Actionaria : « Rassurer en donnant l’information et la formation »


INTERVIEW – Le salon Actionaria dédié à l'investissement dans les entreprises se tient les 21 et 22 novembre 2014 à Paris. Pour son organisatrice, Blandine Fischer, cet évènement prend tout son sens dans une période chaotique sur les marchés financiers.

Blandine Fischer, organisatrice du salon Actionaria

Toutsurmesfinances.com : Quel est l’objectif de cette 17ème édition du salon Actionaria ?
Blandine Fischer, organisatrice du salon Actionaria* : Le but d’Actionaria est de redorer le blason de l’investissement en entreprise dans une période très chahutée pour la Bourse. Nous avons ainsi fait évoluer notre positionnement, en passant du « salon de la Bourse » au « salon pour investir en entreprise ».

L’ADN d’Actionaria est en revanche le même : cela reste le rendez-vous pour obtenir toutes les clés afin de comprendre comment investir dans des entreprises qu’elles soient cotées en Bourse ou non cotées. Comme chaque année, ce salon va donc permettre de mettre en relation investisseurs et entreprises.

Les Français sont-ils si éloignés de l’investissement en actions ?
Paradoxalement, si les Français sont plutôt pessimistes par rapport à l’économie de notre pays, notre sondage montre que dans ce contexte, la majorité du grand public est très confiante vis-à-vis des entreprises internationales, des groupes du CAC 40 mais aussi des PME. La grande entreprise en France reste donc un pilier rassurant pour les investisseurs (lire notre article sur le sondage OpinionWay pour Infopro-Actionaria d’octobre 2014).

J’ajoute par ailleurs que cette étude souligne que si le grand public n’a pas une confiance démesurée en la matière, ce niveau de confiance a augmenté de 1 point par rapport à la précédente enquête d’opinions de 2013. Malgré une conjoncture difficile, le regard des Français vis-à-vis de l’investissement en entreprise va donc en s’améliorant.

« Le salon et sa vertu pédagogique tombent à point nommé »

Face à la forte volatilité des cours de Bourse ou la mise à l’index du Forex, comment Actionaria s’inscrit-il dans cette conjoncture morose ?
Vu l’évolution du CAC 40 ces dernières semaines, nous nous attendons à avoir beaucoup de questions sur la gouvernance des grandes entreprises. Ces entreprises seront justement là pour apporter des réponses.

Concernant le marché des changes, pointé du doigt par l’Autorité des marchés financiers, le salon Actionaria répond complètement à la demande des investisseurs. Nous leur proposons une vision ultra-pédagogique avec des ateliers de formation. Je pense qu’il faut à la fois qu’un investisseur puisse avoir accès à une analyse fondamentale en rencontrant les entrepreneurs mais également à une analyse technique. Les ateliers sur les produits de Bourse ont un succès fou auprès des visiteurs et remplissent les salles. Si les investisseurs voient des études qui leur font peur, notre vocation est de les rassurer en leur donnant à la fois l’information et la formation. Le salon et sa vertu pédagogique tombent donc à point nommé.

Les résultats de notre sondage font apparaître que de nombreuses personnes n’investissent pas car elles manquent de connaissances financières et de compétences personnelles pour 32% d’entre elles. 17% des interrogés disent pour leur part ne pas assez connaître les entreprises. Pour ces dernières, la meilleure façon de se faire connaître et de donner du sens à un investissement est de se déplacer, d’aller à la rencontre du public. Je pense à ce titre que la gouvernance d’une part et l’incarnation de cette gouvernance par des hommes est un des facteurs qui font que les gens se déplacent sur notre salon.

« Offrir aux visiteurs de nouveaux modes de financement »

Les grandes entreprises viendront, comme chaque année, en nombre sur le salon. Qu’en est-il des PME ?
Cette année, 26 PME seront présentes, ce qui constitue un record, avec une représentation particulièrement importante des « biotechs » et « medtechs ». Trois réunions d’actionnaires de PME cotées se tiendront pendant le salon avec Albioma, Global Bioenergies et Interparfums. Ces entreprises mûrissent dans leur mode de communication, ce qui est essentiel pour elles.

Dans la même optique, nous avons voulu mettre à l’honneur les entreprises récemment introduites en Bourse : sept d’entre elles vont être intégrées dans le village dédié aux « midcaps » [moyennes valeurs, NDLR]. Ces PME viennent à Actionaria dans la démarche de se faire connaître, et à raison. Plus tôt une entreprise prend cette habitude, plus elle a de chances de se faire connaître et de susciter des investissements.

Quelles sont les autres grandes nouveautés du salon en 2014 ?
Après le succès du parcours étudiants, avec 1.500 participants l’an passé, soit tout de même 5% du visitorat, nous avons noué un partenariat avec l’association d’étudiants Transactions Edhec. Elle animera notamment des ateliers sur les métiers de la finance de marché, ou comment constituer et gérer un portefeuille d’actions à 20 ans.

Autre nouveauté, nous avons décidé de créer un parcours sur l’actionnariat salarié. Devenir actionnaire de son entreprise, celle qui donne le plus confiance, c’est une bonne manière de mettre le pied à l’étrier de l’actionnariat. Enfin, nous allons mettre en avant le crowdfunding, un mode de financement incontournable au vu de l’appétence pour l’investissement dans les start-ups. Il nous paraît naturel de permettre aux visiteurs de dialoguer avec des PME innovantes. L’intérêt d’Actionaria est également d’offrir aux visiteurs de nouveaux modes de financement.

*Salon Actionaria
Vendredi 21 novembre : de 9h30 à 19h, samedi 22 novembre : de 9h30 à 18h30
Palais des Congrès de Paris
2, place de la Porte Maillot, 75017 Paris
10 euros le pass pour les deux jours du salon, l’accès est gratuit en s’inscrivant en ligne ici.

Propos recueillis par Thibault Lamy