Réduire son impôt 2020 : le compte à rebours de la défiscalisation est lancé


Les contribuables qui souhaitent réduire leur impôt sur le revenu en 2020 doivent agir avant le 31 décembre 2019. Attention à ne pas trop traîner sous peine de devoir attendre une année supplémentaire pour faire baisser votre facture fiscale.  

Défiscalisation : la date du 31 décembre 2019 fait foi

Le compte à rebours est lancé pour la défiscalisation 2019-2020. Pour diminuer le montant de votre impôt sur le revenu en 2020, il ne faut plus plus attendre. Les contribuables qui n’auront toujours pas fait le nécessaire d’ici le 31 décembre 2019 en seront quitte pour une année supplémentaire.

Pour les contribuables qui ne font pas partie des plus prévoyants – qui n’appartiennent pas à la catégorie des personnes ayant opté pour la capitalisation des revenus tout au long de l’année au lieu de leur perception, par exemple en épargnant sur leur contrat d’assurance vie ou en ouvrant un plan d’épargne en actions (PEA) – pas de panique pour autant. Il est encore temps d’agir.

Faire le bilan de ses crédits et réductions d’impôt

Avant de se lancer dans une opération de défiscalisation, il faut bien penser à prendre en compte les dépenses engagées tout au long de l’année qui donnent droit à un avantage fiscal. C’est par exemple le cas en cas d’emploi d’un salarié ou d’une aide à domicile. Ce crédit d’impôt égal à 50% des dépenses est en effet intégré au plafonnement global des niches fiscales de 10.000 euros.

Dès lors que l’on s’approche de cette limite, il est nécessaire de calibrer ses investissements très finement pour ne pas « défiscaliser dans le vide ». Autrement dit, au-delà de 10.000 euros d’avantages fiscaux annuels soumis au plafonnement, la dépense effectuée sera sans effet.

A moins de recourir à dispositif soumis au plafond majoré (18.000 euros pour la défiscalisation outre-mer ou dans les Sofica) ou hors champ du plafonnement des niches fiscales.

Investir et défiscaliser dans la pierre à la dernière minute

Quand on cherche à défiscaliser au plus près, les SCPI fiscales peuvent s’avérer le produit idéal. Avec un ticket d’entrée limité à quelques milliers d’euros, elles permettent d’ajuster simplement le montant de l’investissement en fonction des besoins. De même, quand on bénéficie déjà de réductions d’impôt et que l’on approchez dangereusement le seuil des 10.000 euros d’avantages fiscaux, ce placement permet de défiscaliser « à l’euro près » sans excéder le plafonnement des niches fiscales. En dépit de cette souplesse, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un investissement de long terme (15 ans) et peu liquide avant de se lancer.

En matière de choix, quatre types de SCPI fiscales se présentent au contribuable : Pinel, Malraux, déficit foncier et même monuments historiques. Les premières octroient une réduction d’impôt dans des conditions similaires à un investissement locatif direct, les soucis de gestion locative en moins. Plus complexes, les SCPI Malraux sont à étudier au cas par cas, la puissance de l’avantage fiscal dépendant du poids des travaux engagés par la société de gestion. Atout non négligeable, l’économie d’impôt n’est pas soumise au plafond de 10.000 euros. Enfin, les SCPI de déficit foncier ne donnent pas droit à une réduction d’impôt pure et dure mais permettent de réduire vos revenus imposables (d’abord les revenus fonciers puis éventuellement le revenu global).

Pour aller plus loin : Tout savoir sur les différents types de SCPI fiscales

Attention toutefois, la souscription de parts de SCPI ne s’improvise pas le 31 décembre. C’est d’autant plus vrai si on a besoin d’un financement bancaire : pour le fondateur du portail MeilleureSCPI.com, Jonathan Dhiver, « il faut finaliser le dossier avant le 20 novembre ». Autre écueil potentiel, certaines banques financent uniquement leurs propres produits. « A partir du moment où votre surface financière est suffisante, il est tout de même possible d’obtenir gain de cause », tempère cependant Jonathan Dhiver.

