Acheter l’aéroport de Toulouse via le crowdfunding, tenté ?


La plateforme de financement participatif Wiseed propose au grand public de racheter les parts de l'aéroport de Toulouse que cède l'Etat. Une opération originale, qui nécessite tout de même 10 millions d'euros pour formuler une offre. Faisabilité, démarches... Explications.    

aeroport toulouse

Posséder un aéroport, ça vous tente ? L’opération est inédite. La plateforme de financement participatif Wiseed propose tout bonnement au grand public de devenir propriétaire de l’aéroport de Toulouse. Rien de moins. Sur le papier, le but de l’opération est simple : via le crowdfunding, le financement participatif, racheter les parts que l’Etat cède. Avant de débuter sa campagne « officielle », la plateforme toulousaine a lancé le 17 novembre 2014 un appel à souscriptions, autrement dit des promesses d’investissement. Si les intentions de rachat sont suffisantes, Wiseed passera à la deuxième étape. A savoir, monter une structure d’investissement dédiée, accessible via un plan d’épargne en actions (PEA) pour rassembler effectivement l’argent.

 

Comment participer à l’aventure

Acheter l’aéroport de Toulouse, c’est acquérir des parts dans l’entreprise et donc devenir actionnaire. C’est de l’equity crowdfunding ou investissement au capital. Pour participer à l’aventure, rien de plus simple. Il vous suffit de vous rendre sur le site dédié ouvert par Wiseed, www.wiseed.com/rachetonslaeroportdetoulouse et de renseigner dans les cases prévues à cet effet, votre nom, prénom, mail, code postal et le montant que vous comptez investir. « Donner votre intention ne vous engage en rien », est-il précisé sur le site.
Attention, si l’offre se concrétise, rien ne garantit l’argent que vous aurez misé ni la perception de dividendes. De plus, « il faut faire des provisions pour les investissements à venir », conseille le cofondateur de la plateforme, Thierry Merquiol.

 

10 millions nécessaires pour formuler une offre

Pour l’instant, l’opération est en bonne voie. La plateforme a déjà enregistré de nombreuses promesses d’investissement comme en témoigne un commentaire laissé par Thierry Merquiol ce jeudi 20 novembre sur le site créé pour l’occasion. « Un point à 8h00 ce matin : vous êtes 3.000 à souhaiter investir 8 millions d’euros ! Continuons sur cette lancée et nous pourrons faire une offre citoyenne, participative et crédible. » Seulement quelques heures après le lancement des intentions d’investissement, un million d’euros avait déjà été récoltés, les promesses allant de 20 euros à 50.000 euros selon la plateforme.

 

Concrètement, le gouvernement compte céder 49,9% du capital sur les 60% qu’il détient. Or les offres actuelles de rachat pour ces 49,9% représentent entre 150 et 300 millions d’euros. Mais pour que la voix des citoyens se fasse entendre, il n’est pas nécessaire de racheter l’ensemble des parts remises sur le marché par l’Etat. « L’objectif est de racheter 10,1% des parts de l’Etat (sur les 60% détenus, Ndlr) pour que collectivement nous soyons majoritaires. Les collectivités ont fait ce qu’elles devaient faire mais ne peuvent plus suivre. Il faut une initiative privée », a expliqué Thierry Merquiol. Plus précisément, les collectivités territoriales et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) détiennent déjà 40% du capital. « Ces 10% peuvent provenir des 49,9% mis en vente par l’Etat ou des 10,1% qu’il détient encore », explique le cofondateur de Wiseed. Pour pouvoir formuler une offre, il faut donc récolter au minimum 10 millions d’euros. Le cofondateur de WISEED l’a promis, si lundi la somme de 10 millions d’euros d’intentions est atteinte, il formulera une offre officielle. Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Thierry Merquiol déposera une offre de rachat à l’Etat une fois que 30 millions d’euros auront au minimum été récoltés.

 

Fantasme ou réelle possibilité d’investissement ?

Cette levée de fonds pour le moins originale pose cependant la question de la faisabilité. En effet, depuis le 1er octobre dernier, si le montant de l’investissement n’est pas plafonné pour l’equity crowdfunding, les porteurs de projet ne peuvent pas emprunter plus d’un million d’euros par initiative. Or le montant demandé pour le rachat partiel de l’aéroport de Toulouse se situe bien au-delà. « Sauf pour une offre au public de titres financiers avec visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF) », précise Thierry Merquiol sur le site dédié.

 

Dans tous les cas, reste à savoir si toutes les promesses se transformeront en investissements réels. Prévoyante, la plateforme a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne prendrait en considération que 70% du montant total des intentions d’investissement. Pour l’heure, 4 offres de rachat ont été déposées. L’Etat doit rendre sa décision dans un mois.

 

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