Actions : quelle stratégie adopter en 2011 ?


La vision du marché actions pour 2011 de Pictet & Cie, Barclays Wealth Managers France, BNP Paribas Banque Privée et IDMidCaps.

Le New York Stock Exchange (NYSE)

Le traditionnel « rally » boursier de fin d’année n’a pas permis au CAC 40 de terminer l’année 2010 en terrain positif. En dépit d’un gain de plus de 8% au cours du mois de décembre dans des volumes cependant assez limités, l’indice phare de la Bourse de Paris a clôturé l’année 2010 en baisse de 3,34% par rapport à fin décembre 2009 à 3.804,78 points avec un pic à 4.088,18 points et un niveau plancher à 3.287,57 points.

Le secteur financier tire le CAC 40 vers le bas

Après le rebond de 22,32% à 3.936,33 points survenu en 2009, les principales valeurs françaises ont donc marqué une pause. Cette contre-performance s’est inscrite dans un contexte de crise de confiance sans précédent sur la zone euro dont ont souffert les valeurs financières. Le secteur financier a en effet tiré le CAC 40 à la baisse.

Ce repli masque une hausse généralisée de l’ensemble des autres indices de la place parisienne portés par les valeurs moyennes moins dépendantes des problèmes de dettes souveraines et qui ont tiré profit des programmes de relance gouvernementaux. Ainsi, l’indice CAC Mid & Small 190 à 7.187,69 points s’est offert un joli bond de 17,84% l’an passé.

Opportunité d’achat

Pour Yves Bonzon, et Christophe Donay, respectivement directeur des investissements et Chef stratégiste de la banque privée Pictet & Cie, une opportunité d’achat s’offre aux investisseurs. « Les actions pourraient bénéficier de la croissance des profits des sociétés, que nous anticipons à 15%. Mais, les facteurs de risque obstruent la visibilité à long terme et obligeront l’investisseur à beaucoup de réactivité », explique-t-il, ajoutant que les actions des pays développés bénéficient de valorisations basses et de hausse des profits solides grâce aux restructurations et aux exportations.

Un avis partagé par Barclays Wealth Managers France, entité de gestion de la banque britannique Barclays dans l’Hexagone, qui évoque une « valorisation attractive » à 11 fois les bénéfices et un rendement du dividende proche de 3.5% supérieur au taux 10 ans des obligations d’Etat. Soulignant un net rebond des résultats tiré par la baisse des coûts et la reprise économique mondiale tirée par les pays émergents, Barclays avoue sa préférence « aux thèmes des marchés émergents, de l’investissement et de la sécurité du dividende ».

Stock-picking

D’un point de vue sectoriel, Cyril Lureau, directeur général du groupe financier français indépendant Avenir Finance, surpondère les secteurs des télécommunications et des technologies de l’information. De son côté, Luc Lefer, responsable des gestions pour la Banque Privée France de BNP Paribas, est plus enclin à privilégier un renforcement sectoriel sur la consommation cyclique à l’image du secteur des voyages représenté par des actions comme Air France et Lufthansa, ou de l’automobile, Daimler en tête. Barclays Wealth Managers France préfère de son côté les de la consommation émergente et de l’industrie des matières premières.

A l’inverse « mieux vaut se tenir à l’écart des sociétés fortement exposées au secteur public et celui la défense, compte tenu des risque de réduction budgétaire dans le cadre des politiques d’austérité. », estime Jérôme Chosson, directeur de la recherche du bureau d’analuse financière IDMidCaps. De même, « nous restons prudents sur les valeurs liées à la consommation des ménages ». Bref, le stock-picking (sélection de valeurs) s’impose plus que jamais.

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