Assurance vie : sur Internet, le haut de gamme au prix du low cost


Versements sans commissionnement, frais de gestion réduits, arbitrages gratuits... La tarification est l'un des traits distinctifs des assurances vie vendues en ligne. Un moyen d'accéder à des prestations premium à prix réduit, à condition de faire une infidélité à sa banque.  

Assurance vie en ligne

L’assurance vie en ligne a tout pour séduire l’épargnant français. Performante, peu chère, gérable sans avoir besoin de prendre rendez-vous dans une agence… Elle fait mieux que rivaliser avec les produits des banques, qui collectent pourtant encore 60% de l’épargne investie sur ce type de contrats. C’est ce que révèle l’étude menée par Toutsurmesfinances.com à partir des données* compilées à l’occasion de la remise des prix 2016 des TOP de L’Assurance Vie en ligne, qui récompensent les meilleurs contrats vendus sur la Toile.

Fonds garantis plus performants

Premier constat frappant : les rendements des fonds en euros (à capital garanti) sont nettement meilleurs en ligne. En moyenne, les capitaux placés sur ces supports sécurisés ont rapporté 3% en 2015 dans le cadre de contrats Internet, largement au-delà de la moyenne constatée sur l’ensemble du marché (2,30%, source l’Association française de l’assurance – AFA) au cours de l’année écoulée.

Une surperformance qui se vérifie dans la durée et qui ne doit rien au hasard. La quasi-totalité de ces contrats proposent deux fonds en euros, dont un fonds dynamique comportant généralement une dose importante d’immobilier qui dope la rémunération. Par ailleurs, les frais de gestion de 0,64% en moyenne, sont inférieurs d’un quart de point aux produits standard.

La compétitivité des tarifs est d’ailleurs l’une des marques de fabrique de l’assurance vie en ligne : aucun contrat ne prélève de frais sur versements (parfois appelés droits d’entrée) et tous ou presque permettent de transférer son argent d’un support à l’autre sans coût. C’est ce que l’on appelle un arbitrage gratuit.

Jusqu’à 800 fonds !

Mais limiter les contrats Internet à leurs frais réduits serait réducteur. La plupart proposent des prestations haut de gamme qui n’ont rien à envier à la banque privée. Ils comportent la plupart du temps une gamme de fonds étendue, de 282 supports financiers en moyenne répartis sur 82 sociétés de gestion. La palme revient à Darjeeling, distribué par Placement-direct.fr et assuré par Swiss Life, qui propose près 800 de supports (798 précisément) !

Difficile dans ces conditions de taxer les contrats en ligne de favoritisme pour un gestionnaire de fonds maison, un reproche souvent adressé aux contrats bancaires. Ce large choix n’empêche pas certains opérateurs d’en prendre le contre-pied : les contrats d’assurance vie d’ING Direct et de BforBank se limitent respectivement à 18 et 40 supports d’investissement. La diversification reste toutefois un maître mot, un nombre croissant de produits incorporant des fonds immobiliers (SCPI surtout, OPCI de plus en plus) et des trackers (fonds indiciels cotés qui reproduisent la performance d’un indice ou d’un panier de valeurs).

De l’investisseur averti à l’épargnant paumé

Autre caractéristique des contrats en ligne : une panoplie d’options de gestion pour les épargnants autonomes. Sur les 33 produits étudiés, 28 permettent de passer un ordre pour sécuriser ses plus-values vers le fonds en euros au-delà d’un certain seuil, et 24 de sortir d’un fonds en moins-value pour limiter les pertes (« stop loss »). Les personnes moins averties ou celles qui n’en ont pas le temps peuvent décider de déléguer totalement la gestion de leurs avoirs (gestion pilotée) dans un contrat en ligne sur deux, ou de s’appuyer sur des formules de conseil en ligne (gestion conseillée).

Des solutions d’accompagnement qui séduisent de plus en plus, ce qui conduit certains acteurs à les démocratiser. Exemple : la gestion sous mandat est accessible dès 1.000 euros chez ING Direct depuis janvier 2016.

Apparition des Fintech

Les contrats les plus récents ont poussé cette logique à fond grâce à des innovations technologiques communément appelées « robo-advisor » (conseils automatisés) ou Fintech (technologies appliquées à la finance). C’est notamment le cas de Yomoni, qui s’occupe de tout à la place du client dans le cadre d’une solution clé-en-main (mandat de gestion) et de Marie Quantier qui propose de s’abonner à un service de conseil en investissements en ligne. Cela suffira-t-il à convaincre les millions de Français qui placent encore leur argent comme au XXème siècle ?

*33 contrats analysés, sur une base déclarative et après vérifications.

VIDEO / Assurance vie sur Internet : l’innovation prime aux TOP 2016