Bernard Le Bras (ACNM Vie) : « les rendements de nos fonds en euros devraient baisser de 0,30 et 0,50 points en 2010 »


INTERVIEW EXCLUSIVE. Pour Bernard Le Bras, les crises qui secouent les Etats européens n'auront pas d'impact négatif sur les rémunérations des supports en euros versées aux assurés.



Bernard Le Bras, PDG ACMN Vie

On constate une baisse structurelle des taux de rendement des supports en euros depuis plusieurs années. Qu’attendez-vous pour les années suivantes ?

Nous considérons que la baisse des rendements des fonds en euros va durer plusieurs années. Les placements obligataires des assureurs, qui représentent l’essentiel de leurs portefeuilles, sont beaucoup moins rémunérateurs. La durée des lignes obligataires étant de 7 à 8 ans en moyenne et l’OAT (taux des emprunts de l’Etat Français) ayant touché un plus bas historique de 2,40% cette année avant de remonter, l’effet de la baisse des taux sur les rendements des fonds en euros va mathématiquement s’inscrire dans la durée.

Qu’en est-il pour 2010 ?

2010 s’inscrira dans cette tendance, même s’il y aura encore des écarts importants entre les meilleurs et les moins bons. Ces effets moyen terme ne seront pas compensés par les autres catégories d’actifs, comme la situation des marchés actions avec un CAC 40 qui, sauf bonne surprise en décembre, ne sera pas contributeur (-5,4% depuis le début de l’année au 23 novembre en clôture, ndlr) au rendement cette année. Quant à la composante immobilière, qui représente 12% des actifs chez ACMN Vie, la contribution au rendement devrait être favorable compte tenu de rendements importants, de 5,5 à 6%, même si ceux-ci devraient légèrement baisse compte tenu des renégociations à la baisse des loyers en raison de la crise et d’une hausse des taux de vacance des SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier). Les taux rendements de nos fonds en euros devraient ainsi se situer entre 0,30 et 0,50 points en-dessous de ceux de 2009.


Quel est l’impact de la crise irlandaise et, avec le recul, celui de la crise grecque ?

A ce stade, le risque est plus bancaire que sur l’Etat et les emprunts irlandais. Il n’y a aucun risque de défaut pour l’instant et pour notre part, nous n’avons réalisé aucun investissement sur la dette irlandaise. Pour ce qui est de la Grèce, il n’y a pas eu de défaut de paiement, les échéances de remboursement de l’Etat grec ont été honorées et certains assureurs ont pu profiter de taux plus rémunérateurs. Les règles prudentielles d’ACMN Vie font que ce type de situations sont black-listées dans nos portefeuilles.