A noter : A moins d’avoir déjà bien engagé le dossier, investir dans l’immobilier locatif en direct pour profiter de la réduction d’impôt Pinel au dernier moment n’est pas la voie à suivre, compte tenu des contraintes de temps notamment.
Notre dossier : Défiscalisation Pinel : s’y prendre au dernier moment, le mauvais plan

Investir dans les PME et payer moins d’impôt

Outre l’immobilier, tout contribuable dispose encore de plusieurs cordes à votre arc pour réduire votre impôt sur le revenu. Investir dans une PME en est une. En direct ou par l’intermédiaire de fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) ou de fonds d’investissement de proximité (FIP), on peut obtenir une réduction d’impôt de 18% des montants investis. Le plafond de dépenses éligibles se monte à 50.000 euros pour un célibataire (100.000 euros pour un couple) pour l’investissement direct au capital d’une PME, contre 12.000 euros (24.000 euros pour un couple) dans le cadre d’un FIP/FCPI.

Attention toutefois, cette solution n’est pas à la portée de tous. Outre respecter les critères d’éligibilité de la « petite entreprise en développement » (moins de 5 ans, moins de 50 salariés, 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel maximum), si vous souhaitez souscrire au capital d’une entreprise, « il vous faut une opportunité, prévient Erwan Grumellon, responsable de l’ingénierie patrimoniale chez SwissLife Banque Privée. C’est également un engagement réel vis-à-vis du chef d’entreprise ». « Si vous connaissez le dirigeant d’un point de vue professionnel, vous pourrez investir directement », abonde Eric Pichet, auteur du livre L’impôt sur le revenu 2019, théorie et pratiques et directeur du mastère patrimoine et immobilier de Kedge Business School. Dans le cas contraire, vous avez donc tout intérêt à passer votre chemin. Il faut donc prendre son temps pour sélectionner la bonne affaire, surtout que les levées de fonds de PME ne sont pas infinies… Pour bénéficier d’une présélection, on peut se rendre sur une plateforme de crowdfunding equity, mais ici encore, il faudra faire le bon choix dans les temps.

De même, quand on préfère mutualise le risque en sélectionnant un fonds comme un FIP ou un FCPI, on a tout intérêt à prendre le temps d’étudier chacun d’entre eux, leurs performances passées et surtout le montant de leurs frais. « Ils sont souvent importants, avertit Erwan Grumellon. En termes de performance, ça n’est pas toujours une bonne affaire. ». Pour bénéficier d’un taux de défiscalisation maximum (réduction d’impôt égale à 38% du montant investi), on peut aussi s’intéresser au FIP Corse.

Diversifier ses investissements et défiscaliser

Quand on n’est pas averse au risque, certains placements peuvent se révéler très intéressants. C’est notamment le cas des Sofica (sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel), les Sofica. En souscrivant des parts de ces fonds, non seulement on œuvre à soutenir le cinéma mais on bénéficiez d’une réduction d’impôt de 48% dans la limite de 18.000 euros investis. Mais attention, l’enveloppe globale des Sofica est plafonnée à un peu plus de 60 millions d’euros chaque année. Bien peu vu le nombre de candidats potentiels. Pour être sûr de ne pas rater cette opportunité, n’attendez donc pas trop longtemps.

A noter : Autre possibilité quand on en a les moyens, investir dans les forêts ou en Outre-mer avec le dispositif Girardin. Mais attention, les réductions d’impôt associées à ces mécanismes peuvent être très facilement remises en cause par l’administration fiscale.

Penser à soi avec l’épargne-retraite ou aux autres avec le don à une oeuvre

Pour allier défiscalisation et préparation de la retraite, l’épargne retraite est un levier très intéressant. Il est en effet possible de souscrire un plan d’épargne retraite (PER), un plan d’épargne retraite populaire (Perp), ou un contrat Madelin pour les travailleurs non-salariés, jusqu’au 31 décembre 2019 pour un effet sur l’impôt dû en 2020. D’ici cette date, on a l’opportunité d’effectuer des versements dans des limites sympathiques, puisque plafonnés à 31.785 euros pour le Perp et 74.969 euros pour le Madelin.

Autre possibilité, effectuer un don à l’association de son choix. Pour cela il suffit de se rendre sur le site internet de l’organisme en question et de donner une somme d’argent le 31 décembre 2019 au plus tard, en effectuant un versement par carte bancaire.

A lire également pour s’informer sur les moyens pour diminuer sa fiscalité :

Défiscalisation : Comment payer moins d’impôts ?
Défiscalisation : Les placements pour réduire son impôt sur le revenu