Pour l’OFCE, le jour de libération fiscale « n’a aucun sens »

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Sur le blog de l'OFCE, l'économiste Henri Sterdyniak met à mal la théorie du jour de libération fiscale avancée par plusieurs instituts. Il estime que cette notion n'intègre pas suffisamment le rôle de l'Etat et l'importance de la redistributivité du système français.

L'économiste Henri Sterdyniak n'est pas d'accord avec le concept de jour de libération fiscale. Sur le blog de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le directeur du Département économie de la mondialisation de ce centre de recherches de Sciences-Po Paris s'est fendu d'un billet peu flatteur à l'égard de l'association Contribuables associés et de l'Institut Molinari, deux think tank d'obédience libérale qui ont récemment mis en avant la notion du jour de libération fiscale, c'est-à-dire la date à partir de laquelle le contribuable a fini de payer ses impôts. Pour lui, « prétendre que nous travaillons sept mois pour l'Etat n'a-t-il aucun sens ».

Alors que l'Institut Molinari prend en compte les charges sociales patronales , salariales, l'impôt sur le revenu et la TVA pour déterminer la date du 26 juillet, Henri Sterdyniak estime que cette analyse ainsi que celle de l'association Contribuables associés « souffrent malheureusement de trois défauts ». « Ils oublient d'abord que l'Etat est aussi un producteur. (...) L'enseignante, l'infirmier, l'aide-soignante, les gardes maternelles, l'éboueur... fournissent des services aux ménages. Si ceux-ci n'étaient pas fournis par l'Etat, les collectivités locales ou les hôpitaux, les ménages devraient les payer », explique dans un premier temps l'économiste.

 

Une vision incomplète

De plus, ces études oublient, selon lui, « qu'une partie importante des dépenses publiques sont des transferts aux ménages », citant tour à tour les retraites, les prestations familiales, les indemnités maladie-maternité-chômage ou encore le revenu de solidarité active. Revenant sur les cotisations pour la retraite, Henri Sterdyniak rappelle que le salarié moyen profite en moyenne de 22 années de pensions et que « quel que soit le système, il doit travailler durant sa période d'activité pour financer ses années de retraite », travaillant pour les générations précédentes et la sienne.

Enfin, l'économiste souligne les différences de revenus entre foyers fiscaux qui mettent à mal le concept de libération fiscale. Ainsi, une famille touchant le SMIC et bénéficiant des aides sociales telles que le RSA activité et les allocations logement est faiblement imposée, voire profite d'un taux d'imposition « négatif si on considère que les cotisations retraites et chômage ne sont pas des impôts mais constituent des salaires différés ». Inversement, une famille plus riche sera imposée dans des proportions peu comparables.

 

 

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