Le gouvernement veut lutter contre les paradis fiscaux


A l’initiative de la France, 17 pays se sont réunis le 21 octobre 2008 au Ministère des Finances afin de lutter contre les paradis fiscaux, la fraude et l’évasion fiscale. Des comportements qui « portent atteintes à notre souveraineté » a justifié le ministre du budget Eric Woerth.

Le groupe veut mettre en place des mesures de rétorsions. Un nouveau recensement des paradis fiscaux doit voir le jour au printemps : « avec une liste noire des pays qui ne jouent pas la transparence, et une liste verte de ceux qui font des efforts » a expliqué Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances.

Les pays participants entendent ne pas signer de conventions fiscales avec ces Etats. Au niveau européen, la Commission doit se pencher sur une extension de la directive épargne, qui prévoit que les transactions transfrontalières face l’objet de transparence (identité, montant des intérêts…). Plus de pays et de produits bancaires devraient y figurer.

« Pas d’amnistie » a aussi affirmé Eric Woerth, concernant les éventuels fraudeurs qui seraient tentés de revenir en France. « Et les banques françaises qui bénéficient d’un soutien national devront clarifier leurs positions sur les paradis fiscaux. »

Un discours offensif qui risque néanmoins de se heurter à la réalité, puisque quatre pays n’ont pas répondu à l’appel : la Suisse, l’Autriche, le Lichtenstein, et surtout le Luxembourg, dont le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, préside l’Eurogroupe jusqu’à la fin de l’année.