Intérêts de placements : « Possible de profiter d’un taux d’imposition de 24% »

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INTERVIEW – Dividendes et intérêts des produits de placement sont pré-remplis dans la déclaration de revenus 2014, mais pas les plus-values. Dans tous les cas, la vigilance s'impose. Pascale Micoleau-Marcel, déléguée générale de l'association d'intérêt général La finance pour tous, revient sur les erreurs à ne pas commettre.

Pascale Micoleau-Marcel, déléguée générale de l’association La finance pour tous

 

Toutsurmesfinances.com : Quels sont les pièges à éviter pour les épargnants qui remplissent leur déclaration de revenus 2014 ?
Pascale Micoleau-Marcel : La déclaration des revenus de placements n'est pas très compliquée. Les dividendes et intérêts, que ce soient des revenus de livrets fiscalisés ou des rachats sur des contrats d'assurance vie, sont pré-remplis dans le formulaire classique de déclaration 2042. Toutes ces informations sont déjà renseignées par les banques et le contribuable doit seulement les vérifier avec l'imprimé fiscal unique (IFU) qui lui a été transmis par sa ou ses banques. Mais les erreurs, comme les oublis, sont possibles. En cas de doute sur des montants importants, il est possible d'interroger sa banque ou sa compagnie d'assurance. Certaines banques proposent aussi à leurs clients dits patrimoniaux des relevés très complets chaque année voire chaque trimestre, mais ce service est payant.

Le formulaire 2042 contient-il toutes les informations sur les revenus des contribuables ?
S'il a réalisé des plus-values, c'est-à-dire un gain sur la vente d'actions par exemple, un épargnant doit inscrire ces montants dans la rubrique « Plus-values de cession de valeurs mobilières, droits sociaux et gains assimilés » en page 3 de sa déclaration. Il doit appliquer les abattements en vigueur pour les plus-values générées en 2013, qui varient selon la taille de l'entreprise et la durée de détention des titres. Cet abattement atteint un maximum de 85% pour des actions de PME (petites et moyennes entreprises, NDLR) au-delà de 8 ans de détention et 50% entre 1 et 4 ans. Ces taux se limitent à 50% pour les plus-values de cession d'actions d'entreprises plus importante et d'OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières, NDLR) entre 2 et 8 ans et 65% au-delà.

De même, si vous avez subi des moins-values de cession de valeurs mobilières par le passé, il faut savoir qu'elles sont déductibles des plus-values de même nature réalisées en 2013. Un contribuable peut imputer les moins-values sur ses gains sur une période de 10 ans, et ce tant que les moins-values n'ont pas été totalement épongées. La déduction doit être effectuée par le déclarant lui-même. Ces moins-values n'ont pas à être justifiées mais vous devez en conserver la preuve au moins 3 ans en cas de contrôle de l'administration fiscale, voire 10 ans si on compte les déduire sur 10 ans.

Une déclaration de plus-value ou de moins-value doit être remplie parallèlement, en utilisant le formulaire 2074 ABT si les abattements pour durée de détention n'ont pas déjà été calculés par votre établissement financier ou le 2074 dans tous les autres cas de figure.

La fiscalité de certains placements est alourdie cette année. Est-il possible d'y échapper ?
La fiscalité des intérêts et dividendes a été durcie sur les revenus de 2013 à déclarer en 2014. Les prélèvements forfaitaires libératoires (PFL), de 21% pour les dividendes et 24% pour les intérêts, ont été supprimés et remplacés par une imposition au barème de l'impôt sur le revenu, ce qui est pénalisant pour les contribuables fortement imposés. Tous les revenus de placements, excepté les rachats sur des contrats d'assurance vie, sont donc imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Cependant, les foyers fiscaux dont les intérêts (livrets bancaires, comptes à terme, coupons d'obligation...) en 2013 sont inférieurs à 2.000 euros peuvent encore bénéficier d'une imposition au taux de 24%. Pour cela, ils doivent rayer leurs revenus déjà inscrits en case 2TR et les reporter dans la cellule 2FA, « Produits de placement à revenu fixe inférieurs à 2.000 € taxables sur option à 24 % ».

L'option pour le PFL est-elle toujours intéressante ?
Attention, ce choix doit être réfléchi car il n'est pas forcément avantageux : il convient seulement aux contribuables dont le taux marginal d'imposition est supérieur à 24%. Il ne faut surtout pas opter pour ce mode d'imposition si votre tranche maximale d'impôt est inférieure, de 5,5 ou 14%. Pour ne pas se tromper, la méthode la plus simple consiste à effectuer une simulation sur le site impots.gouv.fr en inscrivant la totalité de ses revenus. De cette manière, vous obtiendrez votre taux marginal d'imposition et déciderez d'opter ou non pour une imposition de vos intérêts à 24%.

 

Sur la déclaration 2014 des revenus 
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