Nicolas Sarkozy plaide pour une baisse d’impôts massive


L'ancien président de la République a présenté les grandes lignes de son programme économique et fiscal aux Echos. Principaux axes : des mesures rapides et une diminution de 10% de l'impôt sur le revenu, soit 7 milliards d'euros.  

La France pour la vie, de Nicolas Sarkozy, paru le 25 janvier 2016

La fiscalité est au cœur du programme économique de Nicolas Sarkozy. L’ex-chef de l’Etat a plaidé dans une interview accordée au journal Les Echos pour un « contre-choc fiscal » s’articulant autour de mesures d’ampleur, emblématiques et mises en œuvre dès le début de son mandat, s’il gagne l’élection présidentielle de 2017.

Vote dès l’été 2017

« Il faut faire redémarrer la machine économique au plus vite. Un programme de baisse d’impôts et de charges sociales d’au moins 25 milliards d’euros devra être voté dès l’été 2017 », clame le président des Républicains.

Dans le détail, l’ancien président de la République propose une baisse de 10% de l’impôt sur le revenu (IR). « Cette baisse, votée à l’été, bénéficierait à tous les contribuables pour leur impôt payé en 2018, soit 7 milliard d’euros rendus aux Français », précise Nicolas Sarkozy, en omettant de préciser que ce geste ne bénéficierait qu’à un foyer sur deux, la moitié des contribuables étant non imposables.

Pour l’ancien locataire de l’Elysée, diminuer l’IR immédiatement est « plus urgent » que la remise en cause de l’abaissement du plafond du quotient familial mis en œuvre en deux temps par François Hollande. Autre priorité affichée : une réduction de 1 milliard d’euros des charges qui pèsent sur l’emploi à domicile, alors que l’actuel gouvernement vient déjà de prendre une mesure dans ce sens.

Revenir sur l’alignement de la fiscalité du capital et du travail

Du côté de la fiscalité du capital, Nicolas Sarkozy appelle à revenir sur l’assujettissement des plus-values au barème de l’impôt sur le revenu entré en vigueur en 2013. « L’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail décidée par François Hollande en 2012 a été une profonde erreur économique qu’il faudra corriger. Cet alignement est contradictoire avec le besoin d’encourager l’investissement », argue l’ancien chef de l’Etat.

Enfin, il a renouvelé sa proposition de mettre un terme à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). « Il est indispensable de faire revenir en France l’argent dont nous avons besoin pour développer notre économie », estime-t-il, précisant qu’une telle mesure serait votée dès l’été 2017.

Le ministre des Finances Michel Sapin a rapidement réagi, estimant que ces dispositions étaient synonymes du « retour du laxisme budgétaire ». Pour lui, le fait de financer des baisses d’impôts immédiates par des économies de dépenses à venir aura pour seule conséquence de faire grimper la dette publique.