Assurance vie : les taux 2014 dans le viseur de la Banque de France


Les taux de rendement 2014 de l'assurance vie en euros sont de nouveau dans le collimateur de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l'ACPR, le régulateur des assureurs. Le haut fonctionnaire appelle les compagnies à renforcer leurs réserves.  

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Christian Noyer persiste et signe. Le gouverneur de la Banque de France a renouvelé son appel à la modération des taux de rendement des contrats d’assurance vie et fonds en euros distribués pour l’année 2014, dans son discours d’introduction à la conférence annuelle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur des compagnies d’assurances, organisée le 4 novembre 2014 à Paris. Le 28 octobre dernier, il avait plaidé en faveur d’une « baisse significative du taux de rémunération » des contrats d’assurance vie, au cours d’une audition devant la commission des finances du Sénat.

« Revalorisation adaptée à la performance réelle des actifs »

« Je profite justement de cette conférence pour rappeler la vigilance particulière de l’ACPR sur le niveau des taux de revalorisation qui seront servis aux assurés au titre de 2014 », a réaffirmé le haut fonctionnaire, qui exerce également la fonction de président de l’ACPR. Dans un contexte de taux très bas sur les marchés obligataires, où est investi le gros des sommes épargnées sur l’assurance vie, « les assureurs doivent s’adapter » et « pratiquer une revalorisation des contrats adaptée […] à la performance réelle de leurs actifs », a conseillé Christian Noyer. Traduction : les compagnies ne doivent pas se montrer trop généreuses à l’égard des souscripteurs, pour lesquels la rentabilité nette d’inflation devrait malgré tout rester appréciable sur les fonds en euros, tellement la hausse du coût de la vie mesurée par l’Insee est faible.

Précisant les propos tenus devant les sénateurs, le gouverneur de la Banque de France préconise clairement aux assureurs-vie de renforcer leur réserves. « Cela peut notamment passer par un lissage dans le temps de la distribution des résultats aux assurés, en dotant la provision pour participation aux bénéfices à un niveau suffisamment élevé », suggère-t-il, afin d’éviter « des décisions imprudentes de revalorisation au détriment des réserves ».

La PPE, une réserve de rendement sur 8 ans

La provision pour participation aux bénéfices (PPB), aussi appelée provision pour participation aux excédents (PPE), est une possibilité comptable offerte aux assureurs de ne pas distribuer dans l’immédiat les fruits de la gestion financière de l’épargne que leur confient les clients. Les sommes ainsi mises de côté doivent être redistribuées dans un délai de 8 ans. L’utilité de la manœuvre ? Une PPE confortablement dotée permettrait de faire face au risque d’une remontée brutale des taux, susceptible de faire fuir les épargnants en quête de rendements meilleurs que le fonds en euros.

Pour Christian Noyer, la modération des taux de rendement attribués aux épargnants est un gage de solidité des compagnies d’assurances en France. « Par le passé, une bonne gestion des taux de revalorisation et des provisions a permis aux assureurs français de traverser plusieurs crises bien mieux que d’autres », a-t-il estimé. Pas sûr que cela suffise à satisfaire les épargnants, qui doivent s’attendre à des performances en retrait pour leurs placements en euros.

En 2013, la moyenne des taux de rendement de l’assurance vie en euros a atteint 2,80%.