Défiscalisation : comment les Sofica limitent le risque en 2014


La souscription de parts de Sofica fait l'objet de critiques pour son rendement aléatoire. Mais la baisse de l'avantage fiscal en 2012 pourrait paradoxalement présenter un effet bénéfique pour les contribuables, ces sociétés ayant aujourd'hui recours à la technique de l'adossement. Explications.  

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Les Sofica sont-elles arrivées à maturité ? Alors que les douze sociétés de financement du cinéma et de l’audiovisuel ont jusqu’au 31 décembre 2014 pour atteindre leurs objectifs de collecte, les contribuables en quête de défiscalisation peuvent décemment s’interroger sur l’opportunité de souscrire des parts de Sofica. Ces dernières souffrent en effet d’une image sulfureuse auprès des particuliers, principalement en raison de leurs rendements incertains.

Investissements adossés

Mais un retour en grâce de cet investissement dans le cinéma n’est pas à exclure. « En 2014, l’investisseur prend moins de risques qu’en 2008 », confiait récemment à Toutsurmesfinances.com Baptiste Coelho, directeur administratif et financier de Backup Media, qui propose cette année à la souscription la Sofica B Media 2014. Plus qu’un argument pour rassurer les potentiels investisseurs, ce spécialiste pointe une évolution majeure dans la gestion des Sofica. Ces sociétés couvrent de plus en plus leurs investissements en recourant systématiquement à l’adossement. Le principe ? « C’est la société de production sur laquelle vous vous adossez qui s’engage à vous rembourser, explique Olivier Cahané, cofondateur d’OCP Finance, qui commercialise la Sofica Cinéventure pour la première année en 2014. Cette poche est complètement sécurisée. »

Pour garantir ses investissements, une Sofica peut ainsi décider de passer « un accord avec une société qui s’engage à racheter une partie des investissements à un prix convenu à l’avance », précise le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Le risque est donc limité puisque la partie adossée des investissements, comprise entre un minimum de 30% pour les Sofica A Plus Image 6 et La Banque Postale Image 9 et un maximum de 49% pour Cofimage 27, n’est exposée qu’à un seul risque, celui de défaut de la contrepartie. Un danger somme toute limité au vu des sociétés d’adossement, qui sont généralement des acteurs « disposant d’une forte puissance de marché » selon le CNC.

Baisse de l’avantage fiscal

En 2014, la part d’investissements adossés des Sofica agréées se monte à 41% du total. Deux ans plus tôt, en 2012, elle était inférieure à 23%, sachant que trois sociétés ne pratiquaient à l’époque aucun adossement. Comment expliquer la montée en puissance de ces investissements sécurisés ? Pour Hugues de Chastellux, la raison de cette évolution est simple et tient en quelques mots : la réduction d’impôt. « La conjoncture fiscale étant ce qu’elle est, on ne peut plus fonctionner sans un minimum d’adossement », déplore le gérant des Sofica Manon et des investissements des Sofica La Banque Postale Image.

La baisse de la réduction d’impôt accordée pour la souscription de parts de Sofica, de 43 à 36% en 2012, a en effet eu un impact sur la rentabilité des sociétés, cette dernière étant exclusivement tirée de la réduction d’impôt. « C’est sur la réduction fiscale accordée au souscripteur que repose la performance du placement », confirme l’Union financière de France, banque spécialisée dans le conseil en gestion de patrimoine et leader du secteur avec 15 millions d’euros distribués sur la campagne de défiscalisation 2014-2015.

L’investisseur a le choix

Le coup de rabot sur l’avantage fiscal des Sofica, s’il peut paradoxalement s’avérer bénéfique pour la sécurité des investisseurs, affecte tout de même leur rendement à la baisse. « Plus vous êtes adossé, moins vous prenez de risque et avez de chance d’avoir du rendement », admet d’ailleurs Olivier Cahané. « La perspective de gain est amoindrie mais la perspective de perte n’a rien à voir », abonde Baptiste Coelho.

« Offrir un crédit à 0% à UGC, Gaumont ou Pathé n’a aucun intérêt, peste pour sa part Hugues de Chastellux. Plus d’adossement, c’est moins d’investissement à risque. L’intérêt, c’est de gagner », plaide-t-il.

Pour autant, avec 12 Sofica sur le marché en 2014, les souscripteurs ont un éventail de choix assez large pour que leurs investissements répondent à leurs attentes. Pour le directeur de l’offre financière de l’UFF, José Fernandez, « c’est l’investisseur qui fait son choix, qui décide de sécuriser au détriment du rendement ou de prendre un peu plus de risque ». Avec cinq Sofica proposées (Cinémage, Indéfilms, Sofitvciné, A+ Image, Cinéventure) et un taux d’adossement compris entre 30 et 45%, les clients de l’UFF peuvent ainsi arbitrer en fonction de leur aversion au risque. Un risque qui reste malgré tout présent, puisque le Centre national du cinéma et de l’image animée impose aux Sofica un minimum de 50% d’investissements non adossés pour financer le cinéma indépendant.