Assurance vie : les astuces pour tirer le meilleur de son contrat


Gagner de l'argent sans en perdre est l'objectif premier d'un contrat d'assurance vie. Encore faut-il connaître son fonctionnement pour maximiser son taux de rendement et exploiter toutes les possibilités offertes en matière de gestion financière, de fiscalité et de préparation de la succession.  

Assurance-vie : conseils pour gagner plus d'argent

Eviter (ou négocier) les contrats avec frais sur versements

Contrairement à l’épargne de précaution placée sur un livret A, un plan d’épargne logement (PEL) ou un livret bancaire imposable, l’assurance vie peut comporter des frais sur versements, aussi appelés frais ou droits d’entrée. C’est une commission prise sur les dépôts qui amenuise le potentiel de rendement de votre argent : avec des frais sur versements de 3%, seuls 97 centimes produisent des intérêts pour 1 euro versé.

Les frais sur versements sont variables d’un contrat à l’autre ; ils sont encore la norme pour les produits vendus en agence bancaire, comme l’atteste Érable Essentiel, dernier contrat d’assurance vie lancé par la Société Générale fin 2015. Heureusement, certains contrats permettent d’y échapper, en particulier ceux vendus uniquement en ligne, où le produit standard est un contrat sans frais sur versements.

Pour les souscripteurs disposant d’un contrat ancien, il est possible de négocier ces frais à la baisse, voire de les annuler. Qui ne tente rien n’a rien ! La fidélité, le dépôt d’une somme d’argent importante ou votre disposition à prendre des risques sont autant d’arguments susceptibles de faire pencher la balance en votre faveur.

Transformer son contrat monosupport en contrat multisupports

Face à la baisse annoncée des taux de rendement des fonds en euros (supports à capital garanti, NDLR) qui devraient tomber sous la barre des 1,50% d’ici 2018 ou 2019, garder un contrat d’assurance vie investi à 100% sur ce type de support ne permettra pas de valoriser un capital dans de bonnes conditions de rentabilité. Surtout si votre contrat supporte des frais sur versements.

A moins d’être âgé de 85 ou 90 ans et de privilégier la sécurité absolue de son capital, il est préférable de diversifier son contrat pour gagner en espérance de rendement. Mais un contrat de type monosupport ne permet pas, par principe, d’investir ailleurs que sur un fonds garanti en euros. Heureusement, la loi permet de transformer un contrat monosupport en contrat multisupports (combinant fonds euros et une palette plus ou moins importante de supports financiers selon les contrats) au sein de la même compagnie d’assurance. C’est ce que l’on appelle le « transfert Fourgous ».

Intérêt de la formule, il s’agit d’une transformation du contrat et non de son dénouement. Le mécanisme ne remet donc pas en cause les avantages fiscaux associés à la date d’ouverture du contrat. Il est recommandé d’allouer au minimum 20% de la valeur du contrat à des fonds investis notamment (mais pas forcément exclusivement) en actions.

Placements financiers : souscrire une option de sécurisation des plus-values

Les contrats d’assurance vie multisupports les plus récents proposent, depuis une dizaine d’années, des options de gestion financière permettant d’être certain de ne pas laisser passer une plus-value, sans être contraint de surveiller les marchés financiers au jour le jour.

Le principe est le suivant : après avoir atteint un certain niveau de performance sur un support d’investissement de départ, l’option va concrétiser ce gain par un transfert d’argent vers un support d’investissement d’arrivée sécurisé, à l’intérieur du contrat. Pour ce faire, il faut activer ce que l’on appelle un arbitrage à seuil de déclenchement avec sécurisation des plus-values, parfois dénommé sécurisation des performances ou stop win.

Comment ça marche ? Le titulaire doit souscrire cette option, gratuite ou payante selon les contrats, pour un ou plusieurs placements financiers dont il souhaite sécuriser les gains. Il faut ensuite fixer un pourcentage minimum de plus-value sur le ou les supports en question (généralement 5% minimum). Dernière étape : choisir un ou deux supports d’arrivée, la logique voulant que ce support soit le fonds en euros, un placement financier sans risque.

Une fois activée, l’option se déclenche automatiquement dès que le pourcentage de gains est atteint ! En procédant ainsi, une fois la somme d’argent gagnée, on ne peut plus la perdre.

Utiliser la dynamisation des intérêts pour prendre des risques calculés

Toujours dans le cadre d’un contrat d’assurance vie multisupports, un autre type d’option permet de prendre des risques calculés pour espérer gagner plus d’argent, sans perdre sa mise de départ. Il s’agit d’un arbitrage automatique généralement appelé « dynamisation des intérêts ».

La mécanique est très simple : il s’agit, sans toucher à son capital de départ, de n’investir que les intérêts annuels perçus sur le fonds en euros, sur des placements financiers risqués et potentiellement plus rémunérateurs. Ainsi, pour une somme de départ de 10.000 euros placée sur un support à capital garanti rapportant 2,5% d’intérêts nets annuels, seuls 250 euros sont investis l’année suivante sur des supports financiers plus dynamiques. Un bon moyen de diversifier son contrat en gardant une sécurité totale.

Pour l’utiliser, il faut souscrire cette option en définissant le ou les supports d’investissement d’arrivée. Après activation, les intérêts acquis sur le fonds en euros sont automatiquement reversés sur le ou les supports dynamiques choisis.

Demander une avance plutôt qu’un rachat partiel en cas de besoin ponctuel d’argent

Parce que la vie est faite d’imprévus, un besoin d’argent inattendu peut arriver à n’importe quel moment pour faire face à ce pépin financier. Puiser dans son assurance vie peut alors être utile même si l’objectif initial du contrat était d’épargner à long terme, sans toucher au capital accumulé au fil des ans.

Dans ce cas de figure, deux possibilités s’offrent au titulaire du contrat : le retrait, aussi appelé rachat partiel et l’avance. La première option présente l’inconvénient de déclencher l’imposition des gains, s’il y en a. Autre ennui, la gestion financière du contrat peut se retrouver bouleversée en cas de retrait d’argent important. > Lire l’article : Assurance vie : fiscalité d’un rachat partiel, les questions à se poser

Pour contourner le problème, mieux vaut opter pour une demande d’avance : c’est une forme de prêt consenti par la compagnie d’assurance, qui permet d’éviter de payer l’impôt et de conserver en l’état la composition de son contrat. Autre avantage, le capital continue de travailler pendant le temps de l’avance, et de produire des intérêts, ce qui permet de limiter la facture globale. Son coût est limité : environ 1,5% de frais annuels. Attention, l’avance est accordée pour une durée limitée : il faut procéder à son remboursement dans un délai relativement court, de 1 à 3 ans maximum.

Optimiser sa fiscalité en cas de retrait de 0 à 4 ans

Entre 0 et 4 ans après la souscription, le régime fiscal de l’assurance vie est à première vue défavorable : le taux d’impôt se monte à 35% sur les gains en cas de retrait ou de rachat partiel. Dissuasif ! Mais à y regarder de plus près, ce niveau d’imposition n’est pas une fatalité, bien au contraire…

Il faut avoir à l’esprit que ce taux de 35% est facultatif : il ne s’applique qu’au moment du rachat, lorsque le titulaire du contrat souhaite retirer de l’argent et seulement sur option, appelée prélèvement forfaitaire libératoire (PFL). Ce PFL permet à l’assureur de prélever immédiatement l’impôt sur le revenu pour le compte du fisc à un taux qui dépend de l’ancienneté du contrat, mais pas du niveau de revenus du souscripteur.

Pour être moins imposé sur ses rachats partiels durant les quatre premières années du contrat, mieux vaut donc opter pour l’ajout des gains à son revenu imposable, à condition bien sûr de faire partie des contribuables soumis aux taux inférieurs du barème de l’impôt sur le revenu : 0%, 14% ou 30%. Au-delà (tranches d’impôt à 41% et 45%), le PFL est toujours plus intéressant pour payer moins d’impôt quelle que soit l’ancienneté du contrat.

Préférer le rachat partiel au rachat total

L’adhérent ou le souscripteur d’un contrat d’assurance vie a la liberté d’y mettre fin à tout moment. Pour procéder à ce désinvestissement, il faut effectuer auprès de l’assureur une demande de règlement, communément appelée demande de rachat total. Une possibilité qui présente un inconvénient majeur : dans un grand nombre de contrats, l’épargne placée sur le fonds en euros ne rapportera rien ou presque durant l’année au cours de laquelle la fermeture intervient. Pourquoi ? Parce que ces contrats n’attribuent à l’adhérent ou au souscripteur qu’un taux minimum garanti (TMG) annoncé en début d’année. Or ce TMG plafonne en 2016 à 0,75% d’intérêts annuels. Quand un taux minimum est attribué, ce qui est loin d’être le cas de tous les contrats.

Pour espérer un dénouement plus heureux… il ne faut pas dénouer le contrat ! En d’autres termes, il est préférable de ne pas retirer tout son argent mais d’y laisser la somme minimale prévue dans les conditions générales du contrat. Il suffit pour cela d’effectuer un rachat partiel. Cette astuce permet de récupérer son argent sans renoncer à sa part de bénéfice.

Modifier sa clause bénéficiaire pour bien régler sa succession

La clause bénéficiaire est l’un des avantages majeurs de l’assurance vie. Au décès du souscripteur, elle permet de reverser les sommes restant sur le contrat aux bénéficiaires désignés dans cette clause, au choix du souscripteur et indépendamment des règles applicables lors d’une succession.

Mais si remplir une clause bénéficiaire est important, la mettre à jour l’est au moins autant. Car cette clause n’est pas gravée dans le marbre : il est possible de la modifier à tout moment par simple courrier adressé à l’assureur. Naissance, divorce, remariage, Pacs… Nombre d’événements peuvent jalonner une vie personnelle et familiale durant les 15, 20 ans ou plus d’adhésion à une assurance vie. Sans adaptation au fil du temps, les modalités de désignation prévues initialement peuvent être contraires aux dernières volontés du souscripteur.

Cette actualisation peut aussi être utile pour retrouver les bénéficiaires du contrat : en cas de mariage ou de déménagement, la compagnie d’assurance risque d’éprouver toutes les peines à retrouver les personnes chères au défunt si elles ont changé de nom et/ou de coordonnées.

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