Avec 24,6 milliards d’euros collectés, l’assurance vie est le placement préféré des Français


Une nouvelle fois, les épargnants se sont rués sur leurs contrats d'assurance vie en 2015, y déposant 24,6 milliards d'euros. Cette collecte nette, en hausse par rapport à 2014, est principalement portée par l'explosion des versements sur les supports risqués en unités de compte.  

L'assurance vie a bénéficié de l'attrait grandissant des supports risqués

Plus aucun doute, l’assurance vie reste le placement préféré des Français. Avec 24,6 milliards d’euros de collecte en 2015 selon les statistiques de l’Association française de l’assurance (AFA), l’assurance vie signe une performance en hausse de 8,8% sur un an, son encours total atteignant 1.580 milliards d’euros.

Dans le détail, les cotisations en assurance vie ont augmenté de 4,9% par rapport à 2014 à 135 milliards d’euros tandis que dans le même temps, les prestations et rachats se sont accrus de 4,1% à 111 milliards d’euros.

Conséquence, ces contrats figurent en tête des produits d’épargne les plus demandés dans l’Hexagone. Ainsi, à titre de comparaison, les dépôts nets sur les plans d’épargne logement (PEL) s’élevaient à 17,8 milliards d’euros fin novembre 2015, la collecte nette sur l’année écoulée devant se fixer aux alentours des 20 milliards d’euros. Surtout, le Livret A et le Livret de développement durable (LDD) ont essuyé une décollecte nette de 11,02 milliards d’euros.

Lors de la conférence de presse de l’AFA jeudi 28 janvier, le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) Bernard Spitz a d’ailleurs attribué cette bonne performance à l’évolution de la rémunération du Livret A, abaissée à 0,75% depuis le 1er août 2015 : « Cela tient à la remise à niveau du taux du Livret A et donc à la fin de l’effet d’aubaine, qui a profité à l’assurance vie. »

Les unites de compte en force

Mais le choix des épargnants, dicté par la diminution du rendement des produits d’épargne réglementée, s’explique également par l’attrait des supports risqués. Les unités de compte (UC) ont ainsi porté l’activité de l’assurance vie, représentant 54% de la collecte nette. « Pour la première fois, la collecte d’UC est supérieure à celle des fonds euros », a poursuivi Bernard Spitz. Ainsi, de 3 milliards d’euros en 2013, les versements nets sur les supports en unités de compte sont progressivement passés à 7 milliards d’euros en 2014 pour culminer à 13 milliards d’euros en 2015.

Comment expliquer cette tendance relativement nouvelle sur le marché de l’assurance vie ? Pour Pascal Demurger, président du Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema), c’est assez simple. « Les Français cherchent un meilleur rendement et pour cela, ils sont prêts à prendre des risques. C’est un élèment nouveau, une prise de conscience de cet environnement de taux d’intérêt bas », anticipe le directeur de la Maif. Les épargnants, confrontés à des taux au plancher sur leurs produits à capital garanti, se sont semble-t-il adaptés en mettant de côté leur aversion au risque. Au vu de l’évolution du rendement de l’assurance vie en euros, appelé à diminuer dans les prochaines années, la bonne performance des unités de compte devrait donc se confirmer, portant encore l’activité du secteur de l’assurance vie.

Pour aller plus loin sur l’assurance vie
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