Impôts locaux : « Hausse modérée en 2015 »


INTERVIEW – Dans les villes de plus de 100.000 habitants, les taux de taxe d'habitation et de taxe foncière ont connu une augmentation de 1,8% en moyenne en 2015. C'est à Toulouse, Lille, Lyon et Bordeaux qu'ils augmentant le plus, selon l'observatoire sur la fiscalité 2015 du Forum pour la Gestion des Villes.  

Impôts locaux : +1,8% en moyenne dans les grandes villes en 2015

Toutsurmesfinances.com : Alors que l’accalmie semble se confirmer pour l’impôt sur le revenu, on entend souvent que les impôts locaux sur les ménages ne cessent d’augmenter. Mythe ou réalité ?

Nicolas Laroche, délégué général du Forum pour la Gestion des Villes : On note pour 2015 un recours relativement modéré au levier fiscal par les collectivités locales. Certaines ont eu recours à des hausses d’impôt mais l’inflation constatée est raisonnable par rapport à ce que l’on aurait pu craindre dans un contexte post-électoral, traditionnellement propice au recours au levier fiscal, et de baisse des dotations versées aux collectivités locales (-1,45 milliard d’euros en 2015, NDLR).

Quelles augmentations des taux de taxe d’habitation et de taxe foncière avez-vous relevé pour 2015 ?

Globalement, le bloc communal, incluant les villes de plus de 100 000 habitants et leurs intercommunalités, enregistrent une hausse moyenne de 1,8% des taux de taxe d’habitation et de taxe foncière pour 2015. En 2009, année suivant les élections municipales de 2008, l’augmentation des taux avait été de 5,1%.

Il s’agit d’une moyenne. La hausse est-elle générale ?

Cette évolution cache des disparités. 63% des territoires des grandes villes affichent une stabilité ou une baisse du taux des taxes sur les ménages.

Comment expliquer cette modération ?

De nombreux maires ayant gagné les élections avaient fait campagne sur la nécessité de maintenir les taux, un certain nombre s’étant même engagés à les diminuer. Je pense notamment à Caen et à communauté d’agglomération, où les taux ont diminué globalement de 0,8% par rapport à 2014.

Il y a une deuxième explication que l’on soulève rarement : 2015 est de nouveau marqué par des élections locales, départementales en mars et régionales en décembre. Or un certain nombre de candidats sortants sont également des élus municipaux, ce qui a certainement contribué à la modération.

Il y a en revanche quelques exceptions dans certaines agglomérations, au grand dam des contribuables concernés…

Nous constatons une hausse conséquente de la fiscalité locale sur les ménages à Toulouse, de 12,3%, mais aussi à Lille (+8,8%), Lyon (+5%) et Bordeaux (+4,3%) en cumulant l’évolution dans ces villes et dans leur agglomération. Attention également au transfert de fiscalité de la ville vers l’intercommunalité. Si, à Brest, les taux ont été réduits de 0,8%, ceux de l’agglomération ont été majorés de 2%.

Et du côté des départements ?

En 2015, 89% des départements ont fait le choix de laisser inchangés leurs taux d’imposition à la taxe foncière. Jamais depuis 10 ans autant de départements n’ont opté pour la reconduction de leur taux.