Assurance vie : les taux supérieurs à 3% de plus en plus rares


Le déclin des taux de rendement des fonds et contrats d'assurance vie en euros ne s'est pas démenti en 2013. En moyenne, les produits des assureurs traditionnels restent plus rémunérateurs que les placements effectués auprès des filiales de banques et des mutuelles.  

Assurance vie : taux 2013 inférieur à 3% pour deux-tiers des contrats

La spirale baissière n’est toujours pas enrayée pour l’assurance vie. Les taux de rendement des fonds et contrats d’assurance vie en euros ont rapporté 2,80% nets de frais de gestion en 2013 et avant prélèvements sociaux (CSG, CRDS? etc.), selon l’étude annuelle de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) sur les taux de revalorisation. C’est 0,11 point de moins qu’en 2012. Cette performance est surtout inférieure de près d’un tiers à celle affichée avant la crise financière (4,10% en 2007). Elle se rapproche dangereusement du taux du PEL (plan d’épargne logement, 2,50% avant prélèvements sociaux), qualifié de « principal concurrent bancaire des contrats d’assurance vie » par le gendarme des banques et des compagnies d’assurance.

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Taux de rendement en hausse pour un cinquième du marché

Désormais, moins d’un tiers des contrats (32%) rapportent plus de 3% nets avant cotisations sociales, contre encore près de la moitié (46%) en 2012. « Les taux longs ont atteint des niveaux historiquement bas oscillant depuis 2012 autour de 2,1%. Ce niveau a pesé sur les rendements des actifs des assureurs et par conséquence sur les taux de revalorisation servis aux assurés », explique l’ACPR. En 2013, une minorité de contrats (un tiers de l’encours) a échappé à cette érosion générale de la rémunération servie aux assurés sur les supports en euros : 14,4% ont attribué un taux de rendement identique à celui de 2012 et 19,3% supérieur.

Aucun type d’organisme d’assurance n’a pu échapper à ce déclin. Si les assureurs traditionnels restent les plus rémunérateurs avec un taux de rendement de 2,98%, supérieur à la moyenne générale, ce sont eux qui ont accusé la plus forte baisse entre 2012 et 2013 (-0,12 point). Les bancassureurs (-0,10 point à 2,70%) et surtout les mutuelles (-0,03 point à 2,64%) ont mieux résisté mais partaient de plus bas et demeurent moins rentables que la moyenne.

Inégalités selon les contrats

D’une manière générale, les compagnies d’assurance n’ont pas dérogé à leurs habitudes, celles consistant à traiter leurs clients différemment, d’un contrat à l’autre. Attribuer un même rendement sur le fonds en euros à tous au sein d’un même établissement financier fait même figure d’exception : « seulement 9 % des sociétés retenues pour l’étude (contre 8 % en 2012) ont proposé un taux identique pour tous leurs contrats », relève l’ACPR. Pire, ces contrats ne représentent que 0,1% des montants d’épargne étudiés par l’Autorité.

« Comme en 2012, une très grande majorité des assureurs a encore effectué une différenciation des taux entre ses différents contrats cette année. Cela peut s’expliquer notamment par des taux garantis différents qui prévalaient au moment des périodes de commercialisation, par l’existence de cantons, ou par des stratégies de commercialisation différenciées selon le réseau de distribution ou la clientèle cible », analyse l’ACPR. C’est auprès des assureurs gérant des portefeuilles de plus petite taille que la tendance à différencier les contrats est moins marquée.

Autre pratique persistante, celle des taux plus faibles attribués aux vieux contrats. Le taux de revalorisation appliqué aux contrats fermés à la commercialisation est tombé de 2,89% à 2,78% en moyenne. Les contrats encore en vente ont été mieux lotis avec 2,83% de taux de rendement moyen (2,93% en 2012).