AwoX : « 40 pays couverts en 2016 grâce à l’introduction en Bourse »


INTERVIEW - AwoX, spécialiste des objets connectés connu pour son ampoule musicale StriimLIGHT WiFi, lance une levée de fonds de 17 millions d'euros pour élargir son offre et la diffusion de ses produits. Son PDG Alain Molinié explique pourquoi la PME a une chance de réussir et à quoi va servir l'IPO.

AwoX : le PDG Alain Molinié vise la Bourse

Toutsurmesfinances.com : Nombre de sociétés françaises se sont cassé les dents sur le marché de l’électronique grand public. Quelles spécificités peuvent permettre à AwoX de percer ?
Alain Molinié : AwoX a été construite par étapes. La première a consisté à maîtriser le standard d’interopérabilité entre appareils multimédias – télévision, téléphone, PC – avant de concevoir d’autres produits capables d’interagir. AwoX est la seule société française et la seule PME présente au conseil d’administration du standard DLNA (Digital Living Network Alliance) aux côtés de Sony, Samsung, Nokia, Microsoft, Intel, CableLabs et Broadcom. Nous sommes à la tête du comité de certification qui garantit l’interopérabilité entre des milliards d’appareils et notre logiciel sert d’étalon pour certifier les appareils mis sur le marché. C’est AwoX qui impulse les évolutions du standard comme DLNA Premium pour le transfert sécurisé de contenus audiovisuels payants et DLNA Home pour l’interconnexion des objets connectés intelligents. C’est la raison pour laquelle nous avons entre 18 à 24 mois d’avance, que nous sommes les premiers à implanter de nouvelles fonctionnalités DLNA dans nos produits avant toute la concurrence, telle que la synchronisation entre les lampes et le son en WiFi.

« Capter encore plus de valeur ajoutée avec notre propre marque »

Quel est le modèle économique associé à ce savoir-faire ?
Nous vendons des licences d’utilisation de nos logiciels DLNA, AwoX touche des royalties à chaque appareil vendu. L’an passé, nous avons vendu 52,5 millions de licences correspondant à autant d’appareils avec nos logiciels embarqués. C’est le socle historique de la société depuis sa création en 2003. Cela représente 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires Licensing en 2013 à 100% de marge brute. Notre part de marché sur les ventes mondiales de périphériques certifiés DLNA est de plus de 40%.

Comment êtes-vous passé de la conception de solutions logicielles à la vente de produits à votre marque ?
A partir des années 2006-2007, nous avons acquis une expérience industrielle en concevant des objets hybrides pour des opérateurs tels que la Live Radio ou le Pico Projecteur Le Bloc pour Orange ou la box CanalPlay pour Canal+. Nous avons également noué un partenariat privilégié depuis plusieurs années avec le fabricant d’enceintes acoustiques Cabasse auquel nous fournissons des modules électroniques. Cela nous a permis de travailler avec les meilleures usines d’assemblage, de maîtriser les compétences de gestion de projets industriels, d’achats de composants, de gestion de la sous-traitance. Dès que la société est devenue profitable il y a deux ans, nous avons décidé de capter encore plus de valeur ajoutée en commercialisant des produits sous notre propre marque. Nous sommes aujourd’hui les plus gros vendeurs d’objets connectés pour la maison intelligente en Europe avec notre gamme lighting.

« Elargir notre offre dans la vidéo connectée, l’audio et le lighting hybride »

A quoi vont servir les fonds levés lors de l’introduction en Bourse d’AwoX ?
D’abord à développer notre réseau commercial qui couvre pour l’instant trois pays : la France, la Suisse et l’Autriche. Nous venons de démarrer en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis au début de cette année. Nous allons tripler nos effectifs commerciaux, l’objectif est de passer à 40 pays couverts à l’horizon 2016. Nous allons élargir notre offre dans la vidéo connectée, l’audio où nous avons sorti StriimSound, une enceinte de 80 W avec Cabasse pilotable par Smartphone sous iOS ou Android qui intègre la fonction de répéteur WiFi. Mais c’est sur le segment du lighting hybride que nous voulons accroître notre avance et sur lequel nous allons étendre notre gamme en passant de 3 produits à fin 2013 à 11 produits d’ici la fin de l’année.

Des projets de croissance externe ?
C’est une question d’opportunités. L’objectif n’est pas de racheter une technologie, nous en disposons déjà, mais plutôt de gagner du temps dans la constitution de notre réseau de distribution. Certains pays ou canaux de commercialisation sont longs à pénétrer. En reprenant des marques dans les secteurs de l’ancienne domotique qui n’ont pas pris le virage de la connectivité et du numérique, nous pourrions gagner un ou deux ans. Mais notre objectif principal est avant tout de croître par croissance interne. D’ailleurs, notre objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2016, soit une multiplication par plus de quatre en trois ans, sera porté par notre croissance organique.