Libération fiscale : les Français travaillent pour eux à partir du 29 juillet

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A partir du 29 juillet 2015, les Français travailleront symboliquement pour « eux » et non plus pour l'Etat. Cette « libération fiscale » intervient un jour plus tard que l'année passée, la faute à des prélèvements obligatoires élevés. Mais une grosse partie est reversée indirectement aux ménages. Explications.

La libération fiscale intervient le mercredi 29 juillet 2015

Quand les Français travailleront-ils pour eux ? Cette année, la « libération fiscale »*, à savoir le jour où le revenu perçu ne sert plus à payer des impôts et des cotisations, intervient le mercredi 29 juillet 2015. Soit un jour de plus que l'année passée, selon une étude dévoilée le 27 juillet par le think tank libéral l'Institut économique Molinari.

Le constat dressé par l'institut n'est pas tendre avec l'Hexagone. « La pression fiscale et sociale française continue d'augmenter en 2015, en dépit des appels répétés à la « pause » fiscale », déplorent les auteurs de l'étude. Ainsi, un employeur doit désormais débourser en moyenne 235 euros pour que son salarié dispose d'un pouvoir d'achat de 100 euros, toujours selon l'Institut Molinari : « C'est deux euros de plus que l'an passé et cinq euros de plus qu'en 2010. » Au sein de l'Union européenne (UE), cette moyenne descend à 187 euros. Conséquence de cette pression fiscale, la France, classée 4ème en terme de rémunération salariale au sein de l'UE, dégringole à la 11ème place pour le pouvoir d'achat réel. Alors qu'un employeur débourse en moyenne 55.805 euros, le salarié ne touche in fine que 23.702 euros, une fois les charges, les impôts et la TVA déduits.

En cause, un taux de prélèvements obligatoires (impôt sur le revenu, charges sociales et TVA) élevé, qui se monte à 57,53%, en progression de 0,36 point. Cette pression fiscale s'explique par 88% de charges (patronales et salariales), 7% d'impôt sur le revenu et 5% de TVA.

L'Etat reverse une grande partie des taxes prélevées

Pour le think tank, « la limitation de ces charges devraient être un sujet prioritaire » alors qu'une « grande partie des débats sur les questions fiscales et sociales tourne autour de l'impôt sur le revenu : est-il assez redistributif, est-ce normal que la moitié des ménages en soit exonérée, les niches fiscales sont-elles légitimes ? » L'institut reste ainsi sceptique sur la mise en place du prélèvement à la source prévue en 2018. Et il ne s'arrête pas là. Pour lui, le « modèle sociale français » s'essouffle. « En dépit d'un salaire proche à celui des Pays-Bas, de la Suède ou du Danemark, le salarié moyen français dispose d'un pouvoir d'achat bien moindre. [...] Pourtant, le salarié français jouit de services publics et d'une protection sociale très comparable à ces pays du Nord. »

Il ne faut toutefois pas oublier que la majeure partie des prélèvements obligatoires est reversée aux ménages et aux entreprises sous la forme d'aides, de crédit d'impôt, de prestations sociales... Par ailleurs, l'Etat français finance bon nombre de services publics, parmi lesquels l'enseignement ou encore les hôpitaux. Sans quoi, les contribuables devraient supporter cette dépense. Enfin, l'économiste Henri Sterdyniak pointait déjà en 2013 les différences de revenus entre les foyers fiscaux, qui brouillent le calcul. Une famille qui touche le SMIC et profite d'aides sociales est faiblement imposée, voire pas du tout. Inversement, une famille plus riche se verra imposée dans des proportions qui ne sont pas comparables.Si on tient compte de ces faits, la libération fiscale aurait lieu plutôt en mars qu'en juillet.

Et chez nos voisins européens ?

A titre de comparaison, seule la Belgique devance la France en matière de pression fiscale. La plupart des salariés européens sont libérés fiscalement au cours du mois de juin, comme les Espagnols (le 7), les Suédois (le 21) ou encore les Luxembourgeois (le 2). En juillet, les salariés italiens le sont le 2, les Allemands le 10, les Grecs le 14. Chypre demeure le pays le moins imposé, libre fiscalement dès le 31 mars. Soit 10 jours plus tard que l’année précédente, le taux de prélèvements obligatoires ayant grimpé de 2,55%.

 

*Le jour de libération fiscale est calculé via le taux de pression fiscale, soit la part des revenus du contribuable dévolue au paiement de l'impôt sur le revenu, des charges (sociales et patronales) et de la TVA. On rapporte ensuite ce taux au nombre de jours dans l'année. On obtient ainsi le jour où les contribuables travaillent symboliquement pour « eux » et non plus pour l'Etat.

 

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