Assurance vie : un produit d’épargne à plusieurs facettes


L'assurance vie est souvent qualifiée de couteau suisse de l'épargne des Français, à juste titre. L'essentiel à savoir sur le fonctionnement et la fiscalité de ce contrat essentiel pour bien gérer son argent et financer des projets à long terme.  

Assurance vie : le couteau suisse des placements financiers

L’assurance vie, à quoi ça sert ?

L’assurance vie est un produit d’épargne indispensable pour tout épargnant avisé : il permet de tout réaliser, ou presque : faire gonfler un capital pour se constituer un apport en vue d’un projet immobilier ou pour financer sa retraite, préparer sa succession, optimiser la rentabilité de ses placements, minimiser sa pression fiscale…

Comment ça marche

Plus qu’un placement, l’assurance vie est une sorte de portefeuille où la gestion de vos dépôts est confiée à un assureur. On parle d’enveloppe de capitalisation puisque vos gains sont capitalisés : ils sont réinvestis et génèrent eux-mêmes des intérêts. De plus, tant que l’argent ne sort pas du contrat, intérêts et plus-values ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu.

A la différence des livrets d’épargne ou d’un plan d’épargne en actions, les versements sur une assurance vie ne sont pas plafonnés. En revanche, un contrat d’assurance vie n’est pas transférable.

Des contrats accessibles et variés

L’assurance vie est accessible à tous : de nombreux contrats peuvent être ouverts avec quelques dizaines d’euros. Il est possible d’en souscrire un dans de nombreux réseaux de distribution : banques (où les contrats sont loin d’être les plus compétitifs), assureurs, mutuelles, institutions de prévoyance, Internet, conseils en gestion de patrimoine, et même certaines enseignes de grande distribution !

Attention cependant, à la différence des livrets réglementés, de l’épargne logement (PEL, CEL) et des livrets imposables qui sont des produits standardisés, un contrat d’assurance vie peut être très différent d’un autre en termes de frais, de choix de placements financiers, d’outils d’aide à la gestion et d’accompagnement.

Contrat en euros : l’épargne à capital garanti

Il est possible d’épargner sans prendre le moindre risque sur un contrat d’assurance vie en utilisant un contrat en euros, ou monosupport. On l’appelle ainsi car les capitaux sont placés sur des supports sans risque appelés fonds en euros ou supports en euros. Dans ce cadre, le capital est intégralement garanti à tout moment et peut être récupéré sans perte. Cependant, les rendements de ces supports ne cessent de diminuer depuis plus de 20 ans et devraient tomber en moyenne sous la barre symbolique des 2,50% nets de frais et avant prélèvements sociaux en 2015.

Contrat multisupports : pour des placements diversifiés

L’assurance vie est l’enveloppe idéale pour procéder à la diversification de son épargne. Il faut pour cela utiliser un contrat d’assurance vie dit multisupports, qui combine généralement fonds en euros, à capital garanti, et supports financiers dits en unités de compte (UC). Ces supports sont des parts de fonds plus ou moins risqués (actions, obligations, immobilier, diversifiés, etc.). La profondeur de l’offre de supports varie grandement d’un contrat à l’autre.

Attention !

En allouant ses versements sur des supports en unités de compte, le contractant investit à ses risques et périls et s’expose à des moins-values dont l’ampleur peut varier selon la nature des supports et les conditions de marché.

Un capital disponible

Contrairement aux idées reçues, le capital déposé sur une assurance vie n’est pas indisponible. En cas de besoin, il est possible d’effectuer un retrait d’argent à tout moment en effectuant une demande de rachat partiel, qui est généralement traitée sous deux à trois semaines. Cependant, il est préférable de laisser son épargne travailler à long terme pour espérer une meilleure rémunération et optimiser sa fiscalité.

Fiscalité allégée sur les gains

L’assurance vie bénéficie d’un régime d’imposition avantageux, inscrit dans la législation fiscale. Dans la plupart des cas, les gains ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu au-delà de 8 ans grâce à un système d’abattements. La franchise d’impôt se monte alors à 4.600 euros par an pour une personne seule et à 9.200 euros pour un couple soumis à imposition commune.

En cas de sortie par un rachat avant le huitième anniversaire du contrat, intérêts et plus-values sont imposables au choix du souscripteur : soit ils ont intégrés aux revenus soumis à l’impôt sur le revenu, soit ils sont soumis à un taux d’imposition qui diminue selon l’antériorité du contrat en optant pour le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), d’un taux de 35% de 0 à 4 ans, 15% de 4 à 8 ans et 7,5% au-delà (après prise en compte des abattements). Dans tous les cas de figure, des prélèvements sociaux sont dus et retenus à la source par l’assureur.

Régime successoral spécifique

L’assurance vie est un placement à part : c’est le seul qui permet au décès du souscripteur de verser le capital à une personne autre que ses héritiers légaux. Cette désignation s’effectue en remplissant une clause bénéficiaire.

Autre avantage, cette liberté de choix conférée au souscripteur s’applique le jour de la signature du contrat avec l’assureur, mais aussi plus tard, puisqu’une clause bénéficiaire peut être modifiée à tout moment.

Sur le plan fiscal, l’assurance vie ne fait en principe pas partie de la succession du souscripteur décédé. Le capital est donc exonéré de droits de succession dans la plupart des cas.

Toutefois, un régime fiscal spécifique et complexe est applicable. Les conditions d’imposition varient selon la date de souscription, l’âge du défunt lorsqu’il a effectué ses versement et le montant du capital transmis.