Comment les revenus d’Airbnb pourraient être taxés


Pour faire payer aux contribuables l'impôt sur les revenus issus de la location saisonnière de leur appartement ou de leur voiture, le gouvernement veut pousser les plateformes à fournir au fisc le relevé des versements effectués sur le compte bancaire des particuliers. Une manière de mettre fin aux nombreux « oublis » des Français acteurs de l'économie collaborative.    

Les revenus tirés d'Airbnb doivent être déclarés

Le paiement de l’impôt sur les plateformes collaboratives va-t-il se généraliser ? Si les revenus obtenus sur les sites de location saisonnière d’appartement comme Airbnb, de voiture (Drivy) ou encore de matériel (Zilok) ne sont que très rarement déclarés, le gouvernement pense avoir trouvé la parade.

Le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert a ainsi expliqué vendredi 4 décembre 2015 que l’exécutif songeait à exiger « des plateformes qu’elles fournissent un relevé annuel des revenus issus de l’utilisation de ces services ». Le locataire de Bercy rebondissait ici sur l’amendement au projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2015 déposé par le député socialiste de Paris Pascal Cherki. Ce dernier proposait que « les professionnels qui, par voie électronique, assurent un service de réservation ou de mise en relation fournissent chaque année à l’administration un relevé des sommes versées directement ou indirectement par les tiers sur les comptes bancaires des personnes physiques rémunérées par leur entremise ».

Une mesure qui présenterait selon l’élu frondeur l’avantage de faciliter la déclaration de ces revenus pour les particuliers, censés être imposés au titre des bénéfices industriels et commerciaux, comme l’a rappelé Christian Eckert : « Les revenus perçus grâce à l’utilisation des plateformes qui proposent des locations temporaires, ou autres, sont déjà imposés. Ce fait est méconnu », a-t-il regretté.

Pour en savoir plus sur l’imposition des revenus : Airbnb, Housetrip : quels revenus dois-je déclarer ?

Pas de franchise de 5.000 euros

Le rôle des plateformes collaboratives ne se limiterait pas au transfert de ces données. Elles seraient également chargées de mieux informer leurs usagers des conditions d’imposition de leurs revenus, « ce qui n’est pas le cas actuellement », a avancé le secrétaire d’Etat au Budget.

Examinée au Sénat dans le cadre du Budget pour 2016, l’imposition de ces revenus pourrait faire l’objet d’une franchise de 5.000 euros, comme préconisé dans un rapport présenté par des élus de la Chambre Haute en septembre dernier. Un avantage que « ne souhaite pas maintenir » Christian Eckert. Ce dernier entend ainsi travailler sur la mesure et la peaufiner pour l’intégrer au Budget pour 2016 lors de la deuxième lecture du texte. « Il faudra probablement aller plus loin que ce que nous proposons à ce stade », a-t-il expliqué dans l’Hémicycle.