Ateme ou comment profiter d’une nouvelle ère de la compression vidéo


Eligible au PEA-PME, Ateme veut lever de 9 à 14,5 millions d'euros. Ce fournisseur des chaînes de télévision et des opérateurs en solutions de compression vidéo veut saisir l'opportunité de croissance que représente l'arrivée de la norme HEVC, un nouveau standard qui doit « rebattre les cartes » du marché.  

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Passer du leadership technologique au leadership tout court. C’est en substance le pari que propose l’éditeur de logiciels Ateme aux investisseurs à l’occasion de son introduction en Bourse dont la période de souscription est ouverte jusqu’au 3 juillet 2014.

Technologie largement utilisée au Mondial de football 

Ateme est une PME francilienne qui conçoit et commercialise des équipements et logiciels de compression et décompression vidéo pour les créateurs et diffuseurs de contenus vidéo. Des technologies fondamentales à l’heure où la consommation de vidéos explose sur Internet partout dans le monde et via des canaux de diffusion toujours plus diversifiés (TV, PC, smartphones, tablettes, consoles de jeu, etc.).

Les produits d’Ateme s’articulent autour de deux grandes familles. La gamme Kyrion est une plateforme matérielle d’encodeurs/décodeurs pour les créateurs de contenus. Elle permet de compresser et transporter un flux vidéo depuis sa source et peut fonctionner dans des conditions difficiles (chaleur, vibrations, etc.). La gamme Titan est une plateforme logicielle vendue sous forme de licences perpétuelles, pour les diffuseurs de contenus. Elle permet de compresser et d’agréger plusieurs flux, en temps réel ou non, qui sont ensuite transportés vers les utilisateurs finaux et leurs multiples écrans. Dans le cadre de la Coupe du monde de football au Brésil, la société estime que plus de la moitié des encodeurs utilisés pour la retransmission des matchs ont été fournis par ses soins.

HEVC, une opportunité de croissance

Ateme compte autant sur la part croissante de la vidéo dans le trafic Internet mondial que sur l’émergence d’un nouveau standard d’encodage, appelé HEVC, qui doit entraîner une vague de renouvellements des infrastructures techniques des donneurs d’ordres grâce à l’efficacité supérieure de compression qu’il procure. Dans cette industrie, on assiste habituellement un à changement de standard tous les 10 ans. Le MPEG-4 (lancé en 2003) avait remplacé le MPEG-2 (lancé en 1994). Si on se base sur le rythme de pénétration du standard MPEG-4 lors de sa sortie, le standard HEVC devrait représenter 40% du marché en 2018, soit un potentiel estimé à environ 500 millions d’euros. Un essor appelé à favoriser de nouveaux usages nés de l’augmentation de la résolution des écrans (TV Ultra HD 4K, tablettes haut de gamme, etc.) ou à démultiplier le parc d’abonnés des éligibles à la HD. « L’introduction en Bourse doit donner à Ateme les moyens de se tailler la part du lion », augure Michel Artières, PDG et co-fondateur de la société.

Pourquoi ? Parce que la PME basée à Bièvres, au sud de Paris, est véritablement en pointe sur le sujet tant au niveau technologique que commercial. Très active dans la rédaction de la norme aux côtés de géants mondiaux de l’électronique au sein des organismes internationaux de standardisation, Ateme est la seule société qui dispose aujourd’hui de produits HEVC commercialisés alors que les concurrents en sont encore au stade des démonstrations. « Umax, la première chaîne de télévision au monde lancée en ultra haute définition en Corée en avril utilise les solutions d’Ateme. Les cartes sont rebattues sur le marché : un nouveau standard arrive tous les 10 ans, nous sommes bien placés pour en profiter », se félicite Michel Artières. L’adoption de la norme HEVC doit aussi permettre aux opérateurs d’accès à internet de démultiplier leur parc d’abonnés éligibles à la HD.

Les actionnaires actuels dont Xavier Niel parties prenantes

Cette forte croissance attendue permet au dirigeant d’anticiper une rentabilité opérationnelle attendue à deux chiffres d’ici 2018. Pour ce faire, Ateme compte améliorer sa marge brute grâce à la part croissance des solutions 100% logicielles dans l’activité et mieux absorber ses coûts fixes. En 2013, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 20,6 millions d’euros (dont 89% à l’international), en croissance de 15% pour une perte nette de 1,6 million d’euros à mettre en regard de la hausse des frais de R&D liés au développement du standard HEVC et des dépenses commerciales et marketing pour préparer la croissance future.

L’augmentation de capital de 9 à 14,5 millions d’euros envisagée dans le cadre de l’introduction sur le Compartiment C d’Euronext doit permettre à la société de financer son activité au cours des prochaines années, de renforcer ses équipes de développement logiciel, son staff commercial et marketing (25 recrutements). Une partie des fonds levés pourra être mise à contribution pour procéder à des opérations de croissance externe. « Nous pouvons envisager l’acquisition de briques logicielles complémentaires, de fonctions périphériques autour de la compression », indique le PDG.

Elément rassurant, les actionnaires actuels, qu’il s’agisse de fonds ou de Xavier Niel, le patron du fournisseur d’accès à Internet Free, ont pris des engagements de souscription pour un total de 3,5 millions d’euros. Le résultat de l’opération, éligible au PEA PME, sera rendu public le 4 juillet prochain.

 

IPO de Ateme : fiche de modalités

Libellé : ATEME
Code ISIN : FR0011992700
Code Mnémonique : ATEME
Eligibilité PEA PME : oui
Marché de cotation : Euronext Paris, compartiment C
Fourchette de prix indicative : 3,64 à 4,44 euros (prix médian : 4,04 euros)
Calendrier de l’opération :
– 3 juillet 2014 : clôture de la période de souscription
– 4 juillet 2014 : fixation du prix et allocation des actions
– 6 juillet 2014 : règlement-livraison des actions
– 10 juillet 2014 : début des négociations sur Euronext