Bitcoin : après les attaques, une régulation ?


Deux semaines après la faillite de la plateforme japonaise MtGox, assaillie par les attaques a répétition des pirates, la devise électronique inquiète les institutions. Mardi 11 mars 2014, c'est l'Autorité américaine de régulation du secteur financier qui a jugé le Bitcoin « plus que risqué ».

bitcoin pièces placements risqué (cc/@Hoa Dao91/flickr)

150.000 attaques par seconde, voilà ce qu’a subi MtGox avant de déposer le bilan, révèle le quotidien japonais Yomiuri Shimbun. Une offensive massive qui a sérieusement endommagé le système informatique de MtGox et qui traduit les risques que comporte le Bitcoin, une monnaie totalement informatique. Ainsi se sont quelque 750.000 bitcoins (soit environ 340 millions d’euros) qui ont été dérobés aux clients de la plateforme en plus des 100.000 BTC détenus par la société.

Les investisseurs prévenus

Ces défaillances peuvent légitimement inquiéter les usagers et donnent raison aux institutions financières qui avaient mis en garde les investisseurs. Cette fois, l’Autorité de régulation du secteur financier (Finra) met en garde les utilisateurs contre un investissement « plus que risqué », dans un communiqué publié mardi 11 mars 2014. « Comme pour tant d’autres nouvelles tendances, les fraudeurs peuvent voir dans la dernière monnaie numérique en date une occasion de voler votre argent en utilisant les bonnes vieilles techniques d’escroquerie », écrit la Finra. Et comme cela s’est déjà produit sur MtGox et d’autres sites, « les utilisateurs peuvent perdre de l’argent et en ont déjà perdu », souligne l’agence américaine.

 

Le Bitcoin sous gouvernance mondiale ?

Certainement le produit le plus volatile de l’Histoire, le Bitcoin dont le cours a dépassé celui de l’or en 2013 avant de s’établir autour de 450 euros en ce début d’année 2014, est toujours en dehors de toute supervision. Mais cela pourrait évoluer. Le 4 mars 2014, Pierre Moscovici s’est déclaré en faveur d’une régulation européenne du Bitcoin. « C’est un sujet impératif à traiter non seulement au niveau national mais aussi au niveau européen », a indiqué le ministre de l’Economie et des Finances lors de son déplacement. Avant d’annoncer qu’il entendait « saisir les autres pays de l’Union européenne pour porter ce sujet au niveau du conseil Ecofin ». Un groupe de travail a été mis en place et doit rendre ses conclusions et propositions à la mi-avril.

A l’échelle mondiale, une réglementation pourrait également être mise en place. Si la Fed (Réserve fédérale américaine) a estimé que cela sera compliqué, les acteurs du marché ne semblent pas tous contre un encadrement partiel la crypto-monnaie. Pour Jeremy Allaire, PDG du Circle Internet Financial, interrogé par le blog du Monde.fr Siliconvalley, « il existe déjà des cadres réglementaires en place pour les institutions bancaires et les sociétés de transfert d’argent. Ils peuvent être transposés au Bitcoin, en prenant en compte ses spécificités ». Le fondateur de cette société de solutions de paiement en monnaie virtuelle estime que « la nature globale du protocole rend indispensable une collaboration internationale, peut-être sous l’égide du G20 ou du FMI, afin d’établir des règles cohérentes ».

 

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