement, ce qui les bloque dans la réalisation, note Damien Hasbroucq. Pourtant on peut tout à fait équiper son logement en domotique à partir de 500 euros. » Coût de l’installation compris.