Assurance vie : comment Axa pousse ses clients à sortir du fonds en euros


Lancement d'un second fonds immobilier, généralisation de la gestion pilotée... Axa France intensifie sa politique d'accompagnement de la sortie des épargnants du fonds en euros. Une diversification nécessaire pour la compagnie d'assurance qui a définitivement tourné la page du support à capital garanti.  

Axa ne mise plus sur le fonds en euros

Depuis plusieurs années, Axa incite ses clients à investir leur épargne sur d’autres supports que le fonds en euros. Produits structurés avec garantie du capital au terme, bonus sur le fonds euros depuis 2011 pour les clients qui investissent sur les supports financiers en unités de compte (UC), fonds immobilier de type OPCI (Axa Selectiv’Immo) depuis fin 2012… Une offre qui a porté ses fruits pour l’assureur : 40% des sommes collectées en 2015 sont allouées ailleurs que sur le fonds euros.

Alternative aux fonds garantis

Convaincu que la fin du cycle de baisse des taux d’intérêt signe celle du fonds en euros en tant que « produit d’épargne universel, rémunérateur et sans risque », Axa France a décidé d’aller plus loin en complétant son offre alternative aux fonds garantis. « Nous allons continuer à développer Axa France sur l’assurance vie en poussant les supports en UC qui présentent beaucoup d’avantages au regard des attentes des clients et qui ne sont pas forcément des produits en actions ultra-risqués », expose Matthieu Bébéar, directeur général délégué d’Axa France en charge des particuliers et des professionnels. Une stratégie qui se décline selon deux axes : le renforcement de la gamme de supports immobiliers et la généralisation de l’offre de gestion pilotée.

Un second OPCI grand public

Fort du succès de son OPCI Selectiv’Immo qui a attiré 107.000 clients en trois ans et affiche une performance annualisée de 3,95% (arrêtée au 31 octobre 2015) depuis sa création, l’assureur va proposer un nouvel OPCI grand public avant l’été 2016. Son positionnement sera de facture moins classique que le premier fonds immobilier, investi principalement dans des immeubles de bureau et pour près d’un tiers dans des murs de commerces. « Cet OPCI sera assis sur des investissements différents, socialement utiles : des cliniques, des Ehpad, des maisons de retraite, des crèches, des résidences étudiantes, des prisons, explique Olivier Mariée, directeur des métiers, de la distribution épargne et wealth management d’Axa France. Ses moteurs de performances seront variés, tels que la démographie française, l’allongement de la durée de vie, la croissance de la population estudiantine. »

Les deux fonds ont vocation à être mis à disposition « de tous les clients sur tous les contrats », précise-t-il, a priori « aux alentours du mois de juin » prochain. Objectif affiché : 5 milliards d’euros d’actifs sous gestion sur ces deux supports immobiliers à l’horizon 2020, contre 1,3 milliard d’euros actuellement sur Axa Selectiv’Immo. « Ces supports correspondent au souhait des clients, dont le profil est majoritairement sécuritaire, d’aller chercher du rendement dans une période de taux bas avec une volatilité et un risque maitrisés », estime Olivier Mariée. A côté de ces supports éligibles à l’assurance vie, Axa France va décloisonner la distribution de parts de SCPI (société civile de placement immobilier). Déjà distribuées dans le réseau spécialisé des agents généraux prévoyance & patrimoine (A2P), elles le seront à partir du 1er janvier 2016 au sein du réseau salarié d’Axa France.

Gestion sous mandat à 40% minimum de supports en UC

Parallèlement, Axa va déployer à partir de 2016 la gestion sous mandat sur ses principaux contrats d’assurance vie (Arpèges, Figures Libres, Excelium, Odyssiel, Privilège, Optial) afin de permettre à ses clients de déléguer la diversification de leurs avoirs à des professionnels. Confié à Axa Private Management (Axa PM), filiale de l’assureur qui est notamment en charge de l’élaboration et de la gestion de fonds dédiés aux clients fortunés à partir de 10 millions d’euros investis, le service sera désormais accessible à partir de 10.000 euros confiés à Axa contre 30.000 euros auparavant.

Le principe ? Une gestion active du portefeuille pendant la durée du contrat autour de quatre profils de gestion, du plus prudent (investi à 40% minimum en UC et à 60% sur le fonds en euros) au plus dynamique, où le fonds en euros est totalement absent. Chacun des profils est composés de 10 fonds, sélectionnés par les 5 gérants d’Axa PM au sein d’un éventail de 70 supports disponibles dans le contrat d’assurance vie, incluant quelques fonds de sociétés de gestion externes à Axa. L’orientation est ajustée au minimum une fois par mois en fonction des conditions de marché et pour respecter la pondération entre fonds en euros et UC prévue selon le profil de risque du client. La prestation est soumise à une facturation spécifique égale à 0,6% des sommes gérées par an.

Assurance vie luxembourgeoise

Pour accompagner ce mouvement, l’assureur annonce une montée en puissance des formations certifiantes de ses agents et conseillers salariés, les supports en unités de compte étant par nature plus longs et compliqués à expliquer aux clients que les fonds en euros. Une politique doublée par la création de centres d’expertise à distance. Sollicités sur demande et en soutien du conseiller du client, ils auront pour tâche d’aider les clients à diversifier leur épargne.

Enfin, du côté de la clientèle très haut de gamme (gestion privée, gestion de fortune), une offre de contrats d’assurance vie luxembourgeois sera lancée à la rentrée 2016. L’objectif est de proposer des solutions à même de suivre les clients adeptes de la mobilité internationale.