Sofica : « En 2014, l’investisseur prend moins de risques qu’en 2008 »


INTERVIEW – Les Sofica sont parfois pointées du doigt pour leur rendement aléatoire. Malgré la diminution de leur avantage fiscal, le directeur administratif et financier du groupe Backup Media, Baptiste Coelho, estime que le risque supporté par l'investisseur est plus modéré que par le passé.

Baptiste Coelho, directeur administratif et financier de Backup Media

Toutsurmesfinances.com : Dans le cadre de la campagne de défiscalisation Sofica* ouverte jusqu’au 31 décembre 2014. Backup Media propose à la souscription B Media 2014. Quels sont les avantages de ce produit ?
Baptiste Coelho, directeur administratif et financier de Backup Media : La souscription de parts de notre Sofica B Media 2014 octroie une réduction d’impôt sur le revenu de 36%. Outre cet avantage fiscal, B Media 2014 s’inscrit dans une politique d’investissement éprouvée au sein de Backup Media, qui a fondé 17 véhicules d’investissement en 9 ans, dont 11 en activité. Le souscripteur bénéficie ainsi de l’expertise de 11 personnes dédiées à la gestion de fonds d’investissement spécialisés dans l’acquisition de droits ou de portefeuilles de films qui doivent performer.

Par ailleurs, nos frais de gestion annuels sont, en volume, les plus faibles du marché. Ils se limitent à 2% TTC pendant les cinq premières années, ces frais étant nuls la dernière année. Nous considérons qu’un gérant d’une société de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel doit être partenaire de son souscripteur et encourager une sortie intéressante pour ce dernier.

Justement, quelles ont été les performances servies par les Sofica de Backup Media ces dernières années ?
Notre première Sofica, Coficup 1, a été agréée en 2005, suivie de Coficup 2 en 2006. Ces deux sociétés, qui ont été définitivement liquidées, ont offert des TRI [taux de rendement interne, NDLR] respectifs de 6,75% et 4,1%, en prenant en compte l’avantage fiscal. Il faut préciser que notre Sofica Coficup 2 a mis un peu plus de temps à être liquidée, d’où un TRI inférieur. Cela correspond aux meilleures liquidations publiées pour ces deux années.

Pour revenir à Coficup 1, un taux de rendement interne de 6,75% correspond à une sortie à 75% du capital nominal et à une réduction d’impôt de 48%.

« Les Sofica n’investissent plus de la même façon »

Cette réduction d’impôt est désormais limitée à 36% depuis 2012. Les contribuables sont-ils au rendez-vous ?
L’an passé, l’enveloppe globale de 63 millions d’euros allouée par le ministère de l’Economie et des Finances n’a pas été entièrement souscrite. Le produit a semble-t-il perdu de l’intérêt aux yeux des souscripteurs qui ne voient que la baisse de l’avantage fiscal, alors même que celui-ci reste un des avantages fiscaux les plus élevés et que l’investissement en Sofica n’entre pas dans le plafonnement des niches fiscales à 10.000 euros par foyer.

Il y une vraie pédagogie à faire depuis deux ans et la baisse de l’avantage fiscal car les investisseurs ont tendance à penser qu’avec un investissement à 36%, le résultat va être catastrophique. Il faut rappeler que les Sofica n’investissent plus de la même façon qu’il y a trois ans : le passage de 48% à 36% de réduction d’impôt a été accompagné par la plupart des gérants de Sofica d’une politique d’investissement adaptée, afin de compenser partiellement l’impact des rabots fiscaux sur la performance de la Sofica.

Que voulez-vous dire ?
Jusqu’en 2012, certaines Sofica n’étaient pas adossées et les investissements étaient exposés au risque à 100%. Aujourd’hui, les différentes Sofica signent des contrats d’adossement avec des sociétés à forte puissance de marché, qui s’engagent à racheter les droits acquis à leur montant d’acquisition au bout de cinq années. Le seul aléa est le risque de signature, c’est-à-dire de faillite de la contrepartie. Il est évidemment très faible.

Plus concrètement, 90% du capital de la Sofica B Media 2014 va être investi dans les douze mois suivant sa création, soit vraisemblablement d’ici février 2016. Notre part d’investissements adossés étant de 45% sur ces 90%, 40,5% du capital est sûr de revenir aux souscripteurs. Le solde sera placé dans des films, des séries télévisées et des films d’animation. Seule moins de la moitié du capital investi ne sera donc pas garantie.

Une personne qui investit en 2014 prend moins de risques qu’en 2008 en ce qui concerne notre Sofica B Media 2014 : la perspective de gain est amoindrie mais le risque de perte n’a rien à voir avec ce qu’il était il y a quelques années.

« L’arrivée de Netflix est une bonne chose pour les Sofica »

Quels sont les critères de Backup Media pour investir dans des œuvres et quelle est votre stratégie pour 2014 ?
Le principe est simple : lorsqu’un producteur recherche des financements, il s’adresse à tous les acteurs du marché. Chez Backup Media, nous recevons près de 1.000 projets par an, dont 150 à 200 font l’objet d’une étude par notre comité d’investissement Sofica. Ce comité, composé de membres de la société et de professionnels du secteur, comme des vendeurs internationaux, des distributeurs de films ou des directeurs marketing de grands groupes audiovisuels, évalue ensuite le potentiel de chacun d’entre eux.

Concernant la stratégie de Backup Media, notre expertise historique est portée par l’international. Nos premières Sofica étaient exclusivement orientées sur l’exploitation internationale de films. Ensuite, nous avons développé et géré une Sofica uniquement destinée à financer des œuvres d’animation, qui sont le premier vecteur export de notre industrie media. Aujourd’hui, cette stratégie reste un des piliers de nos politiques d’investissement. Nous orientons progressivement nos fonds vers l’exploitation nationale, moins sur les sorties en salles que sur le numérique et la VàD [Video à la demande, NDLR] qui sont cruciaux selon nous. A ce titre, l’arrivée de Netflix en France est une bonne chose pour les Sofica et leurs souscripteurs. En effet, Netflix acquiert des droits sur des œuvres cinématographiques et audiovisuelles, droits pouvant être en partie détenus par les Sofica. Netflix constitue un débouché commercial supplémentaire pour nous.

Pouvez-vous nous citer un exemple de belle réussite pour vos Sofica ?
Notre Sofica B Media 2012 a par exemple participé au financement de la série Les Revenants, diffusée sur Canal + en fin d’année 2012. Les Revenants ont été un énorme succès sur le plan de la diffusion mais également à l’export. Cela s’est traduit dans les chiffres : le retour sur investissement a été de +120% en 9 mois et la série poursuit son exploitation dans le monde entier, notamment grâce à une nouvelle saison actuellement en tournage dont nous sommes partenaires…

*société de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel

Propos recueillis par Thibault Lamy