Assurance vie : sur 20 ans, le fonds euros aussi payant que les supports risqués


Est-ce que les supports financiers en unités de compte sont intéressants pour les détenteurs d'une assurance vie ? Pas plus que les fonds en euros sur le long terme, les deux types de placements ayant rapporté 4,35% en moyenne annuelle durant la période 1995-2014, d'après les calculs du cabinet Facts & Figures.  

Fonds euros : aussi rentable que les UC sur 20 ans !

Tous les conseillers financiers l’affirment, ou presque : prendre des risques se révèle payant pour dynamiser le rendement d’un contrat d’assurance vie et faire face à l’inéluctable érosion des rendements des fonds en euros à capital garanti. Une idée battue en brèche par le cabinet de conseil Facts & Figures, qui a établi un comparatif selon lequel les supports en euros affichent sur les 20 dernières années une performance identique aux fonds en unités de compte (UC), où la prise de risque – donc la perte en cas de baisse – est assumée par l’épargnant.

Rendement annuel moyen de 4,35%

« Sur la période 1995-2014, les fonds en euros ont rapporté en moyenne 4,35%. Le rendement annuel moyen des UC ne dépasse pas celui des fonds en euros », constate Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures. Autrement dit, abandonner la garantie du capital conférée par le fonds en euros pour espérer gagner davantage n’aurait pas été un bon conseil sur les vingt années considérées, les deux placements finissant à égalité en bout de course.

Autre constat, s’ils affichent des performances égales de 1995 à 2014, les fonds en unités de compte présentent une volatilité beaucoup plus importante que les fonds en euros. Ces variations d’une année sur l’autre sont naturellement dues au poids accru, par rapport aux fonds en euros, des placements en Bourse qui entrent dans la composition des fonds diversifiés, des fonds flexibles et naturellement des fonds actions que les épargnants peuvent loger dans leur contrat.

Nécessité d’un bon conseil

Cela montre qu’investir à bon escient sur des fonds en unités de compte est une question de timing : il faut savoir réduire la voilure sur les marchés après une phase de hausse et ne pas céder à la panique à la moindre baisse. D’où l’intérêt d’avoir recours à des fonds qui ajustent leur exposition aux actions en fonction des conditions de marché et de diversifier sur d’autres supports comme les fonds immobiliers de type OPCI ou SCPI, afin d’éviter ou de minimiser les déconvenues boursières qui se sont produites en 2001-2002, en 2008 ou en 2011.

« Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas aller sur les unités de compte. Pour l’épargnant, ce n’est pas évident. La profession doit faire un effort de conseil, de pédagogie, d’accompagnement dans la sélection de fonds pour permettre à son client d’investir sur les UC », estime Cyrille Chartier-Kastler, qui anticipe une poursuite de la baisse des taux des fonds euros sur les années à venir.

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