Assurance vie : la Banque de France appelle les assureurs à la prudence


Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a une nouvelle fois demandé aux assureurs vie de faire preuve de vigilance lors de la présentation du rapport de l'ACPR mardi 26 mai 2015. En ligne de mire, les rendements servis aux épargnants dans une période de taux d'intérêt au plancher.  

La Banque de France appelle (de nouveau) les assureurs vie à la prudence

La baisse des taux d’intérêt des contrats d’assurance vie en 2014 n’a pas rassuré la Banque de France. Dans le cadre de la présentation du rapport 2014 de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) mardi 26 juin, son président Christian Noyer, également gouverneur de la Banque de France, a encore appelé les acteurs du secteur à la prudence. Le président du gendarme de l’assurance a notamment expliqué que « les nouveaux flux des assureurs étaient investis à des conditions de taux d’intérêt très bas. A long terme, cela va peser fortement sur leur rentabilité ».

« L’aplatissement de la courbe des taux entraîne en effet une baisse progressive et durable du rendement des actifs, ce qui pénalise tout particulièrement les assureurs vie », a-t-il insisté. Les fonds en euros des contrats étant principalement composés d’obligations, la baisse des taux de ces créances nouvellement souscrites à des niveaux planchers (0,9% pour l’obligation assimilable du Trésor de la France à 10 ans le 22 mai contre 1,8% un an plus tôt) affecte progressivement le portefeuille des assureurs et logiquement le rendement des contrats. Un phénomène accéléré par l’arrivée à terme progressive des obligations anciennes, plus rémunératrices.

« Ne pas distribuer excessivement »

Le président de l’ACPR a donc demandé que « la gestion des anciens contrats soit faite de façon très prudente », incitant notamment les professionnels à augmenter leurs réserves de participation et à « ne pas distribuer excessivement » aux épargnants en lissant la baisse des taux d’intérêt pour éviter une chute soudaine des rendements. Pour rappel, la rémunération moyenne servie aux épargnants par les contrats d’assurance vie a reculé de 2,80% (avant prélèvements sociaux) en 2013 à 2,50% en 2014. Une diminution visiblement insuffisante pour Christian Noyer.

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque de France s’est inquiété d’une remontée brutale des taux, qui obligerait les compagnies d’assurance gérant des contrats anciens, et donc moins rémunérateurs, à « vendre certains titres, pour certains en moins-value ». En conséquence, Christian Noyer a estimé qu’ « une vigilance s’impose quant à la qualité des placements réalisés et les taux offerts aux épargnants en assurance vie ».

Développement poussif pour l’Euro-Croissance

Enfin, Christian Noyer a qualifié de « modéré » le développement des contrats Euro-Croissance lancés en 2014. « La période actuelle de très bas taux ne permet pas de dégager des marges importantes de diversification tout en assurant une garantie en capital à un horizon raisonnable », a-t-il mis en avant pour expliquer le départ poussif de ces contrats, censés devenir à terme le troisième pilier de l’assurance vie.