Assurance vie : la Banque de France milite pour une baisse des rendements


Pas de répit pour les assureurs et les épargnants. Comme son prédécesseur, François Villeroy de Galhau, nouveau gouverneur de la Banque de France, appelle les compagnies d'assurance vie à diminuer les taux servis aux souscripteurs.  

Banque de France : sus aux assurances vie trop rémunératrices !

François Villeroy de Galhau sonne à son tour la charge sur les rendements des fonds en euros. Comme Christian Noyer, son prédécesseur au poste de gouverneur de la Banque de France, le haut-fonctionnaire appelle les assureurs à se montrer moins généreux à l’égard des épargnants qui mettent leur capital à l’abri sur un support garanti à tout moment.

« Il faut poursuivre résolument la baisse des rendements »

« Il faut poursuivre résolument la baisse des rendements de l’assurance vie investie en fonds euro », a plaidé l’ancien directeur général de BNP Paribas lors de ses vœux à la Place financière de Paris, lundi 18 janvier 2016. Un message qu’il a répété mot pour mot à la conférence annuelle du marché boursier organisée le lendemain par Euronext. Sachant que ces rendements devraient se situer autour de 2,30% en 2015, net de frais et avant prélèvements sociaux, contre 2,50% en 2014.

François Villeroy de Galhau perpétue également le mouvement de baisse de rémunération des nouveaux PEL (plan d’épargne logement), engagé par son prédécesseur, un geste qui vise indirectement à rendre les épargnants moins avides sur les taux de rendement servis par les assureurs. Au 1er février 2016, les nouveaux plans seront rémunérés 1,5% avant prélèvements sociaux, contre 2% actuellement et 2,5% avant le 1er février 2015.

D’une manière générale, l’ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn estime que le contexte de taux bas constitue une « opportunité d’encourager une épargne plus « à risque » et plus à long terme, dans l’intérêt tant des épargnants eux-mêmes que de notre économie », rappelant qu’actuellement « seuls 31 % des placements financiers des ménages sont constitués d’actifs risqués, contre 45 % dans la Zone Euro ».

Favoriser le « développement de produits moins liquides »

Le gouverneur de la Banque de France juge à ce titre qu’il convient de favoriser le « développement de produits nouveaux […] moins liquides sans doute, assortis ou non d’une protection en capital sur le long terme, et pouvant bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée ». Une façon d’évoquer en creux les fonds Euro-Croissance, dont son ancien employeur, BNP Paribas, est l’un des précurseurs.

François Villeroy de Galhau appelle enfin l’exécutif à remettre à plat la fiscalité de l’épargne, de sorte que les régimes fiscaux applicables ne nuisent pas à l’attractivité des produits financiers basés sur les actions. « Il faut à tout le moins éviter des distorsions fiscales au détriment de ces produits par rapport à l’épargne liquide et sans risque », glisse-t-il, alors que les intérêts du Livret A sont exonérés d’impôt sur le revenu et que ceux de l’assurance vie (en euros comme en unités de compte) bénéficient d’une franchise d’impôt au-delà de 8 ans.

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