Ayrault : la pause fiscale dans la loi de finances 2015


Après son ministre du Budget Bernard Cazeneuve, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a à son tour affiché un objectif de stabilité de la pression fiscale en 2015, après un « ralentissement » en 2014. Les mesures fiscales en faveur des bas revenus ne sont pas encore tranchées.

ayrault, elysee

La pause fiscale chère à François Hollande n’est pas pour tout de suite. Jean-Marc Ayrault a été contraint d’admettre que l’objectif de stabilité des prélèvements sociaux et fiscaux ne serait pas atteint dans le cadre du Budget 2014 de l’Etat et de celui de la Sécurité sociale, dans une interview accordée au quotidien gratuit Metronews. « Il s’agit en effet d’un ralentissement, pour aller à une pause fiscale qui sera effective en 2015 », a répondu le chef du gouvernement aux remarques des journalistes de Metronews sur les prélèvements supplémentaires que les ménages devront assumer en 2014, tels que la hausse de la TVA, l’augmentation des cotisations retraite ou la nouvelle diminution du plafond du quotient familial de 2000 à 1500 euros.

 

Mesures fiscales coûteuses

« Nous demandons un effort aux Français, notamment mais pas seulement, j’en ai conscience, à ceux qui ont des revenus plus élevés. Mais ceci nous le faisons pour préserver notre modèle de solidarité. En terme de politique familiale par exemple, nous avons maintenu l’universalité des allocations mais réduit le quotient familial », a tenu à expliquer Jean-Marc Ayrault à une semaine de la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2014 en Conseil des ministres, prévue le mercredi 25 septembre 2013.

 

Sur le pouvoir d’achat, question chère à l’aile gauche du PS qui propose une CSG à taux réduit pour les bas salaires, le locataire de Matignon a fait savoir que la nature des mesures fiscales qui seraient prises dans le PLF 2014 en complément de celles déjà annoncées n’était pas tranchée. Seules certitudes, la réindexation du barème de l’impôt sur le revenu et une « décote pour les deux premières tranches » de l’impôt sur le revenu, deux dispositions d’ores et déjà annoncées par l’exécutif. « Pour le reste, rien n’est encore décidé : chaque mesure a un coût budgétaire très élevé », a déclaré Jean-Marc Ayrault.

 

Objectif zéro hausse d’impôts en 2015

Les propos de Jean-Marc Ayrault sur la pause fiscale font échos à ceux tenus par son ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve dans les colonnes du JDD, dimanche 15 septembre. Le successeur de Jérôme Cahuzac à Bercy affirmait que la stabilité des prélèvements obligatoires serait atteinte en 2015. « En 2014, les économies atteindront 15 milliards d’euros: 80% de l’effort est fait par les économies. Notre objectif est qu’en 2015, ce soit 100%, pour ne plus avoir du tout recours aux hausses de prélèvements obligatoires », a affirmé Bernard Cazeneuve.

 

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