Baisse d’impôt ou réduction du déficit, les Français sont partagés


En matière d'orientation budgétaire, les Français sont partagés : une moitié plaide pour une redistribution via de nouvelles baisses d'impôts, quand l'autre estime la poursuite des efforts en matière de réduction des déficits publics et de la dette prioritaire.  

Les Français sont partagés lorsqu'il s'agit de trancher entre baisses d'impôts supplémentaires et poursuite de la réduction du déficit.

Quelles devraient être les priorités budgétaires du gouvernement dans les mois à venir ? A cette question, les Français se montrent divisés en deux camps, d’après un sondage Elabe* réalisé pour le quotidien Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne publié le 6 mai 2016.

Invités à se prononcer sur la priorité budgétaire suite à la publication de bonnes nouvelles sur le front de l’économie, l’avis des Français est loin d’être tranché en ce qui concerne la priorité à donner en termes de politique budgétaire. Pour preuve, 50% plaident en faveur d’une « redistribution des fruits de la croissance aux ménages, notamment sous forme de baisses d’impôts » quand 49% affirment que la priorité de l’Etat doit être « la poursuite des efforts budgétaires et fiscaux pour réduire la dette et les déficits publics ».

D’éventuelles baisses d’impôts sont davantage attendues par les sondés de moins de 25 ans (65%) que par leurs aînés qui penchent plus en faveur d’une réduction des dettes et des déficits publics. Les seniors et retraités (65 ans et plus) sont ainsi 56% à préférer la poursuite des efforts engagés.

Mais pour qu’il y ait un geste fiscal du gouvernement, encore faut-il que la croissance redémarre. Alors même que celle-ci est en hausse de 0,5% sur le premier trimestre de l’année, 54% des Français estiment que l’économie du pays est aujourd’hui au point mort. Là encore, la population reste partagée, puisque 45% considèrent au contraire que l’activité redémarre.

Dans tous les cas, la reprise économique reste la clé d’une éventuelle baisse d’impôt. « Il fallait d’abord redresser pour ensuite redistribuer », a ainsi indiqué François Hollande le 3 mai dernier. Le chef de l’Etat a par ailleurs confirmé que « l’Elysée pousse d’ores et déjà l’idée d’un nouveau geste à l’attention des ménages, après les trois baisses d’impôt de 2014, 2015 et 2016 ». Mais ce dernier a également affirmé que ce coup de pouce ne se ferait qu’ « en fonction des marges et seulement en fonction des marges dont nous pourrons disposer ». De son côté, le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin a tenu des propos plus nuancés dans le journal Le Monde le lendemain de l’intervention de François Hollande : « On verra à l’automne où on en est, la priorité restant de respecter nos engagements en matière de réduction des déficits. » Tout comme les Français, le gouvernement semble encore incertain sur la marche à suivre en matière budgétaire.

*1.000 personnes âgées de 18 ans et plus interrogées sur Internet les 2 et 3 mai 2016