Impôts 2014 : comment payer le moins possible


Tous les ans, c'est la même rengaine. Impossible d'y échapper, vous devez vous acquitter de l'impôt sur le revenu. Cependant, il est possible d'optimiser votre déclaration de revenus afin de payer juste ce qu'il faut. Nos conseils pour réduire la facture fiscale.  

Pour payer le moins d'impôt possible, la première étape est de vérifier les informations pré-remplies par le fisc

En matière de fiscalité, n’écoutez pas les mauvais conseils de votre beau-frère ou de votre père. Chaque cas est unique. Alors prenez le temps de remplir avec soin votre déclaration de revenus. Le point sur les erreurs courantes, les corrections à effectuer… et toutes nos astuces pour optimiser au maximum votre déclaration.
 

Les erreurs à éviter…

Avant de penser à optimiser votre déclaration, soyez rigoureux ! Parmi les bévues les plus courantes, Arnaud Granger, avocat fiscaliste du cabinet Avoconseil, a noté que les personnes ayant été en congés maladie ou de maternité déclarent souvent un excédent qu’ils n’ont pas perçu et subissent une surimposition. « Les indemnités versées par l’assurance maladie sont reportées en détail en page 2 de la déclaration de revenus », stipule l’avocat. Parfois, l’organisme de santé vous envoie un décompte des sommes versées à votre entreprise. « C’est une erreur de synchronisation », poursuit-il. N’ajoutez pas ces sommes dans votre déclaration de revenus de façon à déclarer seulement ce que vous avez réellement perçu et pas plus. Pour être sûr de soi, c’est simple : faites le calcul à partir de vos fiches de paie de 2013.
 

Autre difficulté : les crédits d’impôt liés à la réalisation de travaux de rénovation énergétique dans votre résidence principale. « Veillez à ce que votre prestataire fasse bien apparaître sur votre facture la marque et la performance énergétique des matériaux installés, conseille l’avocat. En cas de contrôle, sans ces deux informations, ce justificatif sera jugé irrecevable par l’administration fiscale. » Ne prenez pas cela à la légère, « quasiment tous mes clients qui ont bénéficié d’un crédit d’impôt se sont systématiquement fait contrôler », raconte Arnaud Granger. Enfin, veillez à ne pas dépasser le plafond pluriannuel de 16.000 euros pour un couple sur 5 ans.
 

… et celles à corriger !

« La déclaration pré-remplie évite les erreurs courantes notamment sur les salaires et les revenus bancaires », indique Arnaud Granger. Ce qui ne doit pas vous empêcher d’y porter un regard attentif. Par exemple, si vous remarquez une erreur en votre faveur… corrigez-là. « Certains clients sont un peu joueurs et ils se font systématiquement rattraper par l’administration fiscale, rapporte l’expert. Ils subissent alors un redressement, assorti d’une majoration de 10% et des pénalités de retard. Sachez qu’il existe de multiples contrôles car aujourd’hui, tout est informatisé. » Pour corriger une erreur, rien de plus simple, il vous suffit de la barrer et de remplir la case située en dessous avec le bon montant.
 

« Faites attention lorsque vous recevez votre déclaration pré-remplie, l’administration fiscale ne connaît pas toujours votre statut, prévient Olivier Rozenfeld, président de Fidroit, société de conseil des professionnels du patrimoine. Si vous êtes étudiant ou apprenti par exemple et que cela n’est pas mentionné sur votre déclaration, c’est à vous de vérifier et de pratiquer l’abattement auquel vous avez droit. » Pour autant, vous n’êtes pas obligé d’utiliser l’avantage fiscal auquel vous êtes éligible. Vous avez le droit de déclarer l’ensemble de vos revenus pour profiter d’aides comme la prime pour l’emploi par exemple. « Choisissez l’option qui vous coûte le moins afin d’optimiser vos revenus », encourage Arnaud Granger.
 

Cocher toutes les cases

Si vous avez des enfants scolarisés, n’oubliez pas d’indiquer leur niveau d’étude sur votre déclaration. Cette information n’est pas pré-remplie. Elle vous permet de bénéficier d’une réduction d’impôt liée aux « frais de scolarité ». Les montants accordés seront déterminés en fonction de leur niveau d’étude : pour un collégien, le montant de la réduction s’élève à 61 euros, pour un lycéen elle est de 153 euros et de 183 euros pour un étudiant.
 

Vous avez été généreux au cours de l’année 2013 ? Le fisc vous le rend bien. Tout don donne droit à une réduction d’impôt de 66% ou de 75% du montant versé à l’association. « Par méconnaissance des règles fiscales, les contribuables ont tendance à reporter systématiquement les sommes versées dans la mauvaise case de leur déclaration de revenus et bénéficient d’une réduction moindre, indique Arnaud Granger. Sachez que vous pouvez profiter de la réduction à 75% dès lors que vous faites un don à un organisme qui aide les personnes en difficulté, comme les Restos du cœur. » Soyez attentifs, ne vous privez pas de quelques euros supplémentaires, surtout que l’attestation de don remise par l’association mentionne généralement le montant de la réduction à laquelle vous avez droit.
 

Si vous avez assumé seul la charge d’un enfant pendant au moins 5 ans, n’oubliez pas de cocher les cases T et L (en page 2) pour obtenir une majoration d’une demi-part fiscale supplémentaire en tant que parent isolé (célibataires, veufs et veuves, divorcé(e)s).
 

Vous avez travaillé ? Vous pensez avoir droit à la prime pour l’emploi ? Alors cochez la case 1AX (page 5), car ce n’est pas pré-rempli sur votre déclaration. « Si vous êtes à temps partiel, il faut mentionner en plus les heures effectuées », précise Arnaud Granger.
 

Réduire son impôt en couple

Marié ou pacsé dans l’année ? Déclarez vos revenus ensemble. Objectif : faire en sorte que celui qui gagne le plus paie moins d’impôts grâce à l’effet du quotient conjugal. Très clairement, l’avantage est maximal lorsque seulement un des deux conjoints travaille. Mais lorsque les deux partenaires perçoivent les mêmes revenus, aucun avantage n’en est retiré. Vous pouvez aussi la jouer « perso » et déclarer vos revenus séparément, mais vous n’en avez le droit que la première année. Faites une simulation sur impôts.gouv.fr pour savoir ce qui est le plus bénéfique pour vous.
 

Vos enfants valent de l’or

Votre enfant peut vous rapporter gros ! Depuis que le plafond du quotient familial a été raboté à 1.500 euros cette année (contre 2.000 euros l’an passé), il n’est pas toujours avantageux de rattacher automatiquement son enfant majeur au foyer fiscal. Si vous lui versez une aide financière (pension alimentaire, aide pour payer le loyer…), détachez le de votre foyer fiscal et déduisez les sommes versées durant l’année 2013, dans la limite de 3.386 euros sans justificatif et jusqu’à 5.698 euros avec justificatifs. « Si vous versez une pension alimentaire à votre enfant et que votre tranche marginale d’imposition s’élève par exemple à 30%, l’avantage du détachement est de 1.709 euros, réduction supérieure au montant de la demi-part pour un enfant (1.709 > 1.500 euros) », explique Arnaud Granger. L’avocat recommande de verser la pension alimentaire ou les aides par chèques ou virements et non en espèces pour avoir des preuves en cas de demande du fisc. Un avantage indéniable, surtout que vous n’êtes absolument pas lié par un choix définitif. En d’autres termes, vous pouvez détacher votre enfant une année, et le rattacher à votre foyer fiscal l’année suivante.
 

Cas particulier : si votre enfant est étudiant et jeune marié, « privilégiez la déduction au rattachement, conseille Olivier Rozenfeld, président de Fidroit. Vous pourrez déduire la pension que vous lui versez en fonction du nombre de parts qui compose son foyer (déduction de 5.698 x 3 parts par exemple). » Attention tout de même à bien s’entendre avec les parents du conjoint. Seule une des deux familles peut bénéficier de cet avantage.
 

Nounou, jardinier, aide à domicile … ils vous rapportent gros

Surmenés, vous avez fait appel à une aide à domicile ? « Vous avez droit à un crédit d’impôt à hauteur de 50% des sommes engagées dans une limite de 12.000 euros, explique Olivier Rozenfeld. Deux situations possibles : soit vous êtes passé par un organisme qui vous adresse une facturation avec le montant à déduire, soit vous êtes l’employeur direct et c’est à vous d’établir cette facturation. » Pour y parvenir, rendez-vous sur le site www.cesu.urssaf.fr

 

Non imposable ? Déclarer ses revenus… pour économiser de l’argent

Toute personne (majeure, sauf en cas de rattachement) a l’obligation de déclarer ses revenus même si elle n’en n’a perçu aucun ou qu’elle est non-imposable. « Il faudra inscrire alors néant sur la déclaration », avance Arnaud Granger. Si vous ne le faites pas, l’administration peut réaliser une estimation des sommes imposables afin de vous soumettre à l’impôt. A charge pour vous de prouver le contraire.

« En déclarant ses revenus en étant non-imposable, vous profitez d’avantages fiscaux, rappelle l’avocat. Vous pouvez obtenir une bourse si vous êtes étudiant ou encore des aides au logement. Pour y avoir droit, il faudra présenter son avis de non-imposition adressé par le fisc. » Autre bénéfice, et pas des moindres : l’avis de non-imposition donne droit à un dégrèvement partiel de la taxe d’habitation. « En moyenne à hauteur d’un tiers du montant, précise l’expert en droit fiscal. Dans ce cas-là il n’y a pas de justification à fournir, le fisc fait le calcul automatiquement. » Et les avantages ne s’arrêtent pas là : il en existe bien d’autres…