Assurance vie : « Nous n’avons pas peur de la décollecte !» (Gérard Bekerman, Afer)


Les différents acteurs réunis à l'occasion des 21e Rencontres parlementaires sur l'épargne et la fiscalité le mardi 27 mars 2012 ont longuement débattu des menaces qui pèsent sur l'assurance vie. Parmi eux, Gérard Bekerman, président de l'association française d'épargne et de retraite (Afer) a fait entendre une note discordante en tant que seul représentant des épargnants.

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Les intervenants rassemblés à la Maison de la chimie à Paris – parlementaires et représentants des banques, des assurances, du gouvernement et des entreprises – n’ont pas manqué de rappeler à plusieurs reprises l’importance de l’assurance vie en France tout en exprimant leurs inquiétudes à propos des cinq mois consécutifs de décollecte (de septembre 2011 à janvier 2012).

Soulignant qu’il était le seul représentant des épargnants invité à débattre, Gérard Bekerman, président de l’Afer, a tenu un discours quelque peu différent, écartant toute notion de menace. Il s’est même réjoui que ce « pilier de financement de l’économie » réponde à sa mission sociale pour aider les gens à faire face aux aléas de la vie. « Nous n’avons pas peur de la décollecte, nous sommes contents de la décollecte car c’est un service rendu aux épargnants. En période de crise, il est normal que les épargnants désépargnent. Nous sommes heureux que le contrat ait répondu présent », a-t-il expliqué, ajoutant que lorsque la situation économique s’arrangerait les gens reviendraient vers l’assurance vie.

Le président de l’Afer a également souligné la « vertu civique » de cette épargne qui consiste à ne pas seulement économiser pour soi mais aussi pour ses proches, son conjoint et ses enfants. « C’est une épargne pour ceux que nous aimons », a précisé Gérard Bekerman.

Une instabilité des règles préjudiciable

Il a en outre rejeté les critiques sur le coût de l’assurance vie tout en rejoignant les autres intervenants sur le constat d’une instabilité politique concernant les règles de sa fiscalité. « L’assurance vie n’est pas une niche mais une épargne qui rapporte à la collectivité. Respectez la parole donnée, arrêtez de changer les règles en cours de route ! Comment assurer la lisibilité et la visibilité de l’épargne de l’assurance vie lorsque les règles changent en permanence sur le statut fiscal et social de l’assurance vie ? », s’est-il exclamé. Un discours nuancé par Philippe Marini, sénateur UMP de l’Oise qui présidait les deux tables rondes. « L’assurance vie est un élément structurant de l’économie mais elle a un coût budgétaire », a indiqué le président de la commission des finances du Sénat.

L’Afer, a rappelé Gérard Bekerman, représente 735 000 épargnants, soit un montant de 45 milliards d’euros sous gestion.

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