Assurance vie Afer : taux 2014 de 3,20% et une première mise en réserves


L'association Afer a mis en 2014 80 millions d'euros de côté sur son fonds garanti en euros, une première depuis sa création il y a 39 ans. Conséquence, un taux de rendement en baisse alors qu'il aurait pu être meilleur qu'en 2013. L'Afer et son assureur Aviva misent en outre sur la diversification.  

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C’est historique. Pour la première fois depuis sa création en 1976 et le lancement de son fonds garanti la même année, l’Afer a mis de l’argent de côté. Objectif, faire face à la baisse des taux d’intérêt qui s’est accélérée l’an passé. Résultat, le taux 2014 du fonds en euros de la célèbre association d’épargnants a décliné à 3,20% net de frais de gestion, avant prélèvements sociaux contre 3,36% en 2013. Un rendement largement au-dessus du taux moyen à 2,50% du marché au titre de 2014.

Constitution de provisions

« Certains membres de notre comité des Sages ont insisté sur la nécessité de redoubler de prudence par les temps qui courent. Nous estimions qu’il était normal, pour le première fois de notre histoire, que nous constituions une réserve que nous appelons la PPB, la provision pour participation aux bénéfices », a expliqué Gérard Bekerman, président de l’Afer, à l’occasion de la présentation des résultats 2014. 80 millions d’euros ont ainsi été mis de côté pour être redistribués au cours des 8 années à venir. Sans cette dotation, le taux de rendement du fonds garanti en euros aurait atteint 3,40%, davantage que le taux affiché en 2013.

« Fallait-il tout donner maintenant ou avoir la sagesse de mettre un peu de côté pour demain ? La durée moyenne de détention du contrat dépasse 17 ans. Au regard de cette durée de détention, ce que je n’ai pas aujourd’hui, je l’aurai demain », a assuré le président de l’association. Cette décision fait évidemment écho à l’injonction aux assureurs de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, de constituer des réserves et de ne pas trop choyer les épargnants.

Moins de liquidités et davantage d’actions au sein du fonds garanti

Comment Aviva Investors France (AIF), qui gère le fonds garanti, a-t-il pu contrecarrer la baisse des taux en 2014 et la réduction des spreads, ces suppléments de rémunération offerts sur les emprunts du secteur privé par rapport aux emprunts d’Etat ? D’abord en limitant « autant que possible » ses investissements en obligations à taux fixe ainsi que la poche de liquidités, à rémunération quasi-nulle, dont le poids est passé de 6,2% à 4,1% de janvier à décembre 2014.

AIF s’est surtout mis en « recherche de rendement » selon Jean François Boulier, président du directoire d’Aviva Investors France. Pour ce faire, la politique de diversification engagée s’est traduite par des investissements dans le non coté (private equity), dans des fonds de prêts aux PME et plus globalement en dehors de la zone euro. Les gestionnaires d’Aviva anticipant des taux durablement bas sur le Vieux continent. La poche actions a gonflé, passant de 4,4% à 6,2% en un an, en particulier au travers de fonds principalement exposés aux sociétés de la zone euro.

Support Euro-Croissance à capital garanti au-delà de 10 ans

Dans ce contexte de taux bas, l’Afer et Aviva prônent à la clientèle une diversification en dehors du fonds garanti. Dans cette optique, les deux partenaires se sont attelés à la refonte de la gamme de fonds en unités de compte, plus risqués mais dont le potentiel de performance est plus élevé. Le 11 juin 2014, plusieurs fonds ont été renommés pour être « compréhensibles à la première lecture » tels Afer Actions Euro (ex Afer-Eurosfer), Afer Diversifié Durable (ex-ID-Afer) ou Afer Patrimoine issu de la fusion des fonds Opensfer et Dynafer.

En outre, un support Euro-Croissance va faire son apparition au début de l’été 2015 à destination des adhérents aspirant à davantage de rendement sans prise de risques. « Beaucoup de clients monosupport n’ont pas eu du tout l’occasion de diversifier. Ils ont une aversion au risque trop forte pour renoncer à toute garantie alors même qu’ils sont conscients de la nécessité de diversifier. L’Euro Croissance répond à ce dilemme », estime Nicolas Schimel, directeur général d’Aviva France. Ce support, à capital garanti au bout de 10 ans minimum, sera plus diversifié que le fonds en euros en vue de générer des rendements meilleurs.

« La garantie sera de 100% y compris les frais sur versements ce qui nous distinguera de la concurrence, détaille Nicolas Schimel. L’association nous a demandé d’être compétitifs dans un marché qui démarre : le taux de chargement du produit sera donc fixé à 0,89% de frais de gestion. Les arbitrages depuis les fonds euros ou en UC ne supporteront pas de frais spécifiques ». Rendez-vous au mois de juin prochain.

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