Va-t-il falloir attendre plus longtemps pour toucher la prime d’activité ?


Versée depuis le mois de février 2016, la prime d'activité a déjà rencontré son public. Plus de 2,3 millions de bénéficiaires sont recensés par la Caf au premier trimestre. Bien plus que les prévisions pour l'ensemble de l'année.  

En trois mois, la prime d’activité a déjà convaincu

En seulement quelques mois, la prime d’activité s’est fait un nom. Cette aide, qui remplace depuis le 1er janvier 2016 la prime pour l’emploi (PPE) et le RSA activité, a été perçue par 2,3 millions de bénéficiaires au premier trimestre selon les données de la Caisse d’allocations familiales (Caf) publiées le 3 mai 2016. « Les Caf se sont mobilisées pour permettre au plus grand nombre de bénéficier de cette nouvelle prestation. Cette action s’est avérée fructueuse : la prévision initiale de 2 millions d’adultes bénéficiaires sur l’année a été dépassée dès le premier trimestre 2016 », s’est réjouie la branche famille de la Sécurité sociale.

Les heureux allocataires de cette aide ont ainsi reçu 164 euros en moyenne pour des revenus mensuels moyens par foyer de 1.063 euros.

Ce succès incontestable s’explique notamment par une demande en ligne facilitée sur le site de la Caf et sur le portail internet de la Mutualité sociale agricole (MSA). Il suffit en effet de remplir un dossier sur Internet pour percevoir l’aide le 5 de chaque mois. La possibilité de toucher la prime de manière rétroactive pour tout dossier déposé avant le 31 mars 2016 a notamment poussé les potentiels bénéficiaires à se manifester plus tôt qu’anticipé par le gouvernement.

Attention aux délais de traitement

Ce bilan est toutefois plus mitigé qu’il n’y paraît. En effet, revers de la médaille, ceux qui profitent de la prime pourraient devoir attendre plus longtemps pour la toucher, comme l’avance le Conseil d’administration de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) : « Dans ce contexte, le Conseil d’administration de la Cnaf s’est félicité du recours important à la prime d’activité mais a alerté sur la croissance de la charge de travail des Caf et l’augmentation des délais de traitement des dossiers des allocataires. » De 4,6 jours à fin 2015, il est passé à 7,1 jours au 31 mars 2016. « Nous ne sommes pas en crise de production comme après le lancement du RSA, où on était monté à 15 jours, mais cela peut devenir grave si on n’endigue pas les retards », a ainsi confié aux Echos le président de la Cnaf Jean-Louis Deroussen. Si la Caisse d’allocations familiales se dit confiante sur un retour à la normale avant l’été, la flambée des demandes de prime d’activité devrait se poursuivre d’ici là puisque le nombre de bénéficiaires potentiels est estimé à 5,6 millions. Les délais d’attente pourraient alors sensiblement s’allonger